JO 2030 : Emmanuel Macron devrait participer à l’ultime présentation

Même si sa venue n’a pas été confirmée par ses équipes, le Président de la République devrait intervenir lors de la dernière présentation de la candidature des Alpes françaises 2030 devant les membres du Comité International Olympique (CIO). Une manière de conforter le soutien de l’État alors que le dossier tricolore n’a pour l’heure pas pu fournir la garantie gouvernementale en raison du contexte politique dans l’Hexagone.

Le Président du Comité International Olympique, Thomas Bach, et le Chef de l’État français, Emmanuel Macron, à l’ouverture de la 142e Session du CIO à Paris, lundi 22 juillet 2024 (Crédits – IOC / Greg Martin)

En juillet 2017, fraîchement élu à la présidence de la République, Emmanuel Macron avait endossé les habits d’ambassadeur de la candidature française à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

A Lausanne (Suisse), au cœur de la « Capitale Olympique », le Chef de l’État avait ainsi défendu l’ambition de Paris 2024, tant lors de sa visite au Musée Olympique sur les bords du Lac Léman, que lors de sa prise de parole devant la Session extraordinaire du CIO réunie dans l’enceinte du SwissTech Convention Centre.

Cette présence – remarquée et appréciée par l’institution olympique présidée par Thomas Bach – avait été précédée par d’autres marques de soutien adressés par le Chef de l’État à la candidature, dès après son élection, avec notamment un premier échange avec le leader olympique, et la réception de la Commission d’évaluation en inspection à Paris en mai 2017, puis lors des Journées Olympiques célébrées les 23 et 24 juin 2017 le long de la Seine.

Sept ans plus tard, l’engagement du Président de la République auprès de Paris 2024 ne se dément pas alors que la France s’apprête à accueillir le monde. Surtout, l’investissement personnel se traduit depuis un peu plus d’un an maintenant par un soutien affirmé à l’égard de la candidature des Alpes françaises pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030.

Conférence de presse de clôture de la visite de la Commission de Futur Hôte du CIO dans les Alpes françaises, vendredi 26 avril 2024 (Crédits – CNOSF / Pierre-Emmanuel Trigo)

A la mi-juillet 2023, Emmanuel Macron avait ainsi reçu au Palais de l’Élysée, les principaux acteurs de cette ambition pensée dans la dynamique des JO 2024 bien qu’évoquée au fil des ans par les Présidents des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Aussi, après la lettre d’intention présentée devant le CIO, les porteurs de la candidature hivernale tricolore avaient gagné Lausanne pour se rendre au siège de l’institution olympique, avant de formaliser les tenants et les aboutissants d’un projet politiquement incarné.

Par la suite, la Commission Exécutive du CIO – sur recommandation de la Commission de Futur Hôte pour les Jeux d’hiver – avait décidé de sélectionner la candidature française pour intégrer la phase de dialogue ciblé, préalable indispensable à l’attribution effective des Jeux.

Néanmoins, les mois écoulés ont surtout mis en exergue les faiblesses du dossier des Alpes françaises. Cela s’est notamment traduit par la polémique – dès la fin de l’année 2023 – autour de la non-intégration de Val d’Isère parmi les sites envisagés pour l’accueil des compétitions de ski alpin. Cela s’est également matérialisé par des questions en suspens quant à la localisation de la Cérémonie d’ouverture ou de l’agencement d’un Anneau de vitesse, mais encore par des doutes concernant le réalisme budgétaire des projections faites par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF).

Alors que de l’autre côté, la candidature de Salt Lake City (Utah, États-Unis) retenue dans la phase de dialogue ciblé pour l’échéance 2034 apparaissait comme solide techniquement, sportivement, économiquement et politiquement à l’aune de plus d’une décennie de préparation, la candidature tricolore ressortait à l’inverse comme un projet mal-ficelé avec un certain nombre de points d’interrogation à gommer.

A cette impression est évidemment venu se greffer le bouleversement politique provoqué par la dissolution de l’Assemblée Nationale décidée par le Président de la République et la convocation d’élections législatives anticipées dont les résultats n’ont pas permis de dégager une quelconque majorité parlementaire en mesure de conduire à la désignation rapide d’un nouveau gouvernement.

Le Président du CIO, Thomas Bach, reçu par le Chef de l’État français, Emmanuel Macron, mardi 16 juillet 2024, au Palais de l’Élysée, Paris (Crédits – IOC)

Aussi, dans le cadre de la présentation de la candidature des Alpes françaises 2030 devant la 142e Session du CIO, ce mercredi 24 juillet 2024 dans la matinée, il est probable d’envisager la participation du Chef de l’État.

Cette présence – possible au regard de l’agenda présidentiel, mais non-confirmée par les équipes de communication de l’Élysée – pourrait dès lors aider à épauler un projet souffrant de l’absence de garantie gouvernementale pourtant cruciale pour la pérennité du dossier et, in fine, l’attribution des Jeux.

Il faut dire qu’entre les discussions intenses sur la question de la répartition de l’effort budgétaire entre l’État et les Régions concernées par le projet, et les conséquences de la dissolution récente, la candidature n’a jusqu’à présent pas été en mesure de présenter la garantie permettant de consolider l’ambition olympique et paralympique d’un pays déjà auréolé de trois éditions des Jeux d’hiver avec Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992.

Or, le Président de la République s’est entretenu la semaine dernière avec le Président du CIO pour renouveler son appui au projet et lui préciser que la garantie manquante serait fournie dès qu’un nouveau Chef de gouvernement serait nommé.

A l’aune de ces éléments, la Session du CIO pourrait en conséquence se diriger sur la voie d’une confirmation du dossier des Alpes françaises pour l’organisation des JO 2030 tout en conditionnant l’attribution définitive de l’événement planétaire à la présentation ultérieure de ladite garantie.

Signe – peut-être – d’un tel cheminement, le Président du CIO, dans son discours d’ouverture de la 142e Session, a fait référence à la candidature tricolore.

Comme l’a ainsi évoqué Thomas Bach, ce lundi 22 juillet, face aux membres du CIO et au Président de la République :

Fort de cette unité [autour de Paris 2024], nous sommes convaincus qu’on va vivre tous ensemble, et avec le monde entier, des Jeux Olympiques spectaculaires.

Et qui sait, cette unité et ce grand élan pourraient être un facteur important dans l’élection de l’Hôte pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030, qui se déroulera lors de cette Session du CIO.


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