JO 2030-2034 : Les candidatures à l’heure du dialogue ciblé avec le CIO

Invitées la semaine dernière à prendre part au dialogue ciblé avec le Comité International Olympique (CIO) en vue de l’attribution des Jeux d’hiver de 2030 et de 2034, les Alpes françaises et Salt Lake City (Utah, États-Unis) vont désormais devoir affiner leur projet respectif d’ici la fin du premier trimestre 2024.

Vue de la Maison Olympique à Lausanne, avec au loin, le Lac Léman et les Alpes (Crédits – IOC / Adam Mork)

Programmée du 22 au 24 juillet 2024, la Session du CIO aura à désigner formellement les Hôtes des Jeux de 2030 et de 2034.

Suivant le principe de double attribution déjà engagée lors de l’élection des Villes Hôtes des JO 2024-2028 en septembre 2017, ladite Session actera à ce moment-là le choix des Alpes françaises pour l’édition hivernale de 2030 et celui de Salt Lake City pour l’échéance de 2034.

Avant cela néanmoins, les deux candidatures vont devoir finaliser leur projet et obtenir l’ensemble des garanties nécessaires de la part des autorités publiques. En sus, elles devront également préfigurer ce qui deviendra in fine un Comité d’Organisation des Jeux.

Sur ces différents éléments, force est de constater que la candidature américaine a d’ores et déjà pris une longueur d’avance quant à la structuration de son projet quasiment livré « clé en main ».

Vue de la vasque des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002 (Crédits – Rice-Eccles Stadium / University of Utah)

De fait, à l’aune d’un projet travaillé tout au long de la décennie passée, la Ville Hôte des JO 2002 s’est avancée auprès du CIO en ayant de très solides arguments et un projet savamment orchestré pour assurer le retour des Jeux d’hiver aux États-Unis et, de surcroît, le maintien d’une fibre olympique et paralympique élevée, six ans seulement après la tenue des Jeux d’été de Los Angeles 2028.

Pour preuve, Salt Lake City peut compter sur un appui populaire sans commune mesure.

A en croire le sondage commandé par la Commission de Futur Hôte du CIO et réalisé en septembre 2023 par « Publicis Sport & Entertainment Opinion Poll », pas moins de 80% des habitants de Salt Lake City soutiennent ainsi la venue des Jeux d’hiver, plus de vingt années après l’accueil des JO 2002, seuls 5% exprimant un avis opposé et 14% ayant une opinion indécise à l’heure actuelle. Au niveau du pays tout entier, le taux d’adhésion à la perspective d’abriter une fois de plus une édition des Jeux s’élève à 75%, tandis que 4% des sondés déclarent leur opposition à une telle entreprise, 18% étant quant à eux indécis.

Le projet bénéficie en outre d’un fort soutien institutionnel qui s’est illustré de la Ville jusqu’au gouvernement fédéral en passant par l’État de l’Utah. L’audition, cet été, des porteurs de la candidature devant la Législature de l’État de l’Utah avait d’ailleurs permis de relever ce soutien tous azimuts des institutions qui a jusqu’alors constitué un pilier fondamental de la candidature et un argument conséquent pour convaincre le CIO.

A ce stade, toutes les garanties requises ont déjà été sécurisées, les différentes strates administratives ayant préalablement témoigné de leur appui respectif au travers de lettres d’engagement transmises à l’institution olympique dans le cadre de la présentation du projet, le 21 novembre dernier.

Au-delà des soutiens et des garanties, le projet de Salt Lake City prévoit un financement des Jeux à 100% sur la base de fonds privés. Pour permettre l’organisation de l’événement planétaire, les artisans de la candidature ont estimé le budget à quelques 2,45 milliards de dollars (valeur 2030), soit 2,27 milliards d’euros, incluant une réserve pour aléas et portant sur une projection de revenus issus du Programme des Sponsors de l’ordre de 765 millions de dollars (709,46 millions d’euros).

L’évaluation budgétaire devrait toutefois être rehaussée en tenant compte du fait que Salt Lake City est désormais exclusivement positionnée sur l’édition 2034.

