Au début du mois d’octobre, une délégation du Comité National Olympique (CNO) de Palestine a été reçue à Lausanne (Suisse), au siège du Comité International Olympique (CIO), pour évoquer la situation critique du conflit en cours au Proche-Orient, et pour discuter aussi du soutien à fournir aux athlètes palestiniens dans la perspective des futurs rendez-vous sportifs internationaux.

Quelques jours après la présentation d’un plan de paix coordonné par le Président des États-Unis, Donald Trump – dont la mise en application concrète soulève tout autant espoir et inquiétudes – une délégation du CNO de Palestine a été conviée au siège du CIO pour y rencontrer la Présidente de l’institution, Kirsty Coventry.
Conduite par le Président du CNO, Jibril Rajoub, ladite délégation a notamment pu aborder l’impact de la guerre sur le sport palestinien, alors que le conflit entre les forces israéliennes et le mouvement terroriste du Hamas a ravagé depuis plus de deux ans la bande de Gaza, provoquant la mort de dizaines de milliers de personnes et conduisant au déplacement de plusieurs centaines de milliers de civils.
Ainsi que l’a exprimé Kirsty Coventry à l’issue de cette rencontre organisée le 1er octobre 2025 :
Comme toutes les personnes qui aspirent à la paix dans la région, nous suivons de très près les développements diplomatiques actuels et espérons qu’ils ouvriront bientôt la voie à la paix.
Nous continuons d’exprimer notre plus profonde compassion à toutes les personnes touchées par ce conflit et nous sommes bien évidemment solidaires de la communauté olympique de la région.
La Présidente du CIO a également rappelé le rôle du sport pour unir le monde autour d’un cadre pacifique en prenant l’exemple de Paris 2024 où les délégations israélienne et palestinienne, ainsi que l’équipe olympique des réfugiés ont résidé au sein du Village des Athlètes.
Kirsty Coventry a aussi profité de cette entrevue avec les représentants du CNO de Palestine pour évoquer le soutien de l’institution olympique et l’appui au « Plan de relance du sport palestinien » présenté par Jibril Rajoub.
Au-delà du travail de coordination que le CIO s’est engagé à mener pour in fine permettre la reconstruction des installations sportives de la région et l’accompagnement à la reprise des activités sportives, l’institution de Lausanne a fait savoir que plusieurs bourses de la Solidarité Olympique seraient octroyées à des athlètes palestiniens et ce, afin d’assurer l’entraînement de ces derniers dans l’optique des Jeux Asiatiques de la Jeunesse 2025 à Bahreïn, mais aussi des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Daker 2026, des Jeux Asiatiques d’Aichi-Nagoya 2026, et des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.
A l’issue de la réunion – où la question de sanctions à l’égard du CNO d’Israël n’a pas été évoquée – le CIO a tenu à apporter quelques précisions utiles, tandis que certaines voix se sont élevées ces derniers mois pour réclamer des mesures fermes à l’instar de ce qui a pu être mis en place vis-à-vis de la Russie et de la Biélorussie après le déclenchement de la guerre en Ukraine.
De fait, comme l’a énoncé l’institution olympique :
Les CNO d’Israël et de Palestine ont été reconnus par le CIO sur leurs territoires reconnus par la communauté internationale, avec les mêmes droits. Ils coexistent pacifiquement au sein du Mouvement olympique.
Les deux CNO respectent la Charte olympique.
Le CIO reste en contact régulier avec les représentants de ces deux CNO et continue à travailler en étroite coopération avec eux pour apporter un soutien à leurs athlètes respectifs.
En filigrane, le CIO distingue ici les deux conflits qui n’ont pas été opérés dans le même contexte.
De fait, l’ouverture du conflit en Ukraine a été actée alors même que la Trêve olympique était en vigueur en février 2022, période au cours de laquelle Pékin (Chine) fut l’hôte des Jeux d’hiver. A ce titre, les sanctions prises à l’époque par le CIO l’ont été sous le prisme de la violation de ladite Trêve et de facto, de la Charte olympique.
Il ne faut pas négliger non plus le fait que la Russie était à ce moment-là déjà dans le viseur de l’institution olympique depuis Sotchi 2014 et les révélations successives autour du dopage organisé.
Le soutien historique dont bénéficie Israël de la part des États-Unis – puissance sportive majeure – peut également expliquer la différence d’approche et la prudence des grandes organisations sportives internationales sur le sujet.
A l’aube des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, le CIO ne devrait en tout cas pas changer de position, sauf coup de théâtre, et même si les pressions d’autorités gouvernementales ont pu émerger autour de la participation d’athlètes israéliens dans le cadre de manifestations sportives.
En cela, les propos de l’ancien Président du CIO tenus en mars 2023 sur la question du conflit entre la Russie et l’Ukraine et les tentatives d’ingérence politique trouvent aujourd’hui un nouvel écho face à ces nouvelles pressions extérieures.
Comme l’avait alors fait savoir avec fermeté Thomas Bach :
Il est déplorable de voir que des gouvernements ne veulent pas respecter la volonté de la majorité des parties prenantes du Mouvement olympique, ni l’autonomie du sport. Il est déplorable de voir que ces gouvernements ne traitent pas la question des doubles standards.
Nous n’avons pas vu un seul commentaire sur leur attitude à l’égard de la participation d’athlètes des pays des 70 autres guerres et conflits armés à travers le monde.
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