JO 2036-2044 : L’Allemagne entre en dialogue continu avec le CIO

A l’approche d’une année 2026 décisive pour consacrer les conditions de réussite d’une candidature, l’Allemagne a récemment passé un cap, en officialisant son entrée dans la phase de « dialogue continu » avec le Comité International Olympique (CIO). De quoi poursuivre la réflexion en cours et affiner la conception d’une offre concurrentielle pour une future édition des Jeux d’été.

De gauche à droite, Thomas Weikert, Président du DOSB ; Kirsty Coventry, Présidente du CIO ; et Christiane Schenderlein, Ministre d’État chargée du Sport et du Bénévolat, vendredi 28 novembre 2025 au siège du CIO à Lausanne, Suisse (Crédits – IOC / Greg Martin)

Dans le cadre du processus interne mis en place par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), une délégation conduite par le Président de l’instance, Thomas Weikert, et la Ministre d’État en charge du Sport et du Bénévolat, Christiane Schenderlein, a récemment été reçue au siège du CIO à Lausanne (Suisse).

Comprenant également en son sein les membres allemands du CIO, Kim Bùi et Michael Mronz, ladite délégation a ainsi pu formaliser l’ambition olympique et paralympique du pays.

Concrètement, une réunion de travail s’est tenu ce vendredi 28 novembre 2025 en présence des représentants allemands et de quatre membres de la Commission de Futur Hôte du CIO. Il a alors été question de l’état d’avancement des discussions en cours en Allemagne avec les quatre prétendantes à l’investiture, mais aussi avec les pouvoirs publics.

Au-delà de cette réunion, les leaders de la délégation ont pu remettre à la Présidente du CIO, Kirsty Coventry, la lettre d’intention de candidature, amorçant de facto l’entrée de l’Allemagne dans la phase cruciale de « dialogue continu ».

Même si une réflexion est actuellement menée concernant la procédure de sélection des Futurs Hôtes, le CIO reste attentif à l’intérêt que peuvent porter les territoires à travers le monde, et veille pour cela à ce que ces territoires puissent obtenir des questions à leurs réponses, tout en garantissant des échanges réguliers visant à consolider des visions et des projets en adéquation avec les orientations olympiques adoptées ces dernières années, de l’Agenda 2020 à la Nouvelle Norme, en passant par l’Agenda 2020+5.

La venue de l’Allemagne dans cette phase de dialogue constitue dès lors une excellente nouvelle pour le CIO, soucieux de poursuivre son développement international, mais désireux en parallèle de sécuriser ses liens avec les grands acteurs historiques du sport mondial.

Ce double cheminement n’a d’ailleurs pas échappé aux autorités sportives et politiques allemandes qui aujourd’hui, espèrent être en capacité de soumettre une candidature qui pourra in fine convaincre les membres de l’institution olympique et ce, alors que le pays reste sur une série d’échecs et demeure en quête des Jeux depuis l’édition de Munich 1972.

Comme l’a notamment affirmé Thomas Weikert en marge de la visite à Lausanne :

Avec l’entrée dans le dialogue continu, nous envoyons un signal clair : l’Allemagne est sérieuse au sujet de la candidature.

Nous attendons avec impatience un échange encore plus intensif avec le CIO pour développer davantage le rêve des Jeux Olympiques en Allemagne.

Cette envie et cette détermination ont de surcroît été réaffirmés par la Ministre d’État chargée du Sport et du Bénévolat qui a pris soin d’exposer le sérieux de l’Allemagne devant la Présidente du CIO, Kirsty Coventry.

Ainsi que l’a fait savoir Christiane Schenderlein :

Le Gouvernement fédéral soutient pleinement la candidature du DOSB en tant que partenaire fiable.

La présentation des Jeux Olympiques et Paralympiques en Allemagne est notre principal objectif de politique sportive.

J’ai pu expliquer à la Présidente du CIO, dans un échange personnel […] pourquoi nous voulons amener les Jeux dans notre pays et que nous croyons au succès d’une candidature allemande.

