L’annonce de discussions désormais ouvertes entre l’Afrique du Sud et le Comité International Olympique (CIO) en vue d’une possible candidature à l’organisation des Jeux de 2036 a remis en lumière l’ambition d’un pays qui fut candidat par le passé et qui pourrait le cas échéant être le premier du continent africain à organiser l’événement planétaire. Déjà présenté par « Sport & Société », le think-tank « Cape Town 2040 » œuvre activement à l’étude des conditions d’une telle entreprise.

Si les autorités sud-africaines ont tardé à montrer un intérêt pour l’installation éventuelle d’une candidature future pour accueillir les Jeux d’été, la visite du Président du CIO opérée ces dernières semaines, tout comme la venue à Lausanne (Suisse) du Ministre des Sports, des Arts et de la Culture ont été de véritables accélérateurs pour positionner aujourd’hui l’Afrique du Sud comme potentielle prétendante à l’organisation des JO 2036.
Derrière cette dynamique nouvelle, il ne faudrait pas négliger l’impact plus ou moins important du travail intense réalisé par le think-tank « CT 2040 » qui œuvre depuis plus d’un an à l’étude des conditions d’une candidature, avec un ciblage plus particulier autour de la ville du Cap qui fut candidate aux Jeux de 2004.
Avec sérieux et méthode, ledit think-tank avance ainsi ses propositions et recommandations, profitant également de son implantation locale pour rencontrer diverses personnalités du monde économique, sportif et bien sûr politique, l’idée même d’une candidature reposant largement sur la combinaison de ces trois sphères majeures.
Ces derniers mois, les travaux engagés ont d’ailleurs permis le dévoilement d’un rapport de 60 pages faisant apparaître qu’une candidature du Cap pourrait reposer sur 84% de sites existants ou temporaires, plaçant de facto la ville sud-africaine dans le cadrage attendu du CIO en ce qui concerne la problématique-clé de la durabilité.
Pour mener à bien cette étude, « CT 2040 » a pris soin de lister le nombre et la qualité des infrastructures du Cap et de sa région, tout en se calquant sur les critères d’évaluation établis par le CIO lorsqu’il s’agit d’étudier les candidatures.
Comme l’avait en ce sens résumé au moment de la présentation de ce rapport, Rashiq Fataar, Directeur de Our Future Cities et artisan de « CT2040 » avec Guy Briggs, Responsable du design urbain au sein du Cabinet dhk Architects :
L’Agenda 2020+5 du CIO et le processus de sélection du Futur Hôte des Jeux offrent à des régions comme Le Cap un monde d’opportunités pour accueillir des Jeux Olympiques plus durables.
Cette étude trace la voie vers un tel modèle, dans lequel l’utilisation de sites existants de haute qualité et superbes amphithéâtres naturels pour le sport garantit que la durabilité, l’inclusivité et l’innovation sous-tendent une candidature future.
Pour parfaire l’étude locale, le think-tank a par suite profité de la tenue des Jeux de Paris 2024 pour se rendre en France.
Figure-clé de « CT 2040 », Rashiq Fataar a notamment eu l’opportunité de présenter les résultats de l’étude précitée depuis le site de « Station Afrique » aménagé sur L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), et a aussi pu s’entretenir avec Jules Decombes, Conseiller en charge des Jeux Olympiques et Paralympiques auprès du Maire de L’Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly.
Au-delà des échanges et des visites de sites, la mission orchestrée au cours de l’été a surtout permis au think-tank de mieux appréhender les défis de l’organisation des Jeux avec le cas d’espèce de Paris 2024.
L’édition parisienne – qui sert d’ores et déjà d’inspiration pour nombre de candidatures visant les échéances de 2036-2040 voire même 2044 – a d’ailleurs récemment été au cœur de la réflexion autour du sport comme vecteur de changement et d’accélération de la restructuration urbaine.
Une réflexion là-encore menée par « CT 2040 » et pour laquelle fut convié Samuel Ducroquet, Ambassadeur pour le Sport, qui a alors pu faire part de ses observations sur les Jeux de Paris 2024 et les enseignements à tirer de cette édition des records.
Preuve supplémentaire de l’intérêt porté sur les JO 2024 et de la volonté de « CT 2040 » de tisser des liens avec un réseau d’acteurs institutionnels le plus large et complémentaire possible, ce rendez-vous conduit plus tôt ce mois-ci, a également permis de recevoir les encouragements de Sophie Bel, Consule Générale de France au Cap.
Bien sûr, rien n’indique à ce stade que la ville du Cap pourrait être retenue par les autorités sportives et politiques sud-africaines pour incarner une potentielle candidature pour 2036 ou 2040.
Il n’empêche, les travaux réalisés en coulisses et publiquement par les acteurs de « CT 2040 » serviront à n’en pas douter de bases essentielles à la constitution d’une telle entreprise à l’échelle du pays, avec ou sans l’intégration du Cap.
Si d’aventure les autorités locales du Cap venaient à formaliser un intérêt pour la perspective des Jeux, la ville deviendrait à l’évidence une prétendante sérieuse à l’investiture sud-africaine, elle qui fut sur la ligne de départ olympique pour les Jeux de 2004.
Plus de vingt ans après cette édition, la symbolique serait forte que de voir émerger une telle candidature, de surcroît une candidature pouvant, le cas échéant, assurer à l’Afrique du Sud de devenir le tout premier pays du continent africain à organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques.
Ainsi que l’avait en tout cas relevé au printemps dernier, Guy Briggs, Responsable du design urbain du Cabinet dhk Architects et acteur lui-aussi de « CT 2040 » :
Organiser des Jeux Olympiques au Cap pourrait contribuer à catalyser et à accélérer la restructuration et la régénération spatiales de la ville, surtout si nous exploitons au mieux nos infrastructures sportives et nos atouts existants.
Aucune ville africaine n’a accueilli les Jeux, faisons du Cap la première !
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