JO 2036 : L’Asie du Sud-Est pourrait se positionner avec une candidature régionale

Même si l’Indonésie est pour l’heure exclue du processus de candidature pour l’organisation des Jeux d’été de 2036, les autorités du pays maintiennent une ambition qui pourrait à terme prendre la forme d’un projet englobant d’autres pays de l’Asie du Sud-Est comme les Philippines.

Vue de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’Asie du Sud-Est 2025 au Rajamangala National Stadium de Bangkok, Thaïlande, le 09 décembre 2025 (Crédits – SEA Games Thailand 2025)

En cette fin d’année 2025, l’Indonésie continue de rêver à l’accueil prochain d’une édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.

Pourtant, eu égard à la position adoptée par le pays à l’encontre d’une délégation de gymnastes israéliens peu avant la tenue des Championnats du Monde de gymnastique artistique 2025 à Jakarta, le Comité International Olympique (CIO) a pris la décision cet automne de rompre toute forme de dialogue avec le Comité National Olympique Indonésien.

En d’autres termes, l’ambition de l’Indonésie est aujourd’hui anéantie et l’idée même d’une candidature est à ce stade caduque aux yeux de l’institution de Lausanne (Suisse).

Il n’empêche, en parallèle de la récente organisation de l’édition 2025 des Jeux d’Asie du Sud-Est en Thaïlande, le pays aux plus de 283,5 millions d’habitants a réaffirmé sa volonté d’abriter un jour l’événement olympique et paralympique planétaire et ce, par l’intermédiaire de son Ministre de la Jeunesse et des Sports, par ailleurs membre du CIO depuis 2019, Erick Thorir.

Comme l’a ainsi rapporté le quotidien « The Philippine Star » le 12 décembre dernier, le Ministre indonésien s’est entretenu à Bangkok avec Patrick Gregorio, Président de la Philippine Sports Commission (PSC), pour évoquer la possibilité de candidater pour des Jeux d’été en Asie du Sud-Est, l’échéance de 2036 étant même susceptible d’être discutée lors d’une réunion entre les Ministres des Sports de la région qui se tiendra du 06 au 08 février 2026 à Bali.

Erick Thorir, Ministre indonésien de la Jeunesse et des Sports et membre du Comité International Olympique ; et Patrick Gregorio, Président de la Philippine Sports Commission, lors d’une entrevue courant décembre 2025 à Bangkok, Thaïlande (Crédits – Erick Thorir / Page Officielle Thread)

Car lors de cette entrevue orchestrée en marge de la manifestation régionale des Jeux d’Asie du Sud-Est (09 au 20 décembre 2025), les deux leaders ont même suggéré l’idée de formaliser une candidature conjointe qui serait menée par l’Indonésie et les Philippines, pays où l’idée d’un projet pour les Jeux fut évoquée dès 2013.

Ainsi que l’a exposé Patrick Gregorio :

L’Asie du Sud-Est peut-elle accueillir les Jeux Olympiques ? Oui, bien sûr, c’est possible. Il est temps. Plus de 700 millions d’habitants. Cinq anneaux olympiques pour les cinq membres fondateurs de l’ASEAN : l’Indonésie, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie et les Philippines.

Nous discutons de la possibilité d’une organisation conjointe pour l’Asie du Sud-Est, ce qui serait encore plus stimulant.

Si pour l’heure, l’Indonésie demeure le seul des cinq pays précités à s’être officiellement avancé sur le terrain d’une candidature, les Philippines pourraient prochainement entrer dans la danse.

Comme l’a en tout cas fait savoir le Président de la PSC qui, à la tête de cet organisme, exerce les fonctions de Ministre des Sports, l’idée d’une telle entreprise a déjà été abordée auprès du Président de la République des Philippines, Ferdinand Marcos Jr., ainsi qu’avec le Président du Comité National Olympique Philippin, Bambol Tolentino.

Si Patrick Gregorio se montre enthousiaste, il reste aussi pragmatique et conscient qu’aucune décision ne saurait être prise sans des échanges plus poussés.

