JO 2036-2044 : Munich désignée comme candidate de l’Allemagne

Sans grande surprise eu égard à la qualité du dossier présenté à l’appréciation de la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), Munich – Ville Hôte de l’édition 1972 – a été choisie comme candidate de l’Allemagne pour viser l’organisation d’une future échéance des Jeux d’été comprise entre 2036 et 2044.

De bout en bout, Munich aura donc réussi à confirmer son statut de favorite, en évitant les écueils d’une telle position, et en affirmant avec détermination ses atouts face à d’abord trois rivales allemandes – Hambourg, Berlin, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr – avant que la dernière ligne droite ne se transforme en un duel avec ladite Région Métropolitaine, dont la candidature était conduite par Cologne.

En ce samedi 26 septembre 2026, les délégués du DOSB réunis en Assemblée Générale Extraordinaire ont ainsi choisi la Ville Hôte des JO 1972 au détriment de Cologne et ses environs pour porter les couleurs de l’Allemagne dans la quête d’une future édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.

Comme l’a fait savoir l’instance après le scrutin, les délégués présents se sont majoritairement portés sur la proposition munichoise qui a recueilli 64,91% des suffrages dès le premier tour.

Dans le détail, 91 voix sont allées en direction de Munich, contre 50 pour le projet Cologne-Rhin-Ruhr, sur la base d’un corps électoral composé des 42 Fédérations sportives olympiques disposant chacune de trois voix, des 10 membres du Comité Directeur du DOSB, et de 8 membres individuels, sachant que trois électeurs n’ont pu participer au vote et ont été excusés pour raisons personnelles : la canoéiste Elena Gilles, le footballeur Leon Goretzka, et la skieuse Anna Schaffelhuber.

Ainsi que l’a affirmé Thomas Weikert, Président du DOSB :

« C’est une belle journée pour le sport allemand.

Au terme de ce processus national, Munich s’impose comme un excellent candidat ; c’est son projet qui a le plus convaincu le monde du sport allemand.

Une nouvelle étape commence désormais : nous allons avancer avec Munich et représenter l’Allemagne dans la compétition internationale pour l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques ».

La présentatrice de l’ARD, Esther Sedlaczek, invite le Président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier à dévoiler le nom de la candidate choisie par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), sous le regard du Président du DOSB, Thomas Weikert, samedi 26 septembre 2026 (Crédits – DOSB / Picture Alliance)

Arrivée en tête du Rapport d’évaluation publié en milieu de semaine par l’instance olympique allemande, Munich avait très tôt pris les devants.

Son concept misant largement sur l’héritage des sites de 1972 et sur la richesse de son patrimoine culturel et sportif avait déjà donné le ton depuis l’installation effective de la candidature bavaroise dans la course à la sélection interne.

De surcroît, le fait d’avoir positionné un référendum dès le mois d’octobre 2025 a permis à Munich de s’affranchir assez rapidement de la contrainte et du risque d’une telle consultation et ce, alors que dans le même temps, Hambourg et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr avaient fait le choix du printemps 2026.

Cette différence calendaire et le succès référendaire relevé avec 66,4% de voix en faveur des Jeux à Munich ont dès lors placé cette candidature en position de force par rapport à ses poursuivantes, lui assurant ainsi la possibilité de peaufiner ses propositions jusqu’à la présentation formelle du dossier devant le DOSB, le 04 juin 2026.

Pour la ville de Bavière, la désignation survenue ce samedi constitue un indéniable retour en grâce sur la scène olympique, à l’échelle nationale d’abord, et sur le plan international ensuite.

De fait, alors que, pour les Jeux d’été ces dernières décennies, le DOSB avait souhaité miser sur Berlin, puis sur Leipzig pour les courses aux Jeux de 2000 et de 2012, avant de mettre sur orbite l’innovant concept de Hambourg au détriment de Berlin sur la voie des JO 2024 – avant que la candidature ne soit contrainte de se retirer au bout de quelques semaines à l’issue d’un référendum défavorable – Munich se replace aujourd’hui comme l’incontournable leader allemande.

