Paris 2024 : Anne Hidalgo souhaite conserver la vasque olympique

Face au succès rencontré par la vasque olympique installée dans le Jardin des Tuileries, dans la perspective historique entre le Musée du Louvre et l’Arc de Triomphe, la Maire de Paris a fait part de son souhait de voir pérenniser la structure dans la capitale.

Anne Hidalgo, Maire de Paris, devant la vasque olympique des Jeux de Paris 2024 disposée dans le Jardin des Tuileries (Crédits – Henri Garat / Ville de Paris)

Dès l’embrasement de la vasque olympique au soir de la Cérémonie d’ouverture, le 26 juillet dernier, les spectateurs et les téléspectateurs ont été littéralement subjugué par la forme singulière de ladite vasque conçue par le designer Mathieu Lehanneur, déjà à l’œuvre pour la torche et le chaudron.

Surtout, chacun a pu apprécier la disposition de la structure en montgolfière, ancrée au sol en journée et en suspension à 60 mètres au-dessus du Jardin des Tuileries dès la nuit tombée jusqu’à 02h00 du matin.

Après la Cérémonie d’ouverture des Jeux, la Présidente-Directrice du Musée du Louvre avait rappelé le caractère historique des Tuileries et le parallèle avec l’émergence de cette montgolfière dans le ciel parisien.

Comme l’avait en particulier exposé Laurence des Cars :

Le Jardin des Tuileries est un lieu grand ouvert sur la ville. Plus grand espace vert au cœur de Paris, il en est aussi, avec près de quatorze millions de visiteurs par an, le parc le plus fréquenté.

La forme inédite que prend cette vasque résonne magnifiquement avec l’histoire du domaine national du Louvre, que les ballons marquent de leur empreinte depuis 1783 : un lieu d’innovation technologique, un lieu d’histoire et d’images et un lieu de spectacle populaire.

Chaque soir, ce sont de fait plusieurs milliers de personnes qui ont pris l’habitude de se rendre sur le site central de la capitale française pour assister au spectacle aérien offrant de surcroît l’image d’un duo iconique avec la perspective de la Tour Eiffel au loin. Depuis le 26 juillet, les réseaux sociaux sont d’ailleurs inondés de publications faisant la part belle à la vasque-montgolfière, publications souvent agrémentées de chansons françaises comme « L’hymne à l’amour » qui fut interprétée par Céline Dion lors du show inaugural des Jeux de Paris 2024.

Face à cet engouement populaire sans précédent pour un tel objet – et qui se mesure aussi à l’aune des plus de 160 000 créneaux pris d’assaut pour admirer au plus près la vasque en journée – la Maire de Paris a récemment exprimé son souhait de conserver la structure après la clôture des Jeux.

Si elle n’est pas décisionnaire dans cette entreprise, Anne Hidalgo entend bien faire entendre sa voix pour que la vasque demeure dans Paris, tel un témoignage de la venue des Jeux dans la « Ville Lumière ».

Comme elle l’a d’ailleurs énoncé sur ses réseaux sociaux cette semaine :

Depuis son premier envol, la vasque olympique a conquis le cœur des Parisiennes et des Parisiens.

Symbole des valeurs de concorde et de rassemblement des Jeux Olympiques, je souhaite qu’elle reste un héritage pérenne pour notre ville.

En ce sens, la Maire de Paris a précisé ces jours-ci avoir pris la plume pour solliciter le Chef de l’État, Emmanuel Macron.

Ainsi qu’elle l’a affirmé au micro de LCI, le 1er août dernier :

C’est sur le site des Tuileries. Les Tuileries sont attenants au Louvre, et c’est un site de l’État. Donc l’avis ou la compétence du Maire de Paris n’est pas requis.

En revanche, j’ai évidemment proposé au Président de la République d’accompagner, si sa décision était de pouvoir pérenniser cette vasque. Je pense que ce serait très important.

