Alpes 2030 : Le Directeur Général du COJOP va assurer l’intérim de la présidence sous le regard vigilant du CIO

Sans surprise, après le départ d’Edgar Grospiron officialisé la semaine dernière, le Bureau Exécutif des Alpes 2030 a acté la nomination de Vincent Roberti en qualité de Président par intérim du Comité d’Organisation des Jeux (COJOP).

Alors que la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) pour les Jeux de 2030 a entamé ce lundi 14 septembre 2026 une nouvelle visite dans les Alpes françaises, les organisateurs de la prochaine édition hivernale se devaient de présenter à l’instance un cadrage adapté et ce, afin de palier l’absence de Président à la tête d’un COJOP en crise.

Aussi, suite à la révision des statuts par l’Assemblée Générale Extraordinaire convoquée en ce début de semaine, le Bureau Exécutif a nommé Vincent Roberti en tant que Président par intérim.

A titre exceptionnel, et eu égard à la modification statutaire opérée, l’ancien Préfet du Tarn-et-Garonne exercera les fonctions de Président en parallèle du poste de Directeur Général qu’il occupe depuis le milieu du printemps 2026.

Comme l’a fait savoir le COJOP dans un communiqué :

« Cette solution vise à garantir la stabilité de la gouvernance et la continuité des activités du Comité d’Organisation dans l’attente de la désignation d’une nouvelle Présidente ou d’un nouveau Président ».

(Crédits – Alpes 2030)

Le choix de cet intérim confié à un serviteur de l’État repose sur une certaine logique, le numéro deux du COJOP se devant finalement de prendre les commandes dans une situation comme celle actuellement vécue par les Alpes 2030.

Le temps qu’un nouveau leader soit désigné – et cela pourrait prendre plusieurs jours comme plusieurs semaines en fonction des discussions qui vont être menées pour trouver le profil adéquat – Vincent Roberti sera donc aux manettes du COJOP et coordonnera dès lors les travaux des équipes fortes aujourd’hui de quelques 130 collaborateurs.

Pour le CIO en tout cas, le chapitre qui s’ouvre doit permettre de susciter l’indispensable sursaut autour d’un projet restant à peaufiner et à mettre en mouvement, à désormais moins de 1 240 jours de la Cérémonie d’ouverture.

Dans un propos tout à la fois prudent et pragmatique comme l’institution olympique peut en avoir le secret, le Président de la Commission de Coordination a distillé en filigrane un certain nombre de messages.

Ainsi que l’a notamment exposé Pierre-Olivier Beckers-Vieujant :

« [Le CIO] a eu le temps, ces derniers jours, d’observer et d’analyser cette situation. […]

Le départ du Président Grospiron n’est pas anodin parce qu’il touche d’abord des personnes.

Il est évident qu’il y a eu des tensions entre les parties prenantes, les uns trouvant sans doute qu’ils ne sont pas assez écoutés, d’autres qu’ils n’ont pas assez de libertés. Ceci étant dit, les décisions n’ont pas attendu pour tomber et cela est extrêmement important.

Cette nomination [de Vincent Roberti] assure au projet une stabilité et une continuité ».

Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, alors Président de la Commission de Coordination des Jeux d’été de 2024, lors de la 142e Session du CIO organisée en marge des Jeux de Paris 2024, le 23 juillet 2024 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Celui qui occupait déjà les fonctions de Président de la Commission de Coordination pour les Jeux d’été de Paris 2024 a par ailleurs abordé la question – forcément sensible – du calendrier, compte tenu des délais contraints des Alpes 2030.

Là-encore avec doigté, mais avec aussi une pointe de fermeté.

Comme l’a affirmé Pierre-Olivier Beckers-Vieujant :

« Suite aux tensions de gouvernance de ces derniers mois, il était temps d’apporter un nouveau leadership.

Nous avions une fenêtre d’opportunité, car le COJOP est en train de basculer dans une phase de planning stratégique et de livraison opérationnelle. […]

Il ne faut pas traîner. Mais nous sommes dans les temps. Sans jamais pendre le COJOP sous tutelle, il y a beaucoup de personnes du CIO qui sont là pour soutenir les équipes ».

En d’autres termes – et comme attendu – le CIO va désormais redoubler de vigilance pour éviter toute nouvelle crise dont les effets seraient des plus dévastateurs sur le projet en lui-même, avec possiblement aussi des secousses jusqu’en direction de l’institution de Lausanne (Suisse).

Le CIO devrait à cet égard, en sa qualité de partie prenante essentielle à la tenue des Jeux, scruter le profil des candidats déclarés ou supposés au poste de Président du COJOP, avec le souhait non dissimulé de pouvoir in fine compter sur un partenaire de confiance en mesure de piloter la barque des Alpes 2030 jusqu’à bon port.

Vincent Roberti, Directeur Général du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver des Alpes 2030, à la tribune de la 146ème Session du CIO réunie au SwissTech Convention Center de Lausanne, Suisse, jeudi 25 juin 2026 (Crédits – IOC / Chris Ricco)

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