De gauche à droite, Spencer Cox, Gouverneur de l’État de l’Utah ; Fraser Bullock, Directeur Général du Comité de Candidature SLC-Utah ; Erin Mendenhall, Maire de Salt Lake City ; et Sarah Hirshland, Directrice Générale du Comité Olympique et Paralympique des États-Unis, vendredi 1er décembre 2023 (Crédits – Governor Spencer Cox / Page officielle X, ex-Twitter)

Concernant cette fois les sites attendus pour les compétitions, la Ville Hôte des Jeux de 2002 mise grandement sur l’héritage, avec pas moins de 100% de sites existants ou temporaires et une compacité permettant le déroulement des Jeux dans des arènes et sur des pistes dans un rayon d’une heure autour du principal Village des Athlètes.

Sur le modèle de ce que compte produire LA 2028 avec le campus de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), Salt Lake City entend s’appuyer sur le campus de l’Université de l’Utah pour héberger les compétiteurs et leurs accompagnateurs le temps des Jeux. Un espace secondaire pourrait être aménagé près du Soldier Hollow Nordic Center et ce, pour plus de confort vis-à-vis des athlètes concernés par les épreuves projetées sur ce site pour le biathlon.

Dans le détail – pour ce qui est commenté par la Commission de Futur Hôte du CIO comme la perspective d’une expérience exceptionnelle pour les athlètes – 13 sites seraient nécessaires à l’accueil des Jeux, sachant que 12 d’entre eux sont existants et 1 site serait temporaire.

Sur les installations déjà opérationnelles où des aménagements mineurs sont à envisager, une seule devrait subir des travaux permanents, autrement dit, une mise à niveau d’envergure.

Cartographie des sites prévus par Salt Lake City pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2034 (Crédits – Étude de faisabilité du CIO)

La répartition des sites selon le masterplan se fonde sur trois clusters, à savoir le Salt Lake City cluster, le Ogden cluster et le Mountain cluster. La Peaks Ice Arena constitue quant à elle un site adjacent non délimité dans l’un des pôles.

Pour le premier cluster, l’empreinte de l’héritage des JO 2002 se fait particulièrement présente.

De fait, l’Olympic Medals Plaza – soit la Place des Médailles de l’époque – serait utilisée pour la célébration des épreuves en configuration Big Air de ski freestyle et de snowboard, offrant ici une capacité d’accueil de 30 000 spectateurs avec une vue panoramique sur les montagnes alentours.

Mobilisée elle-aussi lors des précédents Jeux organisés à Salt Lake City, la Vivint Arena accueillera à nouveau les épreuves de patinage artistique et de patinage de vitesse sur piste courte (short-track). Construite au début de la décennie 1990, puis rénovée en 2017, l’enceinte propose une jauge de 15 000 places.

Sur une base similaire, l’Utah Olympic Oval accueillera en toute logique les compétitions de patinage de vitesse. Édifié en 2001 dans l’optique des JO 2002, l’édifice peut recevoir jusqu’à 7 000 personnes par session grâce à l’ajout de 3 000 places temporaires.

Le Maverik Center sera quant à lui à nouveau sollicité pour abriter une partie du tournoi de hockey-sur-glace. Aménagé en 1997, avec aujourd’hui une mise à niveau envisagée au niveau du système acoustique notamment, l’enceinte dispose d’une capacité de 10 000 places.

Dans cette même volonté d’inclure des sites exclusivement existants, Salt Lake City prévoit la tenue des Cérémonies d’ouverture et de clôture au sein du Rice-Eccles Stadium, où des travaux de rénovation devraient être entrepris d’ici 2026, et la mise en place du Centre des Médias au cœur du Salt Palace Convention Center sur 63 000 m² situé à proximité de l’Olympic Medals Plaza des JO 2002.

Pour le second cluster, deux sites ont été identifiés, à savoir le Weber County Sports Complex et le Snowbasin Resort.

Déjà hôte des épreuves de curling en 2002, le Weber County Sports Complex de 11 000 places, dont 7 400 temporaires, devrait une fois de plus être mobilisé en 2034. Concernant le Snowbasin Resort, l’accueil des épreuves de ski alpin y est projeté, le site pouvant recevoir jusqu’à 19 000 spectateurs par session.

