Moins d’un an après l’attribution des Jeux d’hiver de 2030 et moins de cinq ans avant l’organisation effective de l’événement, les acteurs du projet des Alpes françaises 2030 ont pu apprécier les chiffres révélés par un récent sondage démontrant un large appui populaire.

Si les sondages peuvent être interprétés comme étant une photographie de l’opinion à un instant défini, ils peuvent néanmoins apporter une indication susceptible d’impacter les décisions et les orientations autour d’un projet.
Dans le cas des Alpes françaises 2030, les parties prenantes au projet ont certainement dû accueillir avec satisfaction les données révélées par un récent sondage mené par « Toluna » et « Harris Interactive » pour l’association « Territoires d’Événements Sportifs ».
Après plusieurs mois jalonnés d’épreuves – entre une attribution sous conditions, les péripéties liées à la situation politique française, le psychodrame portant sur la désignation du Président du Comité d’Organisation (COJO), sans compter par ailleurs les questions encore en suspens – il ressort en effet une franche adhésion quant à la perspective pour la France d’orchestrer une nouvelle édition des Jeux.
Un an après le succès de Paris 2024, pas moins de 76% des Français se disent favorables à l’organisation des Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes d’après ce sondage, 29% ayant même un avis très favorables parmi ce contingent*. Dans le même temps, 75% des sondés déclarent avoir une opinion positive de cet événement à venir.
Dans l’attente des prochains développements du projet – notamment en ce qui concerne la révélation de la carte des sites et la présentation de projections budgétaires affinées – cet engouement peut pour partie s’expliquer par la perception que les Français ont eu et gardent encore de l’expérience des Jeux de 2024 et, plus largement, des grands événements sportifs.
De fait, toujours selon cette même enquête sondagière, 83% des personnes interrogées déclarent avoir une image positive de Paris 2024, tandis que 86% des sondés pensent que l’organisation de tels rendez-vous majeurs sur la scène sportive est une bonne chose, 81% estimant en outre que ces manifestations peuvent être bénéfiques pour le territoire.
Malgré ces chiffres plus qu’encourageants, le plus dur reste à faire pour les Alpes françaises 2030 dont la vision et les contours du projet restent à déterminer aux yeux du plus grand nombre.
En ce sens, l’engagement financier – avec la promesse jusqu’alors maintes fois évoquée d’un budget limité à 2 milliards d’euros – et la problématique de la durabilité seront à n’en pas douter des points à scruter dans les mois qui viennent.
Face à une opinion publique davantage soucieuse de la bonne gestion des deniers publics et de la préservation de l’environnement, la mise en place progressif des préparatifs des Jeux de 2030 devra se faire avec pragmatisme et réalisme, sans pour autant balayer d’un trait le caractère ambitieux d’un tel rendez-vous planétaire.
Les arbitrages à prendre seront dès lors déterminants pour mesurer les marges de manœuvre et surtout la retenue des acteurs politiques du projet qui pourraient être tentés de surjouer la carte des Jeux pour leur territoire respectif au risque de voir déraper les finances.
Les Alpes françaises 2030 devront quoiqu’il en soit retenir les leçons du passé, en s’inspirant des bonnes pratiques et en veillant à s’éloigner de décisions possiblement néfastes pour le projet dans son ensemble.
Car que ce soit finalement en phase de candidature ou au stade de la préparation concrète des Jeux, certaines ambitions ont par le passé été durement impactées.
Ce fut ainsi le cas pour Hambourg 2024, la candidature allemande ayant tardé à révéler le degré d’investissements nécessaires pour permettre la tenue des Jeux, avec in fine un retrait de la course consécutif à un référendum défavorable et ce, alors même que la candidature a longtemps bénéficié d’un appui populaire.
Ce fut également le cas pour Tokyo 2020, dont les déboires financiers couplés au contexte du report post-Covid ont peu à peu susciter la défiance de l’opinion publique jusque dans les derniers mois avant l’ouverture des Jeux. Tout un paradoxe lorsque l’on sait que la candidature fut auréolée d’une adhésion massive de la part de la population nippone.
Sondage réalisé en ligne du 13 au 16 juin 2025 auprès d’un échantillon de 1 047 personnes, échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
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