JO 2036-2044 : Le Ministre allemand de l’Environnement croit en un projet durable

Alors que trois projets restent en lice dans le cadre du processus de sélection d’une candidature allemande pour l’organisation d’une future édition des Jeux d’été, le Ministre fédéral en charge de l’Environnement, du Climat, de la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire a récemment fait part de sa conviction que ladite candidature pouvait incarner un modèle de durabilité.

Portrait de Carsten Schneider, Ministre fédéral allemand de l’Environnement, du Climat, de la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire (Crédits – Gouvernement fédéral allemand / Guido Bergmann)

Entre Munich, Berlin et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr rassemblée autour de Cologne, l’une des trois postulantes sera sélectionnée d’ici la fin de l’année 2026 comme figure de proue d’une candidature de l’Allemagne dans la course à l’organisation d’une édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été comprise entre les échéances de 2036 et de 2044.

Aussi, tandis que l’examen des trois projets est entré dans une phase cruciale depuis le début du mois de juin, les porteurs des trois ambitions exprimées ces dernières années vont devoir affiner leur concept respectif pour convaincre la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) de l’opportunité de suivre untel ou untel pour incarner le rêve des Jeux dans les années qui viennent.

D’ores et déjà, les grandes lignes desdites ambitions ont été révélées, sachant que chacune des candidates en lice a montré une capacité certaine à mobiliser des infrastructures sportives existantes ou temporaires et ce, à des degrés divers.

Ce point particulier des projets visant à promouvoir un concept durable au coût maîtrisé dans le domaine des finances et sur la question environnementale sera d’ailleurs l’un des axes de vigilance du DOSB qui entend suivre les exemples en la matière de Paris 2024 et de Los Angeles 2028 qui ont placé le curseur à un niveau jamais atteint jusqu’alors.

(Crédits – DOSB / Picture Alliance)

Suivant cet état d’esprit, le Ministre fédéral allemand chargé de l’Environnement, du Climat, de la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire a récemment fait part de son soutien à l’égard de l’ambition olympique et paralympique du pays.

Comme l’a de facto affirmé Carsten Schneider dans une interview auprès du DOSB :

Je suis un passionné des Jeux Olympiques, et je soutiens avec enthousiasme la candidature allemande. Je suis convaincu qu’elle ne pourra réussir que si elle est conçue et planifiée dans une optique constante de durabilité.

Les Allemands ne veulent pas d’un « OVNI » qui atterrit ici pour quelques semaines avant de repartir. Les Jeux Olympiques doivent – et vont – donner une impulsion majeure tant au sport de loisir qu’au sport de compétition.

L’Allemagne est idéalement placée pour accueillir de grands événements sportifs, comme en témoigne […] le succès de l’organisation de Championnats du Monde et d’Europe […] ainsi que des Special Olympics et des Universiades.

Au-delà, le Ministre en exercice a aussi témoigné de sa confiance quant à la capacité de Munich, Berlin et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr de bâtir une vision durable des Jeux. Une vision susceptible en outre de s’inscrire dans le cheminement des politiques publiques en matière de développement des infrastructures.

Ainsi que l’a exposé le Ministre :

Cette dynamique doit […] se traduire par des avancées globales, notamment en matière de modernisation des infrastructures sportives.

Nous parlons ici des Jeux Olympiques et Paralympiques à un horizon de 10 à 20 ans, soit juste avant l’échéance de neutralité climatique à laquelle l’Allemagne s’est légalement engagée. L’Allemagne a là l’occasion de démontrer comment organiser les Jeux de manière cohérente, en alliant responsabilité sociale, participation citoyenne et durabilité environnementale.

Nous devrions profiter de cette candidature pour promouvoir une vision positive de l’avenir à l’échelle locale. Dans quel type d’environnement et de société voulons-nous vivre d’ici 2040, et quelles mesures devons-nous prendre pour y parvenir ?

Un tel projet peut susciter l’espoir et renforcer la cohésion sociale.

Cette sortie peut dès lors être de nature à conforter les trois postulantes dans la trajectoire qu’elles ont choisi de suivre pour des Jeux durables et plus vertueux.

Vue d’une partie du Parc Olympique de Munich, Allemagne (Crédits – Olympiapark München)

Ville Hôte des Jeux de 1972, Munich peut notamment s’appuyer sur son emblématique Parc Olympique, théâtre régulier de rendez-vous sportifs et écrin de verdure au cœur de la cité bavaroise.

Sur ce seul site, les autorités projettent d’ailleurs la tenue d’environ la moitié des compétitions, illustrant tout à la fois la compacité du dispositif munichois et la volonté de disposer les Jeux au sein d’un ensemble cohérent de plus de 2 kilomètres de long.

Plus globalement, pas moins de 89% des installations sportives nécessaires aux Jeux sont situées dans un rayon de moins de 30 kilomètres du secteur où pourrait être construit le Village des Athlètes, au nord-est de Munich.

Un Village qui, après les Jeux, serait niché au cœur d’un parc urbain et paysager conçu tel un poumon vert pour la ville.

Vue aérienne du Stade Olympique de Berlin, Allemagne (Crédits – Olympiastadion Berlin)

Candidate malheureuse aux Jeux de l’an 2000, puis intéressée par la perspective des JO 2024 avant d’être écartée par le DOSB au profit de Hambourg, la capitale fédérale allemande entend elle-aussi miser en priorité sur l’existant.

Berlin dispose notamment de toute une panoplie d’infrastructures d’ampleur, du Stade Olympique en passant par le Centre Aquatique Olympique et le Vélodrome.

Baptisé « Berlin+ », le concept se fonde aussi sur la mobilisation de sites sportifs existants par-delà les seules frontières de la capitale, trois à quatre Länder allemands pouvant ainsi être associés aux Jeux.

A ce stade, ledit concept reposerait donc sur plus de 90% de sites existants, se rapprochant ainsi du standard installé par Paris 2024 dont les Jeux constituent une source d’inspiration légitime pour Berlin.

Visuel de la transformation post-JO du Stade Olympique modulable de la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr en Allemagne (Crédits – Region Rhein-Ruhr)

Du côté de la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr, l’élaboration de la candidature a révélé une ambition intacte de la Rhénanie du Nord-Westphalie pour casser les codes traditionnels, et proposer des Jeux hors-les-murs, elle qui fut intéressée par les JO 2032.

Reprenant l’idée de Jeux pensés à l’échelle régionale – comme a pu le porter Brisbane et le Queensland pour l’édition 2032 – le concept Rhin-Ruhr est à l’évidence le plus atypique des trois encore dans la course pour représenter les intérêts allemands.

De fait, plus de 15 villes seraient directement concernées par l’accueil des Jeux dont le point central se situerait à Cologne où un Stade Olympique temporaire serait édifié.

Adjacente au Village des Athlètes en mesure d’héberger jusqu’à 90% des compétiteurs à moins d’une heure de leur site respectif, l’enceinte de 50 000 sièges laisserait place après les Jeux à un nouvel écoquartier comprenant logements, commerces et services à destination de la population locale, s’inspirant ici pour partie des projections un temps envisagé par Hambourg dans le cadre de sa candidature – avortée – aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.


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