Alors que sa position au sujet de l’implantation des épreuves de glace à Nice avait considérablement fragilisé la place de la cité des Alpes-Maritimes sur la carte des sites des Jeux d’hiver de 2030, Eric Ciotti dénonce aujourd’hui le choix du Comité d’Organisation (COJOP) et des parties prenantes de délocaliser lesdites épreuves en direction de Lyon (Rhône).

La réaction du Premier Magistrat de Nice n’aura pas tardé.
Après la décision des organisateurs des JO 2030 relatives aux compétitions de glace, le Maire de Nice a fait part de sa colère et de sa déception face à un choix qu’il considère dicté par des intérêts financiers et politiques.
Comme il l’a affirmé en marge de la victoire du club de football de l’OGC Nice validant le maintien de l’équipe en Ligue 1 :
Nous n’aurons pas ces Jeux, et nous n’aurons pas ces Jeux parce qu’il y a eu de la manipulation, il y a eu de la mauvaise foi, il y a des intérêts financiers qui sont mobilisés derrière, il y a des puissances de l’argent qui ont voulu autre chose.
Et je le dis, cette décision elle est honteuse, elle est scandaleuse, elle est politicienne. On a préféré une ville d’extrême gauche à la ville de Nice pour sanctionner les Niçois.
Je le dis avec gravité et colère, et je me suis battu.
Le Maire a d’ailleurs évoqué le point de blocage majeur autour de la mobilisation de l’Allianz Riviera.
Comme il l’a exposé sur ses réseaux sociaux :
J’ai refusé de cautionner un projet fondé sur des engagements intenables et sur l’immobilisation de l’Allianz Riviera pendant une saison entière au détriment de notre ville et de notre club.
Je ne regrette rien.
Nous garderons notre stade, nous garderons notre club et nous économiserons 150 millions d’euros d’argent public. Ces moyens seront investis dans le sport de proximité, dans nos équipements, dans nos associations et dans la jeunesse niçoise.
Notre ambition pour Nice demeure intacte.
Derrière sa ferme posture et ses propositions alternatives qu’il avait avancé durant la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars derniers, Eric Ciotti vilipende ainsi la décision des acteurs des Jeux, prise ce vendredi 29 mai 2026.
Une décision qui paraissait pourtant inévitable depuis maintenant plusieurs semaines.
En retirant le tournoi masculin de hockey-sur-glace de Nice compte-tenu de l’absence d’accord avec les autorités locales, les parties aux Jeux avaient donné le ton. De surcroît, la position de la Fédération Internationale (IIHF) poussant pour la préservation d’une cohésion d’ensemble de ce sport et rappelant le poids de celui-ci dans les recettes de billetterie des Jeux d’hiver (60%) laissait depuis entrevoir la perspective d’un départ du tournoi féminin.
Plus largement, et même si Eric Ciotti avait fini par consentir à l’aménagement d’une nouvelle patinoire pour abriter les épreuves de patinage artistique et de short-track, et au maintien du concept de Village des Athlètes, la possibilité d’une délocalisation pure et simple de toutes les épreuves de glace jusqu’alors projetées à Nice – hors patinage de vitesse orienté à l’étranger – avait suscité une vive inquiétude du côté de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, actrice-clé du projet aux côtés de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
A l’évidence, le départ du hockey-sur-glace a provoqué un effet domino massif.
Ce dernier a aussi été accentué par le souhait formulé par le Service Olympique de Radiotélévision – en anglais Olympic Broadcasting Services (OBS) – de disposer du Centre des Médias près des montagnes et des épreuves de ski alpin, autrement dit en dehors de Nice où ledit Centre devait initialement prendre place au cœur du Marché d’Intérêt National – MIN Fleurs toutefois situé en zone inondable.
Ainsi que l’a en tout cas souligné le COJOP dans son communiqué publié à l’issue de la réunion du Bureau Exécutif cette semaine :
Sur la base d’un examen approfondi des différents scénarios évoqués avec la nouvelle municipalité de Nice, les participants ont dû tirer les conséquences de la décision du nouveau Maire de Nice de ne pas accueillir les compétitions de hockey sur glace à l’Allianz Riviera. Ces travaux d’analyse ont été conduits avec célérité, objectivité et professionnalisme, sous l’autorité de Michel Cadot.
