Berceau historique de ce sport inscrit au programme olympique depuis 1996, Santa Monica (Californie, États-Unis) était en toute logique destinée à recevoir le tournoi de beach-volley à l’occasion des Jeux d’été de Los Angeles 2028. Toutefois, les négociations menées depuis deux ans entre la Ville et le Comité d’Organisation n’ont pas permis d’aboutir à un accord.

La carte postale promettait d’être splendide.
Dès la phase de candidature aux JO 2024 puis aux JO 2028, Los Angeles avait projeté la tenue des matchs de beach-volley sur l’emblématique plage de Santa Monica, avec un concept reposant sur l’aménagement d’une enceinte temporaire principale de 12 000 places largement ouverte sur l’océan Pacifique.
De quoi offrir des images spectaculaires – notamment dans le cadre des retransmissions télévisées – pour un spot mondialement connu.
Outre le stade éphémère principal, l’organisation du tournoi in situ devait aussi se matérialiser par l’agencement de sept structures complémentaires, soit deux terrains d’échauffement et cinq terrains d’entraînement, le tout pour un investissement global de 23,4 millions de dollars (valeur 2016) à la charge des organisateurs.
Depuis, et malgré le départ des épreuves de triathlon et de natation en eau libre qui étaient initialement prévues sur la mythique plage avant de migrer en direction de Long Beach plus au sud, Santa Monica demeurait le point de chute idéal pour la tenue d’un tournoi devant accueillir jusqu’à 450 000 spectateurs.
La place de Santa Monica semblait même préservée alors que plusieurs mises à jour du concept olympique ont, ces dernières années, bouleversé la cartographie générale de LA 2028.
En octobre dernier, le Conseil Municipal de la cité côtière avait d’ailleurs examiné un rapport commandé auprès du cabinet de consultants « HR&A Advisors » autour de l’impact financier de l’accueil dudit tournoi.
L’étude de 36 pages projetait un coût de 15,54 millions de dollars (14,16 millions d’euros) sur les finances locales, en particulier au regard de la mobilisation d’un surplus de forces de l’ordre, de l’adaptation des conditions de circulation à proximité du périmètre olympique, sans compter aussi la garantie d’une bonne collecte des déchets.
La même étude présentait en contrepartie des recettes fiscales et un paiement locatif par le Comité d’Organisation des Jeux à hauteur de 14,09 millions de dollars (12,83 millions d’euros), comprenant 2,5 millions de dollars (2,28 millions d’euros) pour les frais de location de la plage et 2,4 millions de dollars (2,19 millions d’euros) pour les frais liés à la privatisation temporaire de parkings adjacents d’une jauge maximale de 800 places.
La perte nette pour la Ville de Santa Monica était alors estimée à 1,45 million de dollars (1,32 million d’euros) à mettre en perspective cependant avec les retombées plus larges attendues au regard de l’afflux de spectateurs sur place. Les dépenses de ces derniers dans le cas de l’accueil du tournoi de beach-volley avaient ainsi été évaluées à 112,3 millions de dollars (102,3 millions d’euros) contre 95,4 millions (86,9 millions d’euros) dans une configuration sans tournoi à Santa Monica.
In fine, cette étude s’est inscrite dans la réflexion générale et dans les discussions menées avec les organisateurs des JO 2028 depuis le début de l’année 2023, et portant aussi sur les problématiques logistiques tenant à la mise à disposition de la plage avec les possibles conséquences quant à l’accès à la célèbre jetée pour les promeneurs.
Pourtant, les négociations menées entre les autorités locales et le Comité d’Organisation des Jeux pour sanctuariser le secteur où aurait pris place le tournoi de beach-volley se sont récemment soldées par un échec.
Comme l’a souligné la Ville de Santa Monica dans un communiqué publié ce mardi 08 avril 2025 :
Lors d’une séance publique le 08 octobre 2024, le Conseil Municipal de Santa Monica a discuté des impacts potentiels du statut de Ville Hôte et a demandé au personnel de négocier des avantages plus concrets pour les résidents et les entreprises, ainsi que davantage de clarté et de garanties concernant les impacts financiers et autres sur les résidents et les entreprises, en particulier sur et autour de la jetée de Santa Monica.
LA 2028 a refusé d’ajuster l’accord proposé pour tenir compte de ces conditions.
Contrairement à Los Angeles, Carson ou encore Long Beach, Santa Monica n’est donc pas parvenue à s’entendre avec LA 2028 quant aux modalités d’accueil des Jeux.
Cela a pour conséquence d’écarter purement et simplement la perspective de voir le beach-volley se dérouler sur la plage iconique, sans néanmoins anéantir les projets de la cité côtière pour profiter de la venue des Jeux dans la région.
Ainsi que l’a fait savoir la Maire de Santa Monica, Lana Negrete :
Santa Monica, berceau de ce sport, était le lieu idéal pour accueillir le beach-volley lors des Jeux Olympiques.
Nous aurions adoré être une Ville Hôte en 2028.
Bien que nous soyons déçus qu’aucun accord n’ait été conclu, nous restons impatients de partager l’enthousiasme que les Jeux Olympiques susciteront dans notre région et nous nous réjouissons d’être un partenaire régional de cet événement historique.
Avec ses partenaires, dont la « Santa Monica Travel and Tourism », la Ville prévoit en effet la mise en œuvre d’initiatives sous la bannière « Celebrate28 » pour améliorer l’accueil des visiteurs et proposer des activités récréatives et touristiques à ces derniers.
Les organisateurs des Jeux vont quant à eux se mettre en quête d’un nouveau lieu de célébration pour le beach-volley, sport-phare de la côte ouest américaine.
Les options ne manquent pas.
Le Comité d’Organisation des Jeux pourrait notamment orienter le beach-volley vers Long Beach dont le cluster à une vingtaine de kilomètres au sud de Los Angeles est déjà l’un des plus importants des futurs JO 2028, avec la tenue programmée des épreuves d’aviron et de canoë-kayak (course en ligne) sur le site du Long Beach Marine Stadium, mais aussi les compétitions de voile, de triathlon et de natation en eau libre sur le front de mer, sans oublier les épreuves de natation synchronisée et le tournoi de water-polo annoncés sur un site temporaire adjacent au Long Beach Convention & Entertainment Center où se tiendra le tournoi de handball.
L’option du beach-volley à Long Beach garantirait certainement une optimisation accrue des moyens, point essentiel dans le paramétrage de la prochaine édition des Jeux d’été.
Huntington Beach, dans le Comté d’Orange, pourrait elle-aussi constituer une option, la station balnéaire étant déjà désireuse d’accueillir les épreuves de surf en 2028, malgré une distance avec Los Angeles – environ 60 kilomètres au sud – plus conséquente que Long Beach.
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