La dernière Ville Hôte de l’événement aux cinq anneaux en Allemagne retrouve de plus une scène qu’elle avait précipitamment quitté en 2013.

A l’époque, Munich avait été sélectionnée comme candidate pour viser les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2022. Or, malgré la promesse de pouvoir devenir la première cité olympique Hôte des Jeux d’été et des Jeux d’hiver, elle avait dû renoncer à s’engager plus avant et ce, compte tenu de l’échec de la consultation populaire orchestrée le 10 novembre 2013.

Ce jour-là, les citoyens exprimèrent leur désapprobation par 52,1% à l’idée d’accueillir les Jeux selon un partage entre épreuves de glace à Munich et compétitions de neige à Garmisch-Partenkirchen.

Malgré un concept misant sur la durabilité et la maîtrise des dépenses, la question environnementale fut au cœur des débats, notamment quant à l’empreinte des Jeux dans les massifs de Garmisch-Partenkirchen, Hôte des Jeux d’hiver en 1936.

Cette même question fut d’ailleurs déjà au rendez-vous de la candidature précédente de Munich qui, dès la fin des années 2000, avait tenté sa chance pour décrocher l’édition hivernale de 2018.

Face à la grandissime favorite d’alors, la sud-coréenne PyeongChang (63 suffrages), défaite à deux reprises pour 2010 et 2014, la candidature allemande ne pu cependant faire le poids devant la Session du Comité International Olympique réunie à Durban (Afrique du Sud), le 06 juillet 2011, parvenant tout de même à distancer très largement la prétendante française avec 25 voix contre seulement 7 suffrages pour Annecy.

La mascotte des Jeux de Munich 1972 aux côtés du logo de la candidature de Munich pour l’organisation d’une future édition des Jeux Olympiques et Paralympiques (Crédits – FC Bayern)

A l’inverse du succès bavarois, Cologne et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr ne sont pas parvenues à convaincre une majorité d’électeurs parmi les membres du DOSB et ce, en dépit d’une très bonne appréciation reçue à la lecture du Rapport d’évaluation.

Il faut dire que le concept présenté entendait casser les codes en projetant une organisation régionale des Jeux, avec la mobilisation de plus d’une dizaine de villes et le concours de stades et d’arénas de grande capacité.

Certes, la promesse de la mise à disposition d’un nombre inédit de billets pour assister aux Jeux – 17,62 millions – avait de quoi séduire au premier abord, mais la volonté du CIO de revenir à un cadre organisationnel plus restreint après l’édition record de Los Angeles 2028 a sans doute dû peser lors de l’examen du projet par les acteurs de l’instance olympique allemande.

Faisant le pari d’un cadre régional – ou disséminé pour reprendre le terme utilisé par les organisateurs des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 – le projet a peut-être aussi souffert d’un manque de supplément d’âme par rapport à Munich dont l’image du Parc Olympique préservé constitue une carte postale et de visite sans équivalent.

D’ailleurs, malgré une note relativement proche lors de l’évaluation, Munich a su garder un avantage déterminant quant à la perception du projet parmi les Fédérations sportives allemandes associées à la démarche de sélection d’une candidature. De fait, Munich avait obtenu 81,53 points contre seulement 63 points pour Cologne-Rhin-Ruhr ; Berlin – retirée de la course en milieu de semaine – parvenant même à passer devant la prétendante régionale (75,39 points).

Or, les instances sportives allemandes sont évidemment à la manœuvre au sein du DOSB qui a donc préféré la sécurité logistique et une certaine forme de stabilité dans le concept, à une aventure régionale nettement plus risquée.

