Si la course aux Jeux de 2036 tourne principalement autour de l’Asie, l’échéance de 2040 semble davantage être à la portée de l’Europe, où plusieurs villes et pays ont d’ores et déjà fait part d’un intérêt capital pour l’accueil de l’événement.

Tandis que le Comité International Olympique (CIO) s’est récemment choisi un nouveau leader, en la personne de Kirsty Coventry qui succédera à Thomas Bach, le 23 juin prochain, s’installant de facto comme la toute première femme à présider l’institution, aucune date n’est pour l’heure arrêtée concernant l’attribution des éditions estivales des Jeux de 2036 et 2040.
La probabilité d’une double attribution est cependant forte et ce, sur le modèle de 2024-2028, ou plus récemment sur le schéma adopté pour 2030-2034.
Mais alors que ces quatre éditions successives ont été respectivement confiées à Paris (France), à Los Angeles (Californie, États-Unis), aux Alpes françaises et à Salt Lake City – Utah (États-Unis) en raison principalement d’une désaffection des prétendants, les deux prochains rendez-vous estivaux non-encore attribués suscitent à ce stade un intérêt certain, démontrant une attractivité retrouvée pour l’organisation du plus grand événement sportif au monde.
Aussi, avec un nombre de candidatures – officielles et officieuses – à deux chiffres pour les futures éditions des Jeux d’été, et en tenant compte de l’attribution effective des JO 2032 à Brisbane (Queensland, Australie), ainsi que de l’évolution possible du processus de sélection adopté ces dernières années, le CIO se laisse aujourd’hui le temps de la réflexion.
Il n’empêche, en considérant bien sûr l’intérêt exprimé par le Chili, mais encore l’Égypte ou l’Afrique du Sud, les échéances de 2036 et 2040 sont pour l’heure surtout disputées entre deux blocs continentaux que sont l’Asie et l’Europe.
Avec les prétentions de la Corée du Sud, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Turquie, du Qatar, et possiblement de l’Arabie saoudite, et de la Chine dans une alliance inédite avec Hong-Kong et Macao, l’Asie s’affirme clairement comme une destination de choix pour 2036.
Reste à savoir la position qui sera celle du CIO souvent désireux de partir à la découverte de nouveaux marchés sportifs et commerciaux. En cela, certains des postulants précités pourraient parvenir à tirer leur épingle du jeu olympique au cours des mois et années qui viennent.
Pour le « Vieux Continent », les candidatures se déploient également, mais à un rythme moins soutenu et selon une vision plus prudente.
De fait, souhaitant à l’évidence miser sur la vague d’enthousiasme soulevée par les Jeux de Paris 2024, les candidates européennes regardent aussi le calendrier passé et à venir, avec ces quinze dernières années – éditions estivales et hivernales confondues – cinq rendez-vous orchestrés ou planifiés en Europe (Londres 2012, Sotchi 2014, Paris 2024, Milan-Cortina 2026, Alpes françaises 2030), soit deux de plus que l’Asie (PyeongChang 2018, Tokyo 2020, Pékin 2022) et que l’Amérique du Nord (Vancouver 2010, Los Angeles 2028, Salt Lake City – Utah 2034) et même quatre de plus que l’Amérique du Sud (Rio 2016) et que l’Océanie (Brisbane 2032).
Ce considérant n’a toutefois pas empêché la Hongrie d’exprimer un intérêt avec une possible nouvelle candidature de Budapest, tout comme du côté de l’Allemagne où au moins quatre villes et territoires sont aujourd’hui en lice pour la sélection interne (Berlin, Hambourg, Munich, Région métropolitaine Rhin-Ruhr). Le Royaume-Uni est également un postulant crédible avec l’ambition affirmée et réaffirmée de Londres, tandis que la Pologne cherche pour sa part à faire fructifier les bénéfices des Jeux Européens 2023 organisés sur son sol.
Ailleurs sur le continent, certains sont montés au créneau pour défendre les prétentions de l’Italie avec une candidature autour de Florence et de la Toscane, ou encore de l’Espagne avec sur place les ambitions rivales de Madrid et de Barcelone, cette dernière étant la seule cité ibérique auréolée des anneaux olympiques (1992).
Sur cette base, le Commissaire Européen à l’Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et aux Sports, a récemment plaidé en faveur d’une candidature susceptible d’assurer le retour des Jeux Olympiques et Paralympiques en Europe, et plus spécifiquement dans le périmètre territorial de l’Union Européenne.
Ainsi que l’a déclaré Glenn Micallef auprès du site « POLITICO » en se remémorant les images du drapeau européen projeté sur la Tour Eiffel au soir de la Cérémonie d’ouverture des JO 2024 :
Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont prouvé qu’un tel spectacle peut être à la fois économiquement viable et promouvoir des valeurs communes et la durabilité.
Et voir l’Union Européenne visiblement présente pour la première fois a été formidable.
Ce propos devrait à n’en pas douter conforter les candidates actuelles et potentiellement encourager d’autres postulantes à se positionner sur la ligne de départ.
La sortie de Glenn Micallef pourrait aussi relancer – mais avec un impact moins évident à identifier – l’idée d’une candidature pouvant associer plusieurs pays et ce, dans une dynamique visant à consolider les valeurs et idéaux de l’Union Européenne.
Bien que les règles relatives à l’organisation des Jeux se sont assouplies ces dernières années, notamment pour faciliter la tenue de l’événement entre plusieurs échelons locaux ou régionaux, la perspective d’une candidature multi-pays semble en revanche difficilement réalisable, eu égard à la complexité d’organisation des JO.
En savoir plus sur Sport & Société
Subscribe to get the latest posts sent to your email.