Pour le troisième cluster, un contingent de six sites disposé sur quatre zones est ici avancé.

Ainsi, à l’image des JO 2002, les épreuves de saut à ski sont annoncées dans le secteur du Utah Olympic Park, sachant qu’un remplacement des tremplins est prévu pour 2026. Il en est de même pour le bobsleigh, la luge et le skeleton qui retrouveront le site construit en 1997 et pour lequel une mise à niveau a été planifiée pour partie cette année.

Les compétitions de snowboard, de ski freestyle (slalom) ainsi que de snowboard cross et de ski cross sont susceptibles d’être implantées sur le même secteur, sur un autre versant du Parc Olympique.

Gérés par la Utah Olympic Legacy Foundation, ces sites sites offrent une jauge conséquente de 18 000 places pour le premier et 15 000 places pour le second, le site de snowboard / ski freestyle devant encore être parfaitement agencé pour l’occasion.

Du côté du Park City Mountain, les compétitions de snowboard (sauts, slopestyle / halfpipe) et de ski freestyle (sauts, slopestyle / halfpipe) sont prévues sur un site existant disposant d’une capacité de 16 000 places, tandis que les épreuves de bosses sont attendues sur Deer Valley Resort (10 000 places).

Régulièrement utilisé dans le cadre de manifestations internationales, le Soldier Hollow Nordic Center (15 000 places) sera quant à lui sollicité en 2034 pour le biathlon, le ski de fond et le combiné nordique – ce dernier se partageant avec les tremplins précités.

Pour parfaire ce dispositif très complet, la Peaks Ice Arena (10 000 places) précédemment évoquée abriterait une partie du tournoi de hockey-sur-glace, comme ce fut le cas en 2002.

(Credits – Utah Olympic Legacy Foundation)

A maintes reprises, porteurs de la candidature et représentants du Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC) ont fait de Salt Lake City un partenaire de premier ordre pour le CIO, estimant en particulier que le projet pouvait tout autant satisfaire l’institution de Lausanne (Suisse) pour 2030 ou pour 2034.

A l’évidence, bien que le doute n’était pas permis, Salt Lake City peut déjà reprendre le flambeau des Jeux et travailler de facto à l’accueil de ces derniers dans les meilleures conditions possibles.

Les prochaines étapes devraient donc être franchies sans encombre.

L’Utah n’a en tout cas pas tardé à célébrer la venue prochaine des Jeux, une cérémonie de rallumage de la vasque des JO 2002 ayant ainsi été opérée ce vendredi 1er décembre en présence d’habitants, mais également d’athlètes et de nombreux représentants des parties prenantes institutionnelles, parmi lesquels le Gouverneur de l’Utah, Spencer Cox, et la Maire de Salt Lake City, Erin Mendenhall.

Ces derniers devraient continuer de jouer un rôle, en particulier lorsque la fondation du Comité d’Organisation sera opérée. A ce stade, la candidature repose sur un Comité comprenant des athlètes, des représentants institutionnels, de même que des figures des JO 2002 comme Fraser Bullock, Directeur Général.

(Crédits – CNOSF)

Du côté de la candidature française pour les JO 2030, le dossier soumis à l’appréciation de la Commission de Futur Hôte dispose lui-aussi d’arguments convaincants, même si certains points doivent encore être précisés, que ce soit en matière de financement ou au sujet de quelques sites.

La préparation des Alpes françaises – une candidature officialisée tardivement à la mi-juillet 2023 – explique sans nul doute les points en suspens. En ce sens, les semaines et mois à venir devront être sérieusement mis à profit par les porteurs du projet afin de livrer in fine une copie optimale pour le CIO.

Signe que des ajustements sont et seront orchestrés, l’institution a déjà émis des réserves en réorientant la localisation d’épreuves, avec la suppression du dispositif des sites de Val d’Isère (Savoie) et d’Isola 2000 (Alpes-Maritimes) au grand désarroi de Jean-Claude Killy, membre honoraire du CIO et légende du ski alpin.

