Milan-Cortina 2026 : Le CIO renouvelle la présence des athlètes sous bannière neutre

Comme lors des Jeux de Paris 2024, les athlètes russes et biélorusses ne pourront prendre part aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 que sous certaines conditions strictement édictées par le Comité International Olympique (CIO).

Kirsty Coventry, Présidente du CIO, lors de la réunion de la Commission Exécutive, jeudi 18 septembre 2025 à Milan, Italie (Crédits – IOC / Francesco Scaccianoce)

Attendue au tournant depuis son élection à la tête du CIO, plus tôt cette année, Kirsty Coventry imprime peu à peu sa marque, faisant preuve d’autorité lorsque cela est nécessaire.

Aussi, en actant le principe de participation des athlètes individuels neutres (AIN) pour les Jeux de Milan-Cortina 2026, Kirsty Coventry et la Commission Exécutive qu’elle dirige ont posé les bases de la venue d’athlètes russes et biélorusses, alors que l’échéance olympique approche à grands pas.

Dans la continuité de la politique adoptée par son prédécesseur en la matière, la Présidente de l’institution olympique a fait le choix de maintenir à l’écart les compétiteurs russes et biélorusses dans leur grande majorité, exception faite des athlètes pouvant répondre à une