Si des études techniques devraient être nécessaires pour assurer une éventuelle pérennisation de l’ouvrage, la tendance actuelle semble bien aller en direction d’un tel ancrage, même si la question du lieu pourrait encore soulever quelques interrogations, notamment du fait de la protection et du classement du site parisien.

Décisionnaire du fait de ses fonctions et de la responsabilité de l’État à l’égard du Louvre, le Président de la République n’a pas manqué de réagir à la proposition, conscient de l’attrait que peut susciter la vasque dans Paris.

Ainsi que l’a déclaré Emmanuel Macron, vendredi 02 août 2024 :

On va regarder tout ça en temps voulu, avec évidemment les analyses techniques, de faisabilité, de perspective aussi parce qu’il faut préserver les vues historiques de Paris. Mais je crois qu’en tout cas, elle fait rêver aujourd’hui beaucoup de monde.

Tout ce qu’on peut faire pour garder la ville plus belle dans la durée est quelque chose auquel il faut qu’on réfléchisse.

La Présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, s’est elle-aussi montrée enthousiaste à l’idée de maintenir la vasque dans la capitale, plaidant pour les Tuileries, tout en évoquant un plan B qui consisterait à déplacer l’ouvrage sur le site de La Villette (19e arrondissement).

Quoiqu’il en soit, dans l’hypothèse où la vasque de 30 mètres de hauteur avec un anneau-flamme de 7 mètres de diamètre viendrait à rester en place, le système d’éclairage ne pourrait en revanche pas perdurer, sauf événement exceptionnel.

De fait, à l’instar de toutes les Villes Olympiques avant elle, Paris devra assurer l’extinction du feu olympique à l’issue des Jeux, conformément aux dispositions de la Charte Olympique et en particulier la Règle 54 qui dispose que :

Après la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques, tout flambeau, torche, vasque ou autre dispositif quelconque servant à la combustion de la flamme olympique ne peut être utilisé qu’avec l’approbation du CIO.

Aussi, à l’image de ce qui a pu se faire avec de précédentes vasques olympiques, il est possible d’imaginer un ré-enclenchement du système 100% électrique spécialement agencé par EDFPartenaire Premium des Jeux de Paris 2024 – qui permet de donner vie à ce qui s’apparente à un véritable feu, mais qui repose in fine sur l’utilisation de 40 projecteurs LED destinés à éclairer un nuage créé au moyen de 200 buses de brumisation haute pression.

A Salt Lake City (Utah, États-Unis) par exemple, la monumentale vasque attenante au Rice-Eccles Stadium, Stade Olympique des Jeux d’hiver de 2002, est occasionnellement rallumée pour célébrer des événements en lien avec le souvenir olympique. Ce fut le cas lors du vingtième anniversaire des Jeux, ou, plus récemment, à l’annonce de l’attribution des Jeux de 2034, fin juillet.

Surpris par l’enthousiasme témoigné jusqu’à présent par les visiteurs du monde entier à l’égard de la vasque, Mathieu Lehanneur a pour sa part porté une réflexion quant au maintien éventuel de ce nouveau symbole de Paris.

Dans une interview pour le quotidien sportif « L’Équipe », ce vendredi 09 août 2024, le designer a notamment déclaré :

Si on ne peut pas garder la flamme, est-ce qu’on ne peut pas juste garder un souvenir vibrant qui resterait dans nos esprits plutôt qu’une relique qui prendrait la pluie ? On peut aussi imaginer un entre-deux : la flamme n’est plus là mais on maintient un jeu de lumières, qu’elle puisse continuer à décoller de temps en temps mais pas tous les soirs.

Il faut garder à l’esprit que chaque décollage est une aventure.

Ce n’est pas juste un bouton où on appuie et tout est facile. C’est comme un grand bateau qui va prendre la mer. Il faut des gens, contrôler la météo en temps réel, désamarrer tout ça. C’est un objet vivant dont il faut prendre soin.


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