Si l’on s’en tient pour l’heure à l’étude de faisabilité réalisée par la Commission de Futur Hôte après l’examen de la candidature et l’audition de celle-ci, au mois de novembre 2023, l’instance olympique souligne que l’utilisation de sites de classe mondiale et la répartition selon quatre clusters insérés au sein de deux Régions françaises offriraient une expérience singulière aux athlètes dans chacun des espaces concernés.

Comme pour Salt Lake City, l’une des forces du projet repose sur le soutien appuyé des autorités à l’égard de la candidature et ce, à tous les échelons.

Concrètement, le CIO a pu se satisfaire des motions de soutien et/ou lettres de soutien exprimées par les municipalités susceptibles d’accueillir des compétitions, mais aussi et surtout par les deux Régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ainsi que par le gouvernement français et, au-delà, par le Président de la République en personne.

Mais alors que des problématiques perdurent, le CIO a certainement dû apprécier le fait que des sponsors nationaux aujourd’hui engagés auprès de Paris 2024 témoignent d’un intérêt à se positionner ultérieurement en faveur des JO 2030.

Sur ce point précis, ce sont ainsi 14 entreprises – de différents niveaux de partenariat – qui se sont exprimées aux côtés d’une centaine d’autres entités privés de moindre envergure.

Dans le même temps, la candidature des Alpes françaises a semblé séduire l’opinion publique dans des proportions tout de même moins élevées que du côté américain avec Salt Lake City.

De fait, selon un sondage commandé par le CIO, 68% des habitants de la Région Auvergne-Rhône-Alpes se déclarent en faveur de l’accueil des Jeux en 2030, tandis que 9% expriment un avis opposé et 20% se disent indécis. L’adhésion populaire est en revanche plus marquée du côté de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur où 72% des habitants se disent favorables à l’organisation des JO, 9% y étant opposés et 15% se montrant indécis à ce stade du processus.

A l’échelle du pays dans son ensemble, l’opinion publique affiche un soutien évident mesuré à 68%, avec à l’inverse 8% d’opposants et 20% de sondés n’étant ni pour ni contre la tenue des Jeux dans l’Hexagone en 2030.

Sur le sujet hautement sensible du budget des Jeux, la candidature évalue actuellement les besoins entre 1,6 et 1,7 milliard de dollars (valeur 2030), soit entre 1,48 et 1,58 milliard d’euros. Une enveloppe qui serait principalement abondée par le secteur privé, avec en sus une éventuelle participation des pouvoirs publics pour soutenir le financement des Jeux Paralympiques et ce, sur le modèle de Paris 2024, sachant que les deux Régions mobilisées se sont engagées à se porter garantes du budget des JO 2030.

Il est ici à noter qu’en se fondant sur la volonté des porteurs du projet de mobiliser massivement des ressources privées pour financer les Jeux, l’expression d’intérêt de sponsors de Paris 2024 et la perspective de nouveaux partenaires laissent envisager un objectif de parrainage à hauteur de 550 millions d’euros.

Au-delà du budget d’organisation des Jeux, les investissements dans les sites seraient quant à eux financés par des fonds publics selon la compétence territoriale et la répartition des efforts souhaitée par chacune des deux Régions. Ainsi que le mentionne d’ailleurs le CIO, un organisme responsable du développement des sites pourrait être constitué en prenant exemple sur la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) instaurée dans l’optique des Jeux d’été de Paris 2024.

De gauche à droite, Guy Drut, membre du CIO ; Marie-Amélie Le Fur, Présidente du CPSF ; Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ; David Lappartient, Président du CNOSF et membre du CIO ; Laurent Wauquiez, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ; et Martin Fourcade, membre du CIO, au siège du Comité International Olympique à Lausanne, Suisse, jeudi 07 septembre 2023 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Concernant d’ailleurs les sites prévus par les Alpes françaises pour 2030, le CIO a noté la volonté de la candidature de faire fructifier l’héritage des Jeux d’hiver d’Albertville 1992, tout en assurant une promotion des sports d’hiver et de la culture de la montagne en tenant compte des nouvelles pratiques et des considérations tenant au développement durable.

