Depuis la Maison-Blanche, et en présence du chef de file du Comité d’Organisation de Los Angeles 2028, Casey Wasserman, le Président des États-Unis, Donald Trump, a signé un Décret portant sur l’installation d’un Groupe de travail pour superviser les efforts fédéraux en vue de l’accueil des Jeux de 2028.

A moins de trois ans de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’été de Los Angeles 2028, une étape-clé a été franchie en ce mardi 05 juillet 2025.
De façon officielle, le Président des États-Unis s’engage en effet dans les préparatifs d’organisation de l’événement planétaire et ce, au moyen de l’instauration d’un Groupe de travail directement rattaché à la Maison-Blanche.
Au travers d’un Décret – signé ce jour en grande pompe en présence notamment du Président du Comité Olympique et Paralympique des États-Unis, et ancien Directeur Général de LA 2028, Gene Sykes – Donald Trump prévoit ainsi la coordination fédérale de ce qui constituera le plus grand événement organisé sur le sol américain.
Concrètement, ledit Décret énonce la création de la « White House Task Force on the 2028 Summer Olympics » composée de membres du Cabinet du Président américain, ainsi que de représentants d’agences gouvernementales.
Preuve de l’intérêt porté aux préparatifs d’accueil des Jeux de 2028, Donald Trump présidera ce Groupe de travail, tandis que le Vice-Président des États-Unis, J.D. Vance en sera le numéro deux. Un Directeur Exécutif – nommé ultérieurement par Donald Trump – gérera quant à lui les affaires courantes et autres opérations quotidiennes.
Comme l’a fait savoir la Présidence américaine au sortir de la conférence de presse conjointement tenue par Donald Trump et Casey Wasserman, Président du Comité d’Organisation des JO 2028 :
Le Groupe de travail coordonnera avec les partenaires fédéraux, étatiques et locaux la gestion de la sécurité, des transports, et des procédures d’entrée et de sortie du territoire.
Le Groupe de travail simplifiera le traitement des visas et des accréditations des athlètes, entraîneurs, officiels et médias étrangers.
Ce Décret souligne l’engagement du Président Trump à mettre en valeur la fierté, l’hospitalité et les opportunités économiques américaines grâce au tourisme sportif.
Pour preuve supplémentaire de l’importance accordé à la supervision des Jeux, le Groupe de travail sera également composé – dans l’ordre édicté à la lecture du Décret présidentiel – du Secrétaire d’État américain, du Secrétaire au Trésor, du Secrétaire à la Défense, du Procureur Général des États-Unis (équivalent d’un Ministre de la Justice), du Secrétaire au Commerce, du Secrétaire aux Transports, et du Secrétaire à la Sécurité intérieure.
Plusieurs Assistants du Président Trump siégeront aussi au sein de la task force, à savoir dans l’ordre toujours, le Chef de Cabinet, l’Assistant du Président pour les affaires de sécurité nationale, le Chef de Cabinet adjoint, le Chef de Cabinet adjoint pour la politique et Conseiller à la sécurité intérieure, le Chef de Cabinet adjoint pour les affaires législatives, politiques et publiques, le Chef de Cabinet adjoint pour les communications et Secrétaire du Cabinet, le Chef de Cabinet adjoint pour la mise en œuvre stratégique.
Le Groupe de travail verra en outre la venue du Directeur du FBI et du Président de la Commission Fédérale des Communications, ainsi que des Responsables des Départements, agences et autres bureaux fédéraux que le Président ou le Vice-Président pourrait être amené à convoquer à l’aune de l’ordre du jour des réunions à venir.
Nulle trace en revanche dans l’organigramme d’un quelconque représentant de Los Angeles ou de la Californie.
S’agissant avant tout d’une instance fédérale engagée dans la coordination de moyens fédéraux, cela n’est guère étonnant. Cependant, il aurait pu être envisageable d’inclure des personnalités locales et régionales et ce, afin de tenir compte des divers échelons de responsabilités dans l’optique des Jeux.
L’absence de leaders californiens peut toutefois s’expliquer par les tensions maximales entre le Président Trump et les deux figures Démocrates que sont la Maire de Los Angeles, Karen Bass, et le Gouverneur de Californie, Gavin Newsom.
Deux figures que le Président Républicain ne manque pas de cibler avec virulence, comme il a encore pu le démontrer lors de la conférence de presse de ce 05 août 2025 au cours de laquelle il a évoqué l’incompétence des deux élus. Auparavant, Donald Trump avait déjà pointé du doigt la gestion des dévastateurs incendies survenus à Los Angeles et dans sa région au début de l’année, tout comme il avait vertement attaqué les Démocrates au moment de déployer la Garde Nationale dans la « Cité des Anges » contre l’avis de Karen Bass et Gavin Newsom.
Un rapport de force qui n’est en revanche pas à l’ordre du jour entre Donald Trump et Casey Wasserman, pourtant réputé proche de la sphère politique Démocrate. En fin connaisseur de la politique américaine et de surcroît en sa qualité d’homme d’affaires avisé, le patron de LA 2028 a toujours su manœuvrer avec habileté pour préserver le Comité de Candidature, puis le Comité d’Organisation, de toutes interférences partisanes.
La venue à la Maison Blanche de Casey Wasserman a d’ailleurs illustré cette entente avec l’Administration Trump et la volonté de poursuivre la coopération jusqu’à la livraison effective des Jeux.
A ce titre, le Groupe de travail institué cette semaine entamera sa mission dans les meilleurs délais et jusqu’au 31 décembre 2028, et sera hébergé au sein du Département à la Sécurité intérieure et financé par ce dernier.
