Après avoir acté le principe d’une candidature à l’organisation d’une prochaine édition des Jeux d’été, la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) précise aujourd’hui les contours du processus décisionnel, sachant que quatre villes et régions ont fait part d’un intérêt pour incarner le futur projet.

De façon minutieuse, le DOSB entend se donner les moyens de choisir un prétendant susceptible d’être en capacité d’obtenir – enfin – l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques et ce, après plusieurs candidatures infructueuses et échecs référendaires, la dernière édition des Jeux conduite en Allemagne remontant à Munich 1972.
De fait, l’instance olympique d’Outre-Rhin a élaboré une feuille de route au cours des deux dernières années pour discuter de l’opportunité de soumettre un nouveau projet à l’appréciation du Comité International Olympique (CIO) et, en arrière plan, aux Fédérations Internationales.
De premières discussions ont ainsi pu être menées avec des territoires désireux de prétendre à l’accueil du plus grand événement sportif au monde.
Une prise de température qui s’est aussi matérialisée par un rapprochement avec les autorités fédérales qui, malgré le bouleversement électoral survenu plus tôt cette année, demeurent pleinement en soutien d’une future candidature allemande qui succéderait à l’ambition avortée de Hambourg 2024, dernière tentative en date.
Le DOSB a d’ailleurs salué l’engagement de la nouvelle coalition au pouvoir sur le sujet, avec de surcroît la satisfaction autour de l’installation d’un Ministère des Sports rattaché à la Chancellerie.
Ainsi que l’a fait savoir l’instance allemande dans un communiqué publié le 10 avril 2025 :
Nous nous félicitons de l’appui politique en faveur d’une candidature et d’un engagement convaincant en faveur de l’autonomie du sport.
Une candidature et la mise en place des Jeux Olympiques et Paralympiques sont destinées à servir de force motrice pour un changement social vers une activité sportive plus poussée dans tout le pays – dans les clubs, dans les écoles et dans la vie quotidienne.
L’appui express des membres de la coalition à ce projet doit désormais être consolidé dans les budgets.
Aujourd’hui, le DOSB entend poursuivre sa marche en avant avec détermination et pragmatisme, en établissant un calendrier décisionnel en trois étapes successives pour in fine choisir la candidate allemande pour les Jeux de 2036, de 2040 ou de 2044.
Dans un premier temps, les quatre villes et régions ayant exprimé avec force un intérêt pour la candidature olympique et paralympique vont devoir présenter au DOSB des documents préliminaires révélant les grands axes de leur concept respectif, tenant notamment à l’agencement des sites sportifs et du ou des Villages destinés à l’hébergement des athlètes.
Berlin, Hambourg, Munich et la région métropolitaine Rhin-Ruhr, située au cœur du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui fut un temps prétendant pour les JO 2032, sont sur les rangs pour répondre à cette étape-clé d’ici la fin du mois de mai 2025.
Une fois les dossiers préliminaires déposés, le DOSB les examinera et évaluera les forces et faiblesses de chacun jusqu’à la fin du mois de septembre, se laissant alors quelques semaines pour exposer les résultats de cette étude lors de la prochaine Assemblée Générale de l’instance prévue pour le 06 décembre 2025 à Francfort.
L’annonce de la candidature retenue n’interviendra toutefois pas à ce moment là, sauf coup de théâtre dans le processus.
En effet, dans un deuxième temps, les postulants auront la possibilité d’orchestrer sur leur territoire une consultation populaire sous la forme d’un référendum d’ici la fin du mois de juin 2026.
Véritable hantise de toute candidature – particulièrement en Allemagne, mais aussi en Suisse ou au Canada où la pratique est régulière lorsqu’il s’agit de présenter un tel projet d’envergure internationale – le passage référendaire pourrait éliminer certains prétendants de la course, voire possiblement l’intégralité si d’aventure les quatre candidates désirent se soumettre à l’approbation populaire.
Comme l’a cependant énoncé le DOSB :
Bien qu’un vote positif ne soit pas formellement une condition préalable pour le CIO, et n’est donc pas un prérequis pour le DOSB, l’instance respecte le choix d’une autorité locale si celle-ci souhaite ou doit mener à bien une telle procédure pour valider sa candidature.
Une manière pour le DOSB de confirmer qu’il respectera le résultat des urnes, comme il l’a d’ailleurs fait ces dernières années, après les échecs référendaires de Munich 2022, puis de Hambourg 2024.
Dans un troisième temps enfin, le DOSB choisira officiellement le projet olympique et paralympique sur la base d’un examen approfondi des concepts respectifs et ce, en coopération avec le gouvernement fédéral qui aura immanquablement son mot à dire eu égard au soutien politique, institutionnel, budgétaire et sécuritaire qu’il devra in fine consentir le cas échéant.
La décision du DOSB est pour l’heure prévue d’ici l’automne 2026.
Si l’échelonnement tel qu’exposé ne devrait pas diverger dans sa structuration en trois phases, les échéances posées pourraient être impactées par les orientations qui seront prises à l’initiative de la nouvelle Présidente du CIO, Kirsty Coventry, dont l’installation officielle est prévue pour le 23 juin prochain.
Jusqu’alors, il apparaissait plutôt clair que le CIO ne déciderait pas du choix du Futur Hôte pour les JO 2036 avant au mieux 2026 ou 2027, en considérant bien sûr la marge de manœuvre conséquente et le fait que les deux prochains Hôtes sont d’ores et déjà sécurisés, à savoir Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.
Toutefois, une refonte de la procédure actuelle mise en place sous la présidence de Thomas Bach – avec le dialogue continu et le dialogue ciblé en confiance avec les candidates – pourrait rebattre les cartes et conduire à une prise de décision accélérée ou non.
Dans cette perspective, le DOSB et l’ensemble des territoires aujourd’hui intéressés par la course à une future édition des Jeux d’été devraient inévitablement réviser leur stratégie propre pour tenter de rafler la mise au bon moment et s’éviter de facto une déconvenue comme les déçus de 2032 ont pu le vivre avec la sélection rapidement engagée de Brisbane et du Queensland (Australie).
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