Pour la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr, la défaite est d’autant plus cruelle qu’elle survient un peu plus de cinq ans après la déconvenue de la candidature de la Rhénanie du Nord-Westphalie qui avait déjà formulée une approche régionale dans la perspective des Jeux de 2032.

Des contacts avaient été engagés auprès du CIO, et une cartographie avait aussi été agencée, mais la force de frappe de Brisbane et du Queensland, et la refonte du processus de sélection du Futur Hôte par l’institution de Lausanne (Suisse), avaient eu raison de l’ambition allemande ; la candidature australienne ayant été assurée d’une désignation dès le printemps 2021.

(Crédits – München 20XX / LHM / Fix Visuals – Creative Studio)

Au-delà des postulantes qui avaient répondu à l’appel du DOSB, force est de constater en tout cas que l’instance olympique allemande poursuit sa marche en avant avec maîtrise.

Certes, les anneaux olympiques et les agitos paralympiques ne sont pas encore assurés de rejoindre l’Allemagne, mais l’approche réalisée jusqu’à présent par le DOSB apporte de la confiance et envoie aussi un message clair aux yeux du monde et au sein du Mouvement olympique : il faudra compter sur l’Allemagne dans le cadre des futures attributions des Jeux.

Pour tenter de parvenir à la finalité d’obtenir les Jeux, l’instance olympique d’Outre-Rhin a formalisé depuis plus de trois ans les contours d’une nouvelle méthodologie visant à corriger les erreurs du passé et à pouvoir prétendre à l’établissement d’une candidature suffisamment concurrentielle sur la scène mondiale. Aussi, la désignation de Munich représente une étape-clé dans cet objectif.

Le Ministre allemand des Sports et du Bénévolat n’a d’ailleurs pas manqué de souligner la force de l’Allemagne en prévision de la course à venir.

Comme l’a évoqué Ronald Rauhe à l’issue du scrutin :

« Je me réjouis que nous disposions, avec Munich, d’une excellente candidature pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques en Allemagne.

Nous voulons convaincre le CIO, et nous y parviendrons : l’Allemagne est prête ! Nous agirons de concert : le DOSB en tant que fer de lance du sport, notre ville candidate et le gouvernement fédéral.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont une source d’inspiration. Ils peuvent mettre tout un pays en mouvement, rapprocher les gens et donner du courage. Ils nous rappellent également qu’ensemble, nous sommes capables de grandes choses.

Dès aujourd’hui, l’Allemagne porte une candidature officielle. Le gouvernement fédéral la soutient pleinement ».

Preuve de la détermination allemande, le rassemblement de l’Assemblée Générale Extraordinaire du DOSB s’est tenu aujourd’hui à Baden-Baden en présence de l’ancien dirigeant de la Confédération Allemande des Sports Olympiques, devenu par la suite, Président du CIO, Thomas Bach.

Mais outre l’actuel Président d’honneur du CIO, la réunion de ce samedi 26 septembre 2026 s’est aussi déroulée avec la participation des Ministres-Présidents de Bavière, Markus Söder, et de Rhénanie du Nord-Westphalie, Hendrik Wüst, et surtout du Président de la République fédérale d’Allemagne qui, bien qu’ayant des prérogatives limitées face au Chancelier, représente une figure institutionnelle et morale respectée Outre-Rhin.

D’ailleurs, après une première intervention à la tribune, puis un bref échange avec le Président du DOSB, Thomas Weikert, l’honneur d’annoncer l’heureuse élue est précisément revenu à Frank-Walter Steinmeier, ce dernier recevant la grande enveloppe des mains du leader olympique.

Comme l’avait en tout cas évoqué le Président allemand en marge de l’annonce du résultat :

« Si nous, en tant qu’équipe d’Allemagne, débutons bien, nous aurons la meilleure chance de devenir l’Hôte des Jeux.

Les deux candidates ont présenté de grandes candidatures ! Elles ont discuté dans leurs villes et régions, elles ont développé des concepts convaincants et durables, et ont inspiré de nombreuses personnes derrière l’idée des Jeux.