Des rapports des responsables d’agences gouvernementales seront d’ailleurs présentés d’ici le 1er octobre 2025 au futur Directeur Exécutif de la task force et ce, afin d’identifier les activités et missions desdites agences en lien avec les Jeux de LA 2028.
Au cours du rendez-vous au sommet orchestré ce mardi, le Président des États-Unis – qui s’est vu remettre des mains de Casey Wasserman un trio de médailles d’or, d’argent et de bronze des Jeux de Los Angeles 1984 – a notamment insisté sur le potentiel économique de la venue des Jeux en 2028 ; les premiers depuis Salt Lake City 2002 et, dans leur configuration estivale, les tout premiers depuis Atlanta 1996.
Selon les projections effectuées jusqu’à présent, les Jeux de LA 2028 pourraient de facto générer jusqu’à 18 milliards de dollars d’activité économique à l’échelle du pays, impactant en particulier les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, ainsi que le domaine des infrastructures, sachant que plus de 15 millions de visiteurs sont attendus in situ en 2028.
Les Jeux pourraient en outre représenter un gain de 90 000 emplois équivalents temps plein, et générer quelques 700 millions de dollars de recettes fiscales auprès des territoires appelés à recevoir les épreuves olympiques et paralympiques.
Eu égard à cet afflux éventuel de visiteurs et en considérant les données économiques aujourd’hui envisagées, l’Administration Trump compte bien dès lors mettre en mouvement un soutien présidentiel qui a déjà été maintes fois évoqué par LA 2028, que ce soit lors de la phase de candidature aux Jeux ou durant le premier mandat de l’élu Républicain.
Comme l’a d’ailleurs précisé la Présidence américaine :
Il est impératif que les États-Unis prennent les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité de tous les athlètes et spectateurs, afin de tirer pleinement parti des retombées économiques potentielles de cet événement. […]
Le Président Trump a joué un rôle déterminant dans l’obtention des Jeux de 2028 à Los Angeles, une étape importante qu’il supervisera désormais.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de son programme économique plus large, visant à attirer les investisseurs étrangers et à renforcer la position de l’Amérique comme destination de choix pour le sport et le tourisme.
Au-delà de l’installation du Groupe de travail précité, il est à noter que l’Administration Trump contribuera aussi financièrement au support des préparatifs.
Avec l’adoption récente par le Congrès américain du One Big Beautiful Bill Act – littéralement la Grande et Belle Loi voulue par Donald Trump – une enveloppe budgétaire d’un milliard de dollars va en effet être allouée à la planification et à la sécurité des Jeux de LA 2028.
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Bonjour Kevin,
Oui il est normal que l’état fédéral s’implique dans l’organisation des JO. Mais est-il habituel de mettre en place un tel comité comprenant tout l’organigramme de la Maison Blanche ? Est-il normal de faire une telle mise en scène pour la simple création d’un groupe de travail ?
Et d’après la dépêche AFP, Casey Wasserman a proposé à Trump de porter la flamme olympique, ce qui serait contre les règles du CIO. Comment le CIO va-t-il réagir ?
Bonsoir Thibault,
Effectivement, il est normal que l’État Fédéral américain s’engage dans les préparatifs. Un tel Groupe de travail a déjà été instauré en prévision des JO 1984 d’ailleurs.
Dans le cas présent, il y a la médiatisation et le cérémonial souhaités par Donald Trump comme à son habitude. C’est aussi une façon pour lui de s’affirmer avec force dans les préparatifs face aux deux leaders démocrates que sont Karen Bass pour Los Angeles et Gavin Newsom pour la Californie – ce dernier étant d’ailleurs régulièrement cité comme possible postulants à l’investiture de son parti pour la Présidentielle de 2028.
Il ne faut pas oublier non plus que Donald Trump est un homme d’image et que l’attrait des Jeux pourrait lui être profitable, ce qu’il souhaite en tous cas.
Concernant l’attitude de Casey Wasserman, certains ont critiqué sa présence à la Maison-Blanche. Il est toutefois approprié qu’il soit présent lors de ce genre de rendez-vous. Surtout, et à l’instar d’autres Comités d’Organisation, LA 2028 se doit de travailler en bonne relation avec l’ensemble des parties prenantes. On voit à ce titre toute la prudence de LA 2028, déjà avant le premier mandat de Trump, au moment de son élection, et depuis. Mais sur le point spécifique de la flamme olympique, il est en effet prévu que les élus en exercice ne puissent la porter, tout comme les représentants religieux. Sauf si bien sûr elle reste éteinte.
Affaire à suivre, je ne manquerai pas de revenir sur ce sujet !
Bonjour Kevin,
Merci pour votre analyse que je partage. Tout est image et politique avec Trump et ça va être sport pour LA28 de naviguer au milieu. Évidemment Casey Wasserman devait être présent et l’équilibre est délicat. Il donne l’impression de vouloir absolument s’attirer les bonnes grâces de Donald Trump, ce qu’on peut comprendre 😀.
C’est là qu’on voit l’incroyable travail de Tony Estanguet sur Paris 2024, qui a su incarner le projet, impliquer les politiques tout en gardant une distance avec eux.
A suivre donc !
Bonjour Thibault,
Oui, c’est le propre des candidatures et des préparatifs d’organisation des Jeux. Il faut continuellement être en bon rapport avec les divers interlocuteurs et notamment lorsqu’il y a alternance politique.
Paris 2024 l’a vécu de façon certes moins spectaculaire, entre François Hollande puis Emmanuel Macron, ou pour la Région Île-de-France, entre Jean-Paul Huchon et Valérie Pécresse.
Pour Casey Wasserman, on est en présence d’un homme d’affaires expérimenté ce qui finalement parle à Donald Trump et ce, même si Wasserman est un proche des élus démocrates. Il est assez subtile.