Brisbane 2032 : Une action en justice contre le réaménagement du Victoria Park

Alors que les autorités du Queensland et de l’Australie ont acté l’installation du Stade Olympique des Jeux d’été de Brisbane 2032 – et possiblement aussi celle du Centre Aquatique Olympique – dans le secteur de Victoria Park, une association aborigène a décidé d’engager une action en justice contre le réaménagement planifié au sein de cet écrin paysager.

Visuel du Brisbane Olympic Stadium prévu au sein du secteur de Victoria Park à Brisbane, Queensland, Australie, dans l’optique des Jeux d’été de 2032 (Crédits – Queensland Government / Artist impression)

Le projet de Stade Olympique de Brisbane 2032 était et demeure encore aujourd’hui le principal défi des organisateurs des Jeux et des pouvoirs publics.

Si l’option initiale du Gabba Stadium a été abandonnée après moult tergiversations, l’option actuelle semble déjà être une possible impasse.

A l’issue de l’examen de 100 jours décidé plus tôt cette année pour revoir de bout en bout la cartographie des sites des JO 2032 et les chantiers prioritaires à conduire d’ici cette échéance, les autorités et le Comité d’Organisation ont sanctuarisé l’idée de bâtir un Stade Olympique de 63 000 places au cœur du Victoria Park.

Au risque de susciter de vives protestations.

Originairement dénommé Barrambin, cet ancien terrain de golf, situé entre les quartiers de Spring Hill et de Herston, inscrit sur la liste du Registre Patrimonial du Queensland en 2007 et reconverti en un vaste parc paysager en 2021, est en effet étroitement lié à la culture aborigène, en particulier auprès de la tribu Yagara.

Or, cette dernière s’inquiète aujourd’hui de la perspective de voir cet écrin impacté par la venue des Jeux Olympiques et Paralympiques à l’été 2032, avec l’édification prévue du Stade Olympique et peut-être aussi la construction du Centre Aquatique Olympique, ce qui aurait une incidence quant à la topographie de certains secteurs du parc.

Aussi, une action en justice va être engagée par la « Yagara Magandjin Aboriginal Corporation » (YMAC) contre ce projet constituant une pièce centrale – si ce n’est capitale – du dispositif des Jeux de Brisbane 2032.

Au-delà de cette action, la YMAC et d’autres associations comme « Save Victoria Park » souhaitent que le Victoria Park bénéficie d’une protection juridique et patrimoniale renforcée eu égard à l’histoire du site qu’elles considèrent comme étant menacé de dégradation ou de profanation.

Comme l’a d’ailleurs exposé Gaja Kerry Charlton, porte-parole de la YMAC, auprès du « Brisbane Times » :

L’annonce du projet de Stade Olympique par le Premier Ministre a été un choc total. [Le Gouvernement] avait dit que le parc serait protégé ; je pensais que cela été défini.

Désormais, le Gouvernement veut le détruire, [alors que] Barrambin est un espace vivant, possédant des liens sacrés, anciens et significatifs pour notre patrimoine culturel, [avec aussi] la présence d’arbres anciens et d’un écosystème important, et possiblement la présence de vestiges ancestraux.

L’inquiétude de la YMAC repose certes sur le projet de Stade Olympique en lui-même, mais sans doute plus encore sur la perception des mesures de simplification voulues par les autorités du Queensland pour lever les obstacles administratifs et législatifs en ce qui concerne l’aménagement du territoire.

Les amendements à la Loi Olympique et Paralympique pourraient de facto rendre caduque la lecture d’une quinzaine de lois spécifiques à l’urbanisme, sans compter la loi sur le patrimoine du Queensland et ce, même si la consultation des peuples aborigènes reste de mise quant aux grands projets territoriaux.

Ainsi que l’avait en ce sens précisé le Ministre du Queensland en charge des Sports et des Jeux :

Notre volonté de maximiser les bénéfices de l’héritage et de fournir des infrastructures générationnelles dans tout le Queensland s’appuie sur un partenariat solide avec les Collectivités locales et les communautés rurales et régionales.

Avec le plus important investissement en infrastructures de l’histoire du Queensland, il est essentiel que notre législation garantisse des modalités claires de mise en œuvre, assorties d’une supervision appropriée.

L’annonce de l’action en justice de YMAC intervient par ailleurs quelques jours après les propos tenus par le nouveau Directeur Général de l’Autorité Indépendante des Infrastructures et de Coordination des Jeux (GIICA) militant en faveur d’une accélération du calendrier pour le Stade Olympique.

Comme l’a récemment fait savoir Simon Crooks :

Il y a environ 300 000 mètres cubes de remblai, ce qui peut être réalisé rapidement et en amont.

Cela laisse du temps pour définir le Stade Olympique et, si des ajustements doivent être apportés, ils le seront lors des fouilles opérationnelles.

Mon point de vue est qu’il faut s’assurer de réaliser ces travaux le plus tôt possible afin d’éliminer les risques.

Vue du Victoria Park, Brisbane, Queensland, Australie (Crédits – Save Victoria Park)

En décidant en tout cas de positionner le Stade Olympique au sein du périmètre sensible de Victoria Park, les autorités ont pris sciemment le risque de devoir engager un bras de fer à l’issue incertaine.

Car outre l’issue de cette – première et sans doute pas dernière – action en justice se profile aussi le degré d’appréciation du projet dans une opinion publique dont le soutien à l’égard des JO 2032 s’est abaissé ces dernières années au gré des polémiques liées, notamment, au Gabba Stadium et au coût des Jeux.

Par conséquent, et même si les autorités se veulent déterminer à établir le Stade Olympique à Victoria Park, il n’est pas à écarter la possibilité de voir une reprise complète du dossier pour trouver un nouveau point de chute, avec dès lors le repêchage éventuel de l’une des alternatives écartées jusqu’alors.


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