Ainsi qu’il l’a indiqué :

Nous n’en sommes qu’au stade de la réflexion.

En tant que Ministres des Sports, nous avons besoin du feu vert de nos deux Présidents.

C’est un projet que nous pourrons mettre en œuvre lorsque les Philippines accueilleront le Sommet de l’ASEAN en 2026.

Vue des anneaux olympiques au haut des tribunes du Stade panathénaïque à Athènes, Grèce, lors de la Cérémonie de passation de la flamme olympique de Milan-Cortina 2026, jeudi 04 décembre 2025 (Crédits – IOC / Tom Dulat)

L’année qui va s’ouvrir sera dès lors capitale pour engager plus encore l’Indonésie et les Philippines dans la perspective d’un projet commun.

Il faudra au préalable que le CIO repense sa ferme position aujourd’hui en place à l’égard de l’Indonésie, sauf à envisager que cette dernière ne soit in fine qu’un appui pour un projet du Sud-Est asiatique.

Quoiqu’il en soit, dans l’hypothèse où cette zone géographique venait à se positionner sur la question d’une candidature olympique et paralympique, elle serait immanquablement confrontée à la concurrence de la Corée du Sud et de l’Inde, deux pays du continent qui ont déjà formalisé leur candidature respective et qui ont déjà eu l’opportunité de discuter avec les représentants du CIO à Lausanne en avril et en juillet 2025.

Pour l’Asie du Sud-Est, la quête des Jeux serait évidemment un enjeu de reconnaissance mondiale, mais aussi régionale dans une sphère géographique où, à ce jour, seuls le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont pu être amenés à recevoir l’événement planétaire : le Japon avec Tokyo en 1964 et 2020, ainsi que Sapporo (1972) et Nagano (1998) pour la version hivernale ; la Corée du Sud avec Séoul en 1988, et PyeongChang pour les Jeux d’hiver en 2018 ; la Chine enfin avec Pékin, seule et unique ville au monde à avoir abrité les Jeux d’été (2008) et ceux d’hiver (2022).

De surcroît, elle constituerait un retour de la région sur la scène olympique après les candidatures infructueuses de Bangkok et de Kuala Lumpur dans la course aux JO 2008.

Aux débuts des années 2000 et de l’entrée dans le troisième millénaire, la capitale thaïlandaise et sa rivale et voisine malaisienne avaient en effet déposé deux dossiers distincts auprès du CIO.

Cérémonie d’allumage de la flamme olympique de Milan-Cortina 2026, le 26 novembre 2025 à Olympie, Grèce (Crédits – IOC / Maja Hitij)

Considérées comme Requérantes, les deux capitales furent toutefois écartées du processus de sélection après l’étude des propositions par un Groupe de travail de l’institution olympique. A l’aune des conclusions dudit Groupe, la Commission Exécutive du CIO avait alors fait le choix de ne pas retenir les projets de Bangkok et de Kuala Lumpur – de même que ceux de La Havane (Cuba), Le Caire (Égypte) et Séville (Espagne) – lors d’une réunion opérée le 28 août 2000.

A partir de cette date, seules les candidatures émanant d’Istanbul (Turquie), Osaka (Japon), Paris (France), Pékin (Chine) et Toronto (Canada) furent autorisées à poursuivre l’aventure en direction des JO 2008 ; l’événement ayant finalement été attribué à la capitale chinoise – grandissime favorite – et ce, lors du second tour de scrutin dans le cadre de la 112ème Session du CIO à Moscou (Russie), le 13 juillet 2001.

Distançant dès le premier tour ses poursuivantes avec 44 suffrages, contre 20 pour Toronto, 17 pour Istanbul, 15 pour Paris et seulement 6 pour Osaka, Pékin s’imposa au tour suivant par un total conséquent de 56 voix, contre 22 pour sa concurrente canadienne, 18 pour la capitale française et 9 pour la candidature stambouliote.


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