La candidature pour le plus grand événement sportif du monde n’est pas seulement une victoire pour la région sélectionnée, c’est une énorme opportunité pour tout le pays ! »

En entrant de plain pied dans la course à une prochaine édition des Jeux, l’Allemagne – qui s’est positionnée dans le « dialogue continu » auprès du CIO en fin d’année 2025 – et Munich savent qu’elles auront face à elles une concurrence importante, notamment en provenance de l’Asie et du Moyen-Orient.

Quelques-unes des rivales annoncées – Ahmedabad (Inde), Doha (Qatar), Istanbul (Turquie), Budapest (Hongrie) – ont même été évoquées via un clip vidéo matérialisant le nouveau système de sélection du Futur Hôte des Jeux souhaité par le CIO sous l’impulsion de sa Présidente, en poste depuis l’an passé, Kirsty Coventry.

Elles seront cependant plus nombreuses à vouloir obtenir les clés des Jeux de 2036 et suivants.

Le Royaume-Uni pourrait être de la partie, avec ou sans Londres, sa capitale, de même que l’Italie après le succès des Jeux d’hiver de 2026. L’Espagne est aussi une candidate potentielle à surveiller. Il ne faudrait pas non plus négliger l’intérêt de l’Afrique qui, dans les prochaines semaines, abritera le premier événement olympique de son histoire, avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 au Sénégal.

Quoiqu’il en soit, chacune devra avoir à l’esprit les modalités de candidature fixées par l’institution olympique.

De fait, pour l’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2036 qui succéderont aux échéances à venir de Los Angeles 2028 et de Brisbane 2032, le CIO installera sa nouvelle approche à compter du mois de mars 2027.

A cette période, la Commission Exécutive du CIO sélectionnera, parmi les prétendantes déclarées, celles qui auront le droit de concourir dans la phase intermédiaire du « dialogue stratégique » venant s’insérer entre les phases existantes du « dialogue continu » et du « dialogue ciblé ».

Les projets en présence pourront alors être discutés et affinés en fonction des observations formulées et des discussions engagées entre les parties.

Un Questionnaire pour le Futur Hôte devra également être complété, tandis que les postulantes devront être en mesure de remettre au CIO les garanties financières essentielles venant en particulier des autorités nationales.

En parallèle, la Commission de Futur Hôte effectuera des visites sur place pour discuter avec les responsables des candidatures et inspecter les sites proposés. Une étape indispensable lors de laquelle le moindre faux pas pourra coûter cher. Car après cette séquence, la Commission Exécutive du CIO décidera à la fin de l’année 2028 d’activer un « dialogue ciblé » avec des Hôtes pressentis sur la base du Rapport de la Commission de Futur Hôte.

Les candidates retenues pour cette ultime phase décisionnelle devront en suivant produire de nouvelles garanties pour sanctuariser l’ensemble des domaines liés à l’organisation des Jeux, et affiner encore leurs projets respectifs. Elles pourront aussi se présenter lors de rendez-vous inscrits au calendrier des instances olympiques et sportives.

Dans la dernière ligne droite, un Rapport de la Commission de Futur Hôte classera les forces et faiblesses des prétendantes, ce qui pourra déterminer la désignation du territoire organisateur des JO 2036.

A la mi-2029 en effet, la Commission Exécutive du CIO sélectionnera les Hôtes pressentis qui pourront se présenter une ultime fois devant les membres du CIO qui, lors d’une Session élective, procédera à l’attribution formelle des Jeux pour l’édition estivale de 2036.

Désignation de Munich comme candidate officielle de l’Allemagne à une future édition des Jeux d’été, à l’issue de l’Assemblée Générale Extraordinaire de la Confédération Allemande des Sports Olympiques réunie à Baden-Baden, samedi 26 septembre 2026 (Crédits – DOSB / Picture Alliance)

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