Alpes françaises 2030 : Le CIO vante la capacité des organisateurs à relever le défi

En choisissant le dossier des Alpes françaises 2030, le Comité International Olympique (CIO) entend poursuivre une relation de confiance établie avec les autorités tricolores dans le cadre des préparatifs d’organisation des Jeux d’été de Paris 2024. Des préparatifs qui devraient d’ailleurs pouvoir servir d’inspiration aux porteurs d’un projet dont la livraison est attendue dans moins de six ans dans le massif alpin.

De gauche à droite, Marie-Amélie Le Fur, Président du Comité Paralympique et Sport Français ; Marie Bochet, octuple Championne paralympique de para-ski alpin ; David Lappartient, Président du Comité National Olympique et Sportif Français ; Emmanuel Macron, Président de la République française ; Thomas Bach, Président du CIO ; Laurent Wauquiez, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ; Amélie Oudéa-Castéra, Ministre démissionnaire des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques ; Martin Fourcade, quintuple Champion olympique de biathlon et membre du CIO ; et Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, mercredi 24 juillet 2024 lors de la 142e Session du CIO à Paris (Crédits – CNOSF)

Ce mercredi 24 juillet 2024, alors que Paris et la France s’apprêtent à célébrer dans deux jours l’ouverture des Jeux d’été 2024, cent ans après la dernière édition orchestrée dans l’Hexagone, les Alpes françaises se sont vues confier – sous conditions – l’organisation des Jeux d’hiver de 2030.

Un événement qui sera le premier du genre dans le pays depuis les Jeux d’Albertville 1992.

Comme un clin d’œil et en guise de félicitations adressées par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, les mascottes – les désormais célèbres Phryges – se sont déjà positionnées en configuration hivernale.

Il faut dire que l’attribution des Jeux, même si elle reste conditionnée à la fourniture prochaine des garanties financières et institutionnelles, ne faisait guère de doute depuis la fin novembre 2023 et l’entrée des seules Alpes françaises dans la phase de dialogue ciblé avec les instances olympiques pour l’échéance 2030, le CIO faisant parallèlement le choix de Salt Lake City (Utah, États-Unis) dans l’optique des JO 2034.

Tout n’a cependant pas été facile pour une candidature actée et engagée au plus haut sommet de l’État à la mi-juillet 2023 pour une formalisation du concept en novembre de la même année. Avant même la question des garanties, des remous se sont ainsi présentés devant les porteurs de la candidature au sujet des sites à intégrer dans le dispositif de Jeux pensés à cheval sur les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur avec l’implication forte des autorités locales.

Il n’empêche, en dépit des questions en suspens, le CIO croit farouchement en la capacité de la France à relever le challenge d’accueillir les Jeux d’hiver moins de six ans après les Jeux d’été de 2024 et trente-huit années après l’édition d’Albertville 1992 dont l’héritage a été un marqueur de la candidature.

Comme l’a d’ailleurs évoqué le Président de la Commission de Futur Hôte lors de sa présentation devant les membres de la 142e Session, dans la matinée de ce mercredi 24 juillet :

Le projet des Alpes françaises 2030 est très solide et bénéficie d’un fort soutien public et politique, d’une capacité avérée à organiser des compétitions sportives de haut niveau, d’excellents sites et de possibilités de tirer parti des connaissances et de l’expérience acquises par la France qui accueille les Jeux de Paris 2024.

Au cours de notre visite, la Commission a eu le sentiment que l’héritage d’Albertville 1992 continue de profiter encore aujourd’hui à la population locale.

Les Alpes françaises 2030 ont pour ambition d’organiser des Jeux responsables et durables, ouverts à tous. Cette ambition nous est apparue très clairement lors de nos rencontres avec les athlètes, les dirigeants sportifs et les pouvoirs publics.

Les Alpes françaises 2030 disposent de tous les éléments nécessaires à l’organisation de Jeux réussis.

Ce satisfecit du leader de l’organe chargé d’inspecter et de jauger les candidatures aux Jeux d’hiver depuis la disparition de la Commission d’évaluation des Villes Candidates et l’instauration de la Commission de Futur Hôte, a en outre été complété par le propos du Président du CIO qui a notamment apprécié l’implication personnelle du Chef de l’État français dans la candidature.

Ainsi que l’a fait savoir Thomas Bach :

Le Président Macron et toutes les parties prenantes des Alpes françaises 2030 ont réitéré aujourd’hui leur plein engagement en faveur des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030.

La France a toute notre confiance pour organiser une édition exceptionnelle des Jeux Olympiques d’hiver, en faisant preuve de la même créativité, de la même imagination et de la même intuition que celles que nous observons actuellement à Paris 2024.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, aux côtés du Président du Comité International Olympique, Thomas Bach, lors de la Cérémonie d’ouverture de la 142e Session du CIO, lundi 22 juillet 2024 depuis la Fondation Louis Vuitton à Paris, 16e arrondissement (Crédits – IOC / Greg Martin)

Le désir du CIO de voir perdurer la magie parisienne pourrait néanmoins être contrecarré par le souhait des Présidents des deux Régions associées à l’événement de garder une emprise certaine sur les préparatifs et en particulier sur la gouvernance du futur Comité d’Organisation (COJO).

Alors que Paris 2024 s’était constitué au travers d’un binôme dans le cadre de la phase de candidature, avec aux manettes, Bernard Lapasset et Tony Estanguet, deux anciens sportifs, l’un de surcroît Président d’une Fédération Internationale (IRB, devenu depuis World Rugby), l’autre triple Champion olympique de canoë-kayak, Laurent Wauquiez et Renaud Muselier entendent en effet conserver la main sur les destinées du projet alpin pour 2030.

Il n’est dès lors pas acquis que le modèle de gouvernance développé par Paris 2024 soit repris par les Alpes françaises 2030, tout comme il n’est pas certain qu’un leader issu du Mouvement sportif soit installé à la présidence du futur COJO comme c’est aujourd’hui le cas avec Tony Estanguet.

Il faudra par ailleurs veiller à ce que les Alpes françaises 2030 ne souffrent pas des possibles ambitions nationales des Présidents des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, l’approche de l’élection présidentielle de 2027 pouvant aiguiser certains appétits. Il faudra aussi que le dossier conserve autant que possible l’équilibre territorial recherché pour satisfaire les quatre entités départementales et les deux instances régionales mobilisées.

Enfin, il sera intéressant ces prochaines années de suivre la mise en œuvre d’un récit et d’une philosophie autour du concept des Alpes françaises pour 2030, la dimension politique ayant quelque peu masqué le développement d’un supplément d’âme pour le projet, même si les porteurs de la candidature ont glissé quelques pistes comme la volonté de proposer un nouveau modèle de Jeux d’hiver plus sobres et respectueux de l’environnement dans le but de créer les contours de la montagne de demain.

Pour le Président de la République en tout cas, les Alpes françaises 2030 sauront être au rendez-vous de l’histoire.

Comme l’a exposé Emmanuel Macron qui a conduit la délégation tricolore devant le CIO :

La France repousse les limites de l’excellence à chaque fois qu’elle organise un événement sportif.

Nous croyons en l’avenir de nos montagnes et c’est une nécessité d’accompagner leur modèle de demain : une montagne sous le signe de l’innovation, ambitieuse, soucieuse des enjeux écologiques, accessible à tous.

Je vous réaffirme ici ce matin l’engagement complet de l’État français pour l’organisation de ces Jeux.

Paris 2024 sera un succès, et il en sera de même pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver en 2030.

Les Phryges, mascottes de Paris 2024, prêtent pour les Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 (Crédits – Paris 2024)


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