Les solutions alternatives recherchées à Nice se sont révélées insatisfaisantes.
La modification significative du concept initial, associée à la demande formulée par le CIO et les Fédérations Internationales de maintenir un pôle glace unifié, a conduit à rechercher un territoire adapté à l’accueil de l’ensemble des épreuves de glace (à l’exception du patinage de vitesse).
Aujourd’hui, Nice est donc écartée du dispositif d’accueil des Jeux, alors que la ville a longtemps espéré se construire un destin olympique.
Avant d’intégrer le dossier des Alpes françaises 2030, la ville fut déjà sur les rangs pour la tenue de l’événement planétaire de 2018, ayant à l’époque été candidate à l’investiture française finalement attribuée à Annecy (Haute-Savoie) qui fut ensuite sévèrement défaite par PyeongChang (Corée du Sud) lors du scrutin olympique.
Face aux doutes et au calendrier contraint d’une échéance qui arrive au galop, le COJOP – sous l’œil attentif du Comité International Olympique (CIO) et des Fédérations Internationales – n’a eu d’autre choix que de sacrifier Nice au profit de Lyon et de sa métropole, deux entités qui, ces dernières semaines, avaient fait part d’un vif intérêt pour récupérer les épreuves de glace des Jeux, en plus du seul tournoi de hockey.
Du côté de Nice et plus globalement de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, nul doute que les rancœurs s’annoncent particulièrement tenaces, ladite Région ne conservant dans son giron que les épreuves freestyle actuellement positionnées dans le Briançonnais (Hautes-Alpes).
Le caractère politique – et politicien – de la situation n’est évidemment pas à négliger.
Si la rupture ne date pas d’hier, Eric Ciotti fut longtemps un proche allié de Christian Estrosi avant d’en devenir un farouche adversaire jusqu’à la confrontation ultime des élections municipales du mois de mars.
Eric Ciotti fut ainsi collaborateur parlementaire de son ancien mentor à la fin des années 1980, avant d’être Directeur de Cabinet de celui-ci de 2003 à 2007 lorsque l’ancien Maire présidait le Conseil Général des Alpes-Maritimes. Il fut en parallèle Conseiller au sein du Cabinet ministériel de Christian Estrosi, ce dernier ayant occupé les fonctions de Ministre délégué à l’Aménagement du Territoire (2005-2007).
Au-delà du seul périmètre niçois, le nouvel édile municipal a également travaillé de longues années auprès de ses anciens partenaires à la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur issus de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) devenue le parti Les Républicains (LR). Un parti qu’il a même présidé de 2022 à 2024 avant d’en claquer la porte pour fonder l’Union des Droites pour la République (UDR) et se rapprocher du Rassemblement National (RN) de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Le Président du RN est d’ailleurs monté au créneau ce samedi 30 mai 2026 sur les réseaux sociaux pour, lui-aussi, juger d’une dimension politicienne à la situation.
Ainsi que l’a affirmé Jordan Bardella :
Nice devait accueillir plusieurs épreuves des Jeux Olympiques d’hiver 2030 ainsi que la Cérémonie de clôture. La décision soudaine du Comité d’Organisation de privilégier Lyon soulève de nombreuses interrogations.
Cette décision est-elle réellement guidée par l’intérêt général, ou constitue-t-elle une sanction politique après l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice ?
Le sport ne devrait jamais être instrumentalisé à des fins politiciennes.
Un propos qui illustre pourtant paradoxalement une certaine ingérence politicienne de la part du Président du RN qui, bien que volant au secours de son allié local, ignore les tenants et les aboutissants de l’épineux dossier des Alpes françaises 2030.
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Au final, le projet est bien plus cohérent avec le pôle glace à Lyon:
bien plus proche des sites de neige
bien plus accessible en train, donc bien plus durable
pas de construction à faire, donc bien moins couteux