L’ex-Premier Ministre et surtout ancien co-Président des Jeux d’Albertville 1992 est entré en action pour épauler les acteurs engagés dans la mise en œuvre des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 et ce, afin de permettre l’installation prochaine du Comité d’Organisation.

Tandis que la nomination du futur Président du Comité d’Organisation (COJO) des JO 2030 se fait toujours attendre, près de six mois désormais après la désignation des Alpes françaises 2030 par les membres du Comité International Olympique (CIO), une personnalité de poids s’active en coulisses pour faire avancer le dossier plus global visant à établir la structure organisationnelle dans son ensemble.
Récemment renversé de son poste de Chef du gouvernement français à la suite d’une motion de censure votée par une majorité des députés, Michel Barnier a en effet débuté une mission en tant que « Représentant spécial du CIO en charge de préfigurer le COJO ».
Cette mission – présentée en cours de semaine comme étant bénévole et temporaire par le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke – illustre indéniablement la confiance témoignée par l’institution olympique à l’égard de celui qui fut, avec Jean-Claude Killy, co-Président du Comité d’Organisation des Jeux d’Albertville 1992, soit la dernière édition hivernale orchestrée en France.
Cette mission démontre peut-être davantage encore la situation quelque peu confuse dans laquelle se trouvent les organisateurs des Jeux.
Ces derniers sont ainsi en quête d’une personnalité parfaitement identifiable par les autorités publiques et le CIO, ainsi que par le grand public. Sur ce point, certains profils sportifs se sont démarqués au cours des dernières semaines, avec notamment l’option Martin Fourcade ou l’alternative Vincent Jay.
Mais toute la complexité réside dans la volonté des représentants des deux Régions hôtes de l’événement olympique et paralympique de conserver finalement le leadership.
Car en filigrane, Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, et Laurent Wauquiez, ex-Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes mais toujours à la manœuvre, souhaitent ici s’entourer d’une personnalité ayant suffisamment de souplesse pour leur permettre de garder les coudées franches autour d’un projet qu’ils pilotent de facto depuis l’officialisation de la candidature tricolore à l’été 2023.
Si Paris 2024 avait réussi à établir une candidature incarnée par le Mouvement sportif – avec à l’époque l’efficace binôme Bernard Lapasset / Tony Estanguet – il est acquis depuis longtemps que les Alpes françaises 2030 seront un modèle politique où la sphère sportive aura tout au mieux un droit de regard.
Cette configuration n’est toutefois pas de nature à faciliter l’établissement effectif des préparatifs d’organisation des Jeux, surtout si l’on considère par ailleurs l’actuelle l’instabilité politique et institutionnelle au sommet de l’État.
Alors que Michel Barnier s’est imposé ces derniers mois dans une posture de sage pour tenter de concilier les intérêts sportifs avec les desiderata politiques et territoriaux des deux Régions, l’élection éventuelle du Président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) à la tête du CIO pourrait encore rebattre les cartes de la gouvernance sans forcément apporter plus de clarté, David Lappartient s’étant illustré dans sa carrière tant du côté du leadership sportif que du côté de l’engagement politique.
Aussi, le cas de Martin Fourcade pourrait donner du fil à retordre aux deux figures politiques régionales précitées.
Au-delà de la question d’un éventuel conflit d’intérêts avec les sponsors de la légende du biathlon, le choix de celui qui occupe les fonctions de membre du CIO depuis 2022 conduirait de toute évidence la Maison Olympique à avoir un regard accru sur les préparatifs, cherchant possiblement à modeler de façon soutenue les JO 2030, surtout après une édition 2026 dont la préparation a été – et est toujours – marquée par la forte présence des autorités italiennes.
Les bisbilles autour du site des épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton en sont un exemple parmi d’autres.
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