Aussi, en prenant en compte la suppression des sites de Val d’Isère et d’Isola 2000, la cartographie des sites repose aujourd’hui sur 13 sites, avec 85% de sites existants.

Parmi ces installations – et à l’exception de l’Anneau de vitesse dont le cas reste à débattre entre association avec un pays étranger ou aménagement temporaire – 11 sont ainsi existantes, dont 4 avec des travaux permanents nécessaires, et 2 sont à construire en vue des Jeux.

Au regard de l’éclatement du concept entre quatre clusters disposés au sein de deux Régions allant des Alpes du Nord à la Méditerranée, le concept pourrait nécessiter l’aménagement ou la sollicitation de pas moins de 5 Villages des Athlètes selon des formats divers.

De fait, pour le Pôle Savoie, des appartements touristiques seraient sanctuarisés à Bozel pour les compétiteurs appelés à participer aux épreuves de ski alpin, de saut à ski et de combiné nordique. Pour La Plagne – bobsleigh, luge et skeleton – des hôtels existants seraient mobilisés, tout comme du côté du Pôle Haute-Savoie. A Briançon, d’anciens logements militaires pourraient être réquisitionnés et adaptés pour recevoir les athlètes qui seront inscrits sur les compétitions de ski acrobatique et de snowboard.

Reste le cas de Nice où se tiendront les épreuves de hockey-sur-glace, de patinage artistique, de patinage de vitesse, de short-track et de curling.

Ici, un projet de développement de près de 1 500 lits en coopération entre la Ville et un promoteur privé est évoqué. Ledit projet – pensé pour une livraison à horizon du premier trimestre 2029 – aurait l’avantage de laisser en héritage de nouveaux logements à destination d’une population estudiantine en croissance continue dans la région.

Cartographie des sites prévus par les Alpes françaises pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2030 (Crédits – Étude de faisabilité du CIO)

Pour ce qui est spécifiquement de la répartition des sites sportifs, le plan directeur prévoit la localisation en Haute-Savoie des compétitions de biathlon au Grand-Bornand et de ski de fond à La Clusaz.

Existants, ces deux sites bénéficient de l’accueil régulier d’événements internationaux, le premier disposant d’une jauge de 12 500 places, le second, d’une capacité comprise entre 12 000 et 15 000 places.

La distance avec les autres clusters témoigne en tout cas du défi posé aux futurs organisateurs et parties prenantes, notamment sur le domaine des transports, avec Nice située à 606 kilomètres, Briançon à 193 kilomètres et La Plagne à 107 kilomètres.

Concernant cette fois le pôle Savoie, le souvenir des Jeux d’hiver d’Albertville 1992 est encore bien présent, comme un fil conducteur pour l’installation du projet pour 2030.

Ainsi, La Plagne (15 000 à 16 000 places) sera en toute logique mobilisée pour les épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton, la piste – homologuée en 2023 – devant tout de même profiter de travaux de modernisation d’ici la fin de la décennie.

Courchevel est pour sa part proposée pour les épreuves de saut à ski du fait de l’existence des tremplins édifiés dans l’optique des JO 1992 et réhabilités en 2021. En complément du saut à ski, le site accueillera également le combiné nordique qu’il partagera avec Méribel dans un écrin existant pour le ski de fond d’une capacité comprise entre 3 000 et 4 000 spectateurs.

Si au départ, Val d’Isère devait intégrer le concept des Jeux pour abriter une partie des épreuves de ski alpin, l’étude de faisabilité du CIO a fait ressortir que lesdites épreuves devraient davantage être concentrées sur Courchevel (pour les épreuves masculines) et à Méribel (pour les épreuves féminines).

Profitant à n’en pas douter de la visibilité offerte par l’accueil récent des Championnats du Monde de ski alpin 2023, le dispositif partagé entre les deux stations apporterait une jauge conséquente de 23 000 spectateurs.

Plus au sud, le cluster briançonnais se caractérise par une sectorisation des épreuves de snowboard et de ski freestyle entre Montgenèvre (big air, slopestyle, slalom) et Serre Chevalier (sauts, bosses, halfpipe).

