JO 2036 : L’ambition olympique qatarie présentée à la tribune des Nations Unies

Deux mois après avoir confirmé sa candidature pour l’accueil des Jeux d’été de 2036, le Qatar poursuit sa campagne promotionnelle, le Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani profitant de la récente Assemblée Générale des Nations Unies pour rappeler le positionnement diplomatique de son pays et exposer l’ambition olympique de Doha.

L’émir du Qatar, le Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 23 septembre 2025 (Crédits – ONU)

Si le processus de sélection des Futurs Hôtes est pour l’heure en stand-by, cela n’empêche pas les postulants de poursuivre leurs actions respectives pour formaliser un projet olympique et paralympique et le promouvoir aux yeux du monde.

Ces dernières années, l’Inde a été particulièrement active sur le sujet, avec l’ambition d’incarner un nouvel eldorado pour le Comité International Olympique (CIO) et le Mouvement sportif dans son ensemble, à l’image de ce que fut la Chine au début des années 2000 et, plus récemment, le Brésil avec l’accueil des JO 2016.

Mais alors que le pays le plus peuplé au monde doit faire face à des critiques quant à sa capacité à relever le challenge des Jeux – en plus des interrogations persistantes concernant la gestion interne de son Comité National Olympique (IOA) – un autre pays d’Asie espère pouvoir tirer son épingle du jeu et ce, après avoir travaillé au cours des années passées pour s’installer durablement sur l’échiquier sportif mondial.

Ainsi, après ses échecs pour les JO 2016 et 2020, et sa tentative avortée pour l’édition 2032, le Qatar compte bien se présenter en position de force devant l’institution olympique, misant en cela sur les réformes engagées par ladite institution pour assouplir les règles entourant les candidatures et la tenue des Jeux.

Vue aérienne de l’Aspire Zone, Qatar (Crédits – Aspire Zone / Mohammed Almarri)

Trois ans après l’organisation de la Coupe du Monde de football 2022, le pays du Moyen-Orient veut désormais franchir un nouveau palier et s’inscrire dans l’histoire du Mouvement olympique.

En juillet dernier, les autorités qataries avaient d’ailleurs confirmé le dépôt d’une candidature pour les JO 2036, démontrant alors une détermination sans faille.

Comme l’avait notamment exposé le Cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, Président du Comité Olympique du Qatar (QOC) et Président du Comité de Candidature :

Notre participation au dialogue en cours autour de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2036 reflète une vision nationale qui considère le sport comme un moteur de développement et une plateforme pour promouvoir la compréhension mutuelle et la paix entre les nations.

Nous avons fait du sport un pilier central de notre stratégie nationale et, aujourd’hui, nous aspirons à valoriser ce rôle aux niveaux régional et mondial en présentant un nouveau modèle, qui reflète la diversité de notre région et célèbre ses valeurs humaines authentiques.

Ces derniers jours, cette volonté d’aller de l’avant et de présenter une vision faisant de la paix entre les nations un argument-clé de la candidature a été réaffirmée par l’émir du Qatar en personne.

Présent à New York (États-Unis) à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani s’est de fait adressé devant les dizaines de représentations diplomatiques nationales pour porter la voix de son pays avec un message tourné vers l’avenir.

Après avoir longuement abordé la question du conflit israélo-palestinien et le rôle du Qatar pour assurer dans cette partie du Globe une médiation entre les divers acteurs concernés, le leader qatari a évoqué le positionnement que Doha a su établir au fil des années face aux grands enjeux mondiaux.

Ainsi qu’il l’a affirmé à la tribune de l’ONU :

Doha est depuis longtemps une capitale mondiale qui accueille des événements politiques, économiques et sportifs majeurs, et qui sert de plaque tournante réunissant les dirigeants et décideurs du monde entier pour discuter et concevoir des solutions réalistes aux défis planétaires que nous avons en commun.

L’émir du Qatar est ensuite aller plus loin dans son exposé en rappelant les liens que le pays a su tisser dans le cadre de coopérations internationales et au gré de l’accueil de grands rendez-vous, avec bien sûr le désir olympique toujours présent.

Sur la base de ces éléments, il a dès lors pu affirmer :

La confiance que nous accorde la communauté internationale repose sans aucun doute sur un historique de réussites organisationnelles.

Forts de ce solide héritage, nous avons soumis notre candidature pour accueillir les Jeux Olympiques de 2036, convaincus que le sport n’est pas une simple compétition, mais un pont pour connecter les peuples et une plateforme pour promouvoir la paix et la compréhension.

L’accueil de la Coupe du Monde de football en 2022 témoigne de notre capacité à transformer les grands événements sportifs en arènes de communication et de rapprochement entre les cultures.

Vue de la Corniche de Doha, Qatar, en novembre 2016 (Crédits – Sport & Société)

Un message universel en parfaite symbiose avec les idéaux olympiques et qui – aujourd’hui plus que jamais – fait écho à l’actualité internationale et peut-être davantage encore, avec l’actualité régionale au Proche et au Moyen-Orient.

Conscientes des défis imposés par une candidature aux Jeux sur le plan sportif ou environnemental, les autorités qataries savent aussi que l’attribution du plus grand événement planétaire se joue aussi sur la dimension diplomatique.

Cet aspect sera à n’en pas douter l’un des piliers de la stratégie de Doha pour tenter de s’imposer aux yeux du CIO comme un futur partenaire incontournable pour l’accueil des Jeux.


En savoir plus sur Sport & Société

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.