Dans le cadre de l’examen de la candidature helvète à l’accueil des Jeux d’hiver de 2038, le Conseil National – soit la Chambre Basse du Parlement suisse – a approuvé cette semaine le principe d’une contribution fédérale de 200 millions de francs suisses (218,7 millions d’euros) pour un budget d’organisation évalué à 2,2 milliards (2,41 milliards d’euros), tout en écartant la tenue d’un référendum à l’échelle du pays.
Une étape cruciale a été franchie ce jeudi 1er octobre 2026 par la candidature portée par l’Association « Switzerland 2038 » visant à ramener les Jeux en Suisse pour la première fois depuis l’édition hivernale de St-Moritz en 1948.
En effet, comme cela fut évoqué ces derniers mois, l’examen du projet olympique et paralympique a commencé à se faire du côté des instances parlementaires helvètes et ce, après le soutien obtenu de la part du Conseil Fédéral plus tôt cette année.
Aussi, un premier rendez-vous s’est opéré en milieu de semaine face aux élus du Conseil National.
Devant cette instance constituant la Chambre Basse parlementaire représentant le peuple, la candidature aux JO 2038 a pu recueillir un soutien capital pour la suite du projet et de son développement ; 137 voix s’étant ainsi portées en faveur d’une aide financière fédérale de 200 millions de francs suisses (218,7 millions d’euros), contre 40 ayant rejeté cette contribution.
Comme l’avait préalablement justifié et rappelé Estelle Revaz (Parti Socialiste Suisse) au nom de la Commission de la Science, de l’Éducation et de la Culture :
« Accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2038 en Suisse est bien plus qu’un simple projet sportif. C’est l’occasion de présenter notre pays au monde entier comme un pays diversifié, innovant, durable et fédéraliste.
Le concept se distingue considérablement des précédents projets olympiques, et c’est précisément ce qui a séduit la Commission de la Science, de l’Éducation et de la Culture de notre conseil. Il offre une occasion exceptionnelle de donner à la Suisse une forte visibilité internationale, de mettre en valeur son patrimoine, sa culture, ses paysages, tout en renforçant sa cohésion nationale.
Le projet repose tout d’abord sur un modèle décentralisé, avec des événements organisés dans les quatre régions linguistiques. Dix cantons et quatorze communes seront impliqués.
Il mise également sur l’existant. Aucune nouvelle construction permanente ne serait réalisée et les infrastructures existantes seraient optimisées, y compris pour l’hébergement des athlètes ».
Dans le même temps, le Conseil National a écarté l’idée d’un référendum à l’échelle de la Suisse, considérant les contraintes logistiques d’une telle consultation incompatibles avec le calendrier propre à la candidature, sachant que la Suisse est engagée dans un « dialogue privilégié » avec le Comité International Olympique (CIO) jusqu’à la fin de l’année 2027.
Or, comme l’ont rappelé les partisans de la candidature, si la Suisse est bien engagée dans une phase de dialogue à titre exclusif avec le CIO, ce dernier demande toutefois à ce que le dossier soit déposé en février 2027, afin que la Commission de Futurs Hôtes, puis la Session de l’institution olympique attendue entre le 29 avril et le 1er mai 2027 soient en mesure de se pencher sur les contours du projet.
Ainsi que l’a fait savoir Estelle Revaz :
« Même en usant de tous les raccourcis institutionnels existants, il ne sera pas possible d’organiser une votation avant ces échéances.
La Suisse pourrait certes déposer sa candidature à une date ultérieure, mais elle perdrait alors sa fenêtre d’exclusivité et se retrouverait en concurrence avec des projets bénéficiant d’importantes garanties d’État. Ses chances seraient alors considérablement réduites.
L’enjeu n’est aujourd’hui plus de savoir si la population veut ou non pouvoir se prononcer à l’échelle fédérale, mais bien de savoir si l’on veut donner ou non une chance au projet suisse ».
Si le Parti Libéral-Radical (PLR) et le Centre se sont positionnés contre le référendum – facultatif au niveau national -, les autres partis politiques représentés au sein de l’instance se sont montrés divisés sur le sujet, même si des votations pourront toujours être opérées à l’échelon cantonal ou au niveau des villes appelées à participer à l’aventure des Jeux ; aventure qui, aujourd’hui, bénéficie du soutien de l’opinion publique.
Pour preuve de cette division, 106 élus ont voté contre la convocation d’un référendum, tandis que 78 l’ont souhaité.
Avec ce double vote, la candidature helvète poursuit en tout cas son chemin sur la voie des Jeux, préparant désormais son examen devant le Conseil des États – soit la Chambre Haute du Parlement qui représente les Cantons suisses – dont le positionnement sera décisif pour la suite.
Pour rappel, le soutien des instances à l’échelle du pays est impératif pour sanctuariser un projet fondé sur l’idée d’organiser les Jeux dans toute la Suisse, avec un budget de l’ordre de 2,2 milliards de francs suisses (2,41 milliards d’euros) largement financé par des fonds privés.
Sur cette enveloppe, la Confédération helvète devrait engager une contribution maximale de 200 millions de francs suisses, soit le même montant que celui devant être mobilisé par les Cantons.
Pour la contribution fédérale, 50 millions seraient destinés à réduire le coût des transports publics pour les futurs spectateurs (54,67 millions d’euros), et 80 millions iraient au cofinancement des dépenses relatives à la mise à disposition des sites de compétition dans le pays (87,48 millions d’euros).
Sur le restant à fournir, 60 millions de francs suisses seraient orientés en direction du cofinancement des Jeux Paralympiques (65,61 millions d’euros), tandis que 10 millions seraient consacrés à des dépenses éventuelles de « Switzerland 2038 » non prévisibles à ce jour (10,93 millions d’euros).
Au-delà des dépenses précitées, la Confédération devrait également assurer la sécurité du rendez-vous planétaire, s’agissant d’un domaine spécifique de ses compétences.
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