Des travaux de terrassement devront néanmoins être opérés avant la venue des Jeux, la jauge prévisionnelle des sites étant annoncée entre 3 500 et 5 000 places.

Les deux localités devraient en outre abriter les épreuves de ski cross et de snowboard cross au départ prévues à Isola 2000.

Enfin, le pôle de Nice représente une part essentielle du dispositif pour les épreuves de glace. Il représente de surcroît le secteur où les aménagements pérennes devraient être les plus importants concernant les sites.

Concrètement, le Palais des Expositions Acropolis – construit au milieu des années 1980 et rénové en 2011 – est annoncé pour le patinage artistique et ce, après avoir accueilli en son sein les Championnats du Monde en 2012. Il est également prévu pour le patinage de vitesse sur piste courte (short-track) avec, dans les deux cas, une jauge de 10 000 places.

De l’autre côté de la ville, le Palais Nikaïa (4 600 places) est quant à lui projeté pour les épreuves de curling via l’agencement d’une patinoire temporaire.

Pour ce qui est du tournoi olympique de hockey-sur-glace en revanche, l’aménagement de deux nouvelles enceintes est prévue dans la Plaine du Var, non loin de l’Allianz Riviera où est planifiée la Cérémonie de clôture des Jeux, même si des précisions doivent être fournies par la Ville de Nice quant au budget prévisionnel et à l’échéancier des travaux.

L’Allianz Riviera sera renommée Stade de Nice lors des Jeux d’été de Paris 2024 et devrait servir d’écrin pour la Cérémonie de clôture des Jeux d’hiver de 2030 (Crédits – Wilmotte & Associés Architectes / Paris 2024 / Drone 06)

Pour l’heure, il est fait mention d’un équipement principal de 12 000 places avec une livraison prévue au premier trimestre 2029 sur la parcelle identifiée « Sud / Écoquartier » et d’un équipement secondaire d’une capacité moindre de 7 000 places avec, là-aussi, une livraison prévue début 2029 dans un secteur au nord du Palais Nikaïa et limitrophe du Marché d’Intérêt National (MIN) Fleurs.

Le MIN Fleurs sera d’ailleurs agencé pour abriter en ses murs le Centre International de Radio-Télévision (CIRTV ou IBC), tandis que le futur Palais des Congrès, proche du Palais des Expositions Acropolis, doit recevoir le Centre Principal de Presse (CPP ou MPC).

Outre la question des sites devant être affinée, le schéma actuel de la candidature des Alpes françaises interpelle également sur l’absence de concept relatif à la Cérémonie d’ouverture des Jeux.

Si la clôture est attendue à Nice, l’ouverture doit être localisée en Auvergne-Rhône-Alpes – conformément à la répartition souhaitée entre les deux Régions – selon un cadrage non-déterminé à ce stade.

Lors de la présentation officielle du projet, le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, avait évoqué la possibilité d’établir plusieurs tableaux dans une mise en scène faisant écho aux trois dernières Villes Olympiques françaises pour les Jeux d’hiver que furent Albertville (1992), Grenoble (1968) et Chamonix (1924).

Il conviendra cependant de préciser un tel concept dont l’installation pourrait s’avérer complexe, rajoutant dès lors des incertitudes quant à la bonne gestion de l’ensemble du dispositif des Jeux le moment venu.

Les anneaux olympiques devant la Maison Olympique à Lausanne (Crédits – IOC / Christophe Moratal)

Quoiqu’il en soit, pour les deux candidatures invitées à poursuivre le dialogue avec le CIO, des dates butoir ont été présentées.

Les projets de chacune devront ainsi être soumis à l’institution olympique d’ici le 28 février 2024, soit un mois avant la remise des garanties institutionnelles et financières pour le 31 mars.

Une fois cette étape franchie, la Commission de Futur Hôte programmera une visite des Futurs Hôtes au printemps prochain, puis engagera la rédaction d’un rapport pour le mois de juin 2024. La remise dudit rapport devrait d’ailleurs être conduite entre le 12 et le 14 juin.

Suivra alors la désignation formelle au cours de la Session du CIO annoncée entre le 22 et le 24 juillet 2024 à Paris, en marge de l’ouverture des JO d’été.


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