Pleinement engagée dans les discussions avec le Comité International Olympique (CIO) dans la perspective de devenir, le cas échéant, Hôte des JO 2036, l’Inde pourrait bien remodeler une candidature jusqu’alors pensée autour du Narendra Modi Stadium à Ahmedabad dans l’État du Gujarat.

Travaillant à l’installation concrète d’un projet olympique et paralympique pour l’échéance 2036 depuis maintenant plus de trois ans, le pays le plus peuplé au monde est aujourd’hui conscient du potentiel qu’il a à offrir au Mouvement olympique désireux de poursuivre son développement international, tout en faisant la promotion de Jeux plus vertueux que par le passé.
Aussi, alors que l’Inde avait jusqu’à présent tracé en filigrane l’établissement de sa candidature à Ahmedabad et sa région, des changements profonds pourraient survenir dans les mois à venir à mesure que les discussions avec la Commission de Futur Hôte du CIO s’intensifieront.
Comme l’a récemment exposé « The Times of India », la candidature indienne pourrait in fine se recentrer sur la capitale, New Delhi, et ses abords, avec également comme toile de fond possible, le majestueux Taj Mahal situé à Agra, dans l’État de l’Uttar Pradesh.
L’étude des Jeux de Paris 2024 – perçus comme un nouveau modèle et une source d’inspiration pour nombre de prétendantes à l’organisation de futures éditions des Jeux – semble ici être l’un des leitmotiv à ce possible bouleversement.
De fait, faisant le constat de l’attractivité de la candidature et du projet français avec les principaux monuments parisiens mis en exergue, au premier rang desquels l’iconique Tour Eiffel, les autorités indiennes pourraient être tentées de miser grandement sur le Taj Mahal qui constitue l’une des merveilles du pays, si ce n’est même un emblème, et de surcroît l’un des sites touristiques les plus visités au monde.
Bien que situé à près de 230 kilomètres au sud de New Delhi, Agra pourrait dès lors figurer en bonne place dans la cartographie des possibles sites du projet olympique et paralympique.
Au-delà de la symbolique visuelle incarnée par le monument aux plus de 6,5 millions de visiteurs annuels, inscrit depuis 1983 sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, ledit projet pourrait aussi se focaliser principalement sur New Delhi et ce, à l’aune de plusieurs critères.
Concrètement, en se recentrant sur sa capitale, l’Inde serait peut-être plus à même de défendre ses chances à l’heure d’un foisonnement de postulantes à travers le monde, notamment sur le seul continent asiatique, avec les ambitions affirmées avec plus ou moins d’insistance par la Corée du Sud, l’Indonésie, le Qatar, possiblement l’Arabie saoudite, mais encore la Turquie, et éventuellement la Chine.
Principale porte d’entrée de l’Inde, New Delhi pourrait en ce sens offrir les conditions adéquates à la gestion du flux important de visiteurs susceptibles de se rendre dans le pays dans l’optique des Jeux, les plateformes aéroportuaires présentes in situ étant en effet bien identifiées au sein du réseau aérien international.
Ces dernières pourraient en outre être particulièrement sollicitées pour permettre au pays de profiter de la venue des Jeux pour développer encore davantage le volet touristique des différentes régions indiennes.
Le choix de New Delhi – dont les autorités régionales avaient évoqué au printemps 2021 l’échéance de 2048 comme point d’horizon pour les Jeux – assurerait par ailleurs la disponibilité d’une emprise foncière conséquente pour aménager les infrastructures nécessaires à l’accueil des Jeux et ce, même si Ahmedabad a présenté, plus tôt cette année, un concept reposant sur la mobilisation du monumental Narendra Modi Stadium et l’édification d’un vaste parc olympique tout autour de l’édifice existant de 110 000 places.
Quoiqu’il en soit, les discussions entre la Commission de Futur Hôte du CIO et les porteurs de la candidature devraient être cruciales pour formaliser dans les mois à venir les contours d’un projet fortement encouragé par le Premier Ministre indien.
Entre volonté de maîtrise du cadrage des Jeux – loin du gigantisme passé – et désir de s’ouvrir à un nouveau territoire au potentiel sportif, économique et commercial majeur, l’institution olympique devra trouver la bonne équation si elle souhaite, le moment venu, s’engager avec l’Inde pour établir les Jeux de 2036.
La poursuite des échanges sera en tout cas un axe-clé de la stratégie olympique et paralympique indienne tout au long de l’année 2025, sachant que l’élection du Futur Hôte ne devrait probablement pas intervenir avant 2026 voire même 2027.
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