L’année 2026 sera déterminante pour les prétendantes allemandes à l’organisation d’une future édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été. Si Munich a déjà consulté sa population l’an passé, le printemps 2026 permettra de connaître la position des habitants d’au moins deux autres candidates, parmi lesquelles Hambourg.

Contrainte de se retirer de la course aux Jeux de 2024 – malgré l’appui des autorités locales et l’engagement de la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), et en dépit d’une campagne promotionnelle dynamique – Hambourg veut revenir sur le devant de la scène.
Misant aujourd’hui sur les nouvelles modalités de sélection établies par l’instance olympique allemande, la cité portuaire des bords de l’Elbe a ainsi développé un concept de Jeux des courtes distances, comme pour rappeler sa volonté de placer l’événement planétaire au cœur de la ville, au plus près des habitants.
Sur 38 sites identifiés, le nouveau projet olympique et paralympique repose sur une large part de sites existants et une compacité optimale entre deux clusters principaux identifiés comme étant l’Olympic Park City et l’Olympic Park Altona, ce dernier devant de surcroît accueillir le Village des Athlètes.
Et si le projet pensé pour l’édition 2024 faisait alors la part belle à un profond réaménagement du quartier de Kleiner Grasbrook, le concept actuellement travaillé ne prévoit pas de grands aménagements hormis peut-être l’agencement d’un nouveau stade d’une jauge de 60 000 places.
Les autorités prévoient ainsi l’édification d’une nouvelle structure moderne – indépendamment de l’obtention des Jeux et moyennant un coût d’au moins 500 millions d’euros – pour abriter à terme le club de football du Hambourg SV.
Mais avant et parallèlement à la présentation de son projet olympique et paralympique devant les Groupes de travail du DOSB en vue d’une sélection allemande prévue en fin d’année 2026, Hambourg va d’abord devoir soumettre sa vision des Jeux à l’appréciation de ses citoyens.
Avec le risque de vivre une nouvelle déconvenue et un nouveau retrait de la course aux Jeux, à peine plus de dix ans après son dernier référendum en la matière.
Conscients que l’une des principales – si ce n’est la principale – clés d’un succès référendaire reposera sur la capacité à démontrer la viabilité d’un projet maîtrisé autour de coûts prévisionnels qui ne sauraient atteindre les projections réalisées il y a une décennie, les pouvoirs publics locaux se veulent confiants et affichent une certaine sérénité.
Pour l’heure, les préparatifs débutent d’ailleurs quant à la mise en place des préparatifs d’organisation du référendum convoqué pour le 31 mai 2026.
A cette date, jusqu’à 1,3 million d’électeurs seront appelés aux urnes de 08h00 à 18h00 pour prendre part au scrutin dont l’issue assurera donc la poursuite ou non de l’aventure olympique et paralympique de Hambourg pour les Jeux de 2036, 2040 ou 2044.
Comme l’a précisé en ce sens Oliver Rudolf, Président du Bureau Électoral de Hambourg, dans une interview pour le quotidien « Hamburger Abendblatt », une simple question sera alors posée aux électeurs qui auront la possibilité de répondre par « Oui » ou par « Non » : « Êtes-vous favorable à ce que le DOSB candidate à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2036, 2040 ou 2044 avec la Ville libre et hanséatique de Hambourg comme Ville Hôte ? »
Concernant les modalités pratiques du scrutin qui s’annonce, les électeurs inscrits sur les listes électorales actualisées une quarantaine de jours avant la tenue dudit scrutin recevront à partir du 24 avril 2026 les bulletins de vote, le tout accompagné d’un livret d’information relatif au projet olympique et paralympique.
Il sera ainsi possible de s’exprimer à travers les urnes, soit le jour du scrutin dans l’un des 178 bureaux de vote présents dans la ville, soit par correspondance qui, en 2015, avait rassemblé 90% des votes.
Ce système du vote à distance avait d’ailleurs déjà rencontré un formidable succès lors de la consultation populaire réalisée à la fin du mois d’octobre 2025 à Munich.
Pour superviser l’établissement du référendum à Hambourg, les autorités locales prévoient d’ores et déjà une enveloppe budgétaire de quelques 7,14 millions d’euros, incluant le coût des frais informatiques (1,6 million d’euros) et les frais liés à la mobilisation des personnels municipaux (1,64 million d’euros).
Dans l’hypothèse où les citoyens de Hambourg accorderaient in fine leur confiance à l’égard du projet pour les Jeux, la candidature rejoindrait celle de Munich et peut-être celle de la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr conduite par Cologne. Dans cette dernière, les citoyens seront en effet appelés aux urnes quelques semaines plus tôt, le 19 avril 2026.
Reste le cas de Berlin. La capitale fédérale allemande n’a pas prévu pour l’heure de référendum, mais les atermoiements constatés au cours des mois passés pourraient bien éliminer de la course le projet berlinois, d’autant plus face à des candidatures déterminées.
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