Présents en Italie pour assister aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 dans le cadre du Programme des Observateurs du Comité International Olympique (CIO), les organisateurs des deux futures échéances hivernales ont engagé la signature d’un accord de coopération, alors que l’avancée des préparatifs est bien différente entre des Alpes françaises 2030 à la traîne et l’Utah 2034 en pleine confiance.

Deux Comités d’Organisation des Jeux d’hiver rassemblés. Deux leaders réunis autour d’une même table.
L’image véhiculée ce week-end entre les Alpes françaises 2030 et l’Utah 2034 illustre parfaitement l’état d’esprit du CIO qui – depuis plusieurs années maintenant à l’aune de l’Agenda 2020 notamment – vante les mérites de discussions accrues entre les organisateurs des Jeux.
Aussi, en présence des Présidents des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, ainsi que du Gouverneur de l’État de l’Utah, Spencer Cox, les deux patrons des Comités d’Organisation ont paraphé un accord de coopération qui doit permettre aux deux entités d’échanger sur les dossiers-clés entourant la tenue de l’événement olympique et paralympique, dans quatre ans pour la France et dans huit ans pour les États-Unis.
Ainsi que l’a affirmé le Comité d’Organisation des Jeux de l’Utah 2034 sur ses réseaux sociaux :
Utah 2034 et Alpes françaises 2030 collaborent officiellement pour partager leur expertise et renforcer la planification de Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver exceptionnels.
Fraser Bullock et Edgar Grospiron, Président des Alpes françaises 2030, incarnent une vision commune de l’innovation et d’un héritage durable.
Cet accord signé par Edgar Grospiron et Fraser Bullock survient dans le prolongement de précédents échanges entre les parties prenantes.
En janvier 2025, à la tête d’une délégation tricolore, Fabrice Pannekoucke s’était ainsi rendu dans l’Utah pour y rencontrer la Maire de Salt Lake City, Erin Mendenhall, ainsi que Fraser Bullock.
Le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes avait aussi profité de sa venue pour assister à une rencontre de basketball de la franchise des Utah Jazz, tout en effectuant un tour des pistes dans le secteur de Deer Valley Resort, en présence notamment de Ted Ligety, Champion Olympique du combiné aux Jeux de Turin 2006 et titré sur le slalom géant lors des Jeux de Sotchi 2014.
Un an auparavant, Renaud Muselier avait déjà foulé le sol de l’Utah lors d’une visite de plusieurs jours auprès des acteurs de la candidature américaine, les Jeux ayant été attribués le 24 juillet 2024.
Sur place, il avait pu s’entretenir avec celui qui occupait alors les fonctions de Directeur Général de la candidature de SLC-Utah 2034 avant d’en devenir le Président, mais aussi avec le patron de l’Utah Olympic Legacy Foundation, Colin Hilton, structure qui œuvre à faire vivre au quotidien l’héritage des Jeux de Salt Lake City 2002. Le leader régional français avait en outre rencontré Spencer Cox, et avait pu découvrir en parallèle le site des tremplins de saut à ski et les pistes de Park City.
A l’époque, cette visite intervenait dans le but de renforcer sur le plan sportif une coopération matérialisée quelques mois plus tôt entre les deux territoires – la Région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur et l’Utah – par la signature d’une lettre d’intention visant à accroître les échanges dans les domaines du tourisme, de l’énergie, de la technologie, mais aussi de l’aérospatiale et de la santé, sans compter également le secteur universitaire.
D’ailleurs, sur ce dernier point et en marge de l’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, la coopération a pris une nouvelle tournure ces jours-ci, via la conclusion d’un accord entre l’Université Côte d’Azur et l’University of Utah autour du projet COOPJOP, avec aussi le concours de la Région italienne de Lombardie.
Ce projet doit permettre de soutenir le déploiement de quatre projets de recherche pilotes en lien avec les objectifs de durabilité des Jeux d’hiver, à savoir des études sur la qualité de l’air sur les sites sportifs, la prévention des blessures chez les athlètes, la gestion environnementale de l’eau, ainsi que les relations entre nutrition sportive, immunité, métabolisme et exposition environnementale.
Il doit en outre assurer la création d’une base de données environnementales comme outil d’aide à la décision publique.
Comme l’a fait savoir Jeanick Brisswalter, Président de l’Université Côte d’Azur :
A travers ce projet, l’Université Côte d’Azur affirme pleinement son rôle d’université à impact : une université qui ne se contente pas de produire de la connaissance, mais qui la met au service de son territoire, de ses acteurs et de ses grands événements structurants.
De manière complémentaire, le projet illustre la capacité des Collectivités Territoriales à s’appuyer sur leur université pour construire des politiques publiques fondées sur la connaissance, l’innovation et la recherche scientifique.
Au-delà des échanges territoriaux, pour les deux Comités d’Organisation précités, la formalisation d’un cadre de coopération complémentaire portant sur les futures éditions de 2030 et de 2034 constitue une étape dans des préparatifs à l’avancée distincte.
De fait, pleinement mobilisé dès avant l’attribution des Jeux, le Comité d’Organisation de l’édition de l’Utah 2034 est aujourd’hui parfaitement structuré, avec des instances internes établies depuis plusieurs mois et un Président au travail et déterminé, lui qui fut Directeur Général des Jeux de Salt Lake City 2002.
Aussi, la montée en puissance constatée ces dernières semaines du côté de l’Utah – avec l’établissement d’un innovant programme de donateurs, la révélation d’une nouvelle identité visuelle, mais encore le lancement d’une boutique en ligne pour se procurer des goodies aux couleurs des Jeux d’hiver de 2034 – ne fait que confirmer une évidence qui avait séduit le CIO et qui place les parties prenantes américaines dans une relation de confiance certaine : Salt Lake City et l’Utah sont d’ores et déjà prêts à reprendre le flambeau des Jeux.
Pour accroître encore davantage l’engouement autour de la venue – ou plutôt du retour – des Jeux, la Ville de Salt Lake City propose depuis ce 06 février 2026 et pendant toute la durée des Jeux une manifestation festive intitulée « The Watch Party » où, après un spectacle de drones sur le thème des JO 2034, la population pourra rencontrer des athlètes de l’Utah, se restaurer au moyen de food-trucks disposés près de l’Hôtel de Ville, tout en pouvant suivre le déroulement des épreuves des Jeux de 2026.
A l’inverse, du côté des Alpes françaises 2030, les chantiers s’accumulent.
Malgré un calendrier préparatoire bien plus contraint que pour l’Utah 2034, les acteurs du dossier tricolore sont embourbés depuis des mois dans une crise de gouvernance qui place désormais le Comité d’Organisation au bord du précipice.
Aux errements de la candidature et aux questions en suspens est ainsi venu s’ajouter un chaos structurel important, avec une contestation vive de la façon dont Edgar Grospiron incarne le leadership, et une cascade de démissions enregistrées depuis décembre 2025, soit quelques mois à peine après l’installation du Comité d’Organisation.
Outre ces failles qui se creusent, le dossier des Alpes françaises s’illustre de surcroît par l’absence d’une carte des sites, même si un « schéma préférentiel » a été présenté à l’été 2025, et par un Programme des Sponsors vide du moindre partenaire à ce stade.
Ces derniers jours, les organisateurs se sont pourtant montrés optimistes devant la 145ème Session du CIO réunie à Milan peu avant la Cérémonie d’ouverture des JO 2026. Pas sûr néanmoins que l’institution olympique soit pour autant rassurée par l’état de santé du patient français.
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