La Ministre a en outre ajouté :

L’Allemagne a beaucoup de points forts : nous pouvons organiser de grands événements sportifs.

Nous aimons le sport, il fait partie de notre identité et de notre cohésion en tant que nation sportive prospère. Nous voulons porter cette image auprès de la nouvelle génération, pour un pays moderne et pour notre société ouverte.

Nous sommes convaincus que l’année prochaine, le DOSB trouvera le meilleur candidat national et que nous parviendrons à convaincre à l’échelle internationale.

De gauche à droite, Kim Bùi, membre allemand du CIO ; Thomas Weikert, Président du DOSB ; Kirsty Coventry, Présidente du CIO ; Christiane Schenderlein, Ministre d’État chargée du Sport et du Bénévolat ; et Michael Mronz, membre allemand du CIO, vendredi 28 novembre 2025 au siège du CIO à Lausanne, Suisse (Crédits – IOC / Greg Martin)

Avec cette visite au sommet, le DOSB coche une nouvelle case en direction d’une candidature qui succédera aux projets infructueux de Berlin 2000, Leipzig 2012, Munich 2018, Munich 2022 et, dernièrement, Hambourg 2024.

L’instance allemande rejoint une liste de postulants déjà bien fournie, comprenant notamment l’Inde, la Corée du Sud, ou encore le Qatar.

Dans les prochains jours, l’affirmation de l’ambition allemande sera décuplée, puisque le Gouvernement fédéral entérinera son soutien à l’aune d’un Protocole d’accord qui doit être signé ce jeudi 04 décembre 2025 avec le DOSB ainsi qu’avec les leaders des villes et territoires engagées dans la course à l’investiture allemande.

Deux jours plus tard, l’Assemblée Générale du DOSB se réunira à Francfort pour examiner les forces et faiblesses des quatre prétendantes – Berlin, Hambourg, Munich, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr – dont les propositions ont récemment été saluées par l’instance sportive.

Par la suite, les territoires en course devront préciser leur projet respectif avec l’appui technique et logistique du DOSB et ce, dans le but de faire émerger des projets solides susceptibles de recueillir les suffrages le moment venu.

A propos de suffrages, les prétendantes allemandes devraient toutes se soumettre à l’appréciation des citoyens dans le cadre de référendums orchestrés d’ici la fin du printemps 2026.

A ce sujet, Munich a pris les devants, en organisant la première sa consultation populaire qui s’est traduite, le 26 octobre dernier, par un succès massif. Un succès qui vient immanquablement placer la cité bavaroise – Hôte des JO 1972 – en position de force face à ses trois rivales.

Parallèlement à ces référendums à l’issue incertaine, notamment du côté de Berlin, le DOSB poursuivra l’an prochain l’examen des projets avant de statuer, le 26 septembre 2026, sur la ville ou le territoire qui portera les couleurs du pays dans une future course aux Jeux, l’Allemagne visant l’édition 2036, 2040 ou 2044.

Aussi, en s’engageant de la sorte dans le dialogue avec le CIO, sans préférence particulière à ce stade pour une échéance plus qu’une autre, le DOSB se montre souple et ouvert, ce qui devrait être apprécié du côté du CIO soucieux de conserver la pleine maîtrise des horloges olympiques, ainsi qu’il a pu le démontrer ces dernières années en désignant des Hôtes sans tenir compte du délai traditionnel de sept années entre l’attribution des Jeux et l’ouverture de l’édition planifiée.

Comme l’a en tout cas résumé Katrin Grafarend, Cheffe du Département des Relations Internationales au sein du DOSB, qui était aussi au rendez-vous de la rencontre au siège du CIO :

Nous avons déjà eu une très bonne approche avec le CIO, mais nous n’avions pas encore de statut concret.

Le dialogue continu est donc le début d’une coopération encore plus étroite qui permettra d’approfondir les échanges avec le CIO sur la voie de la candidature.

(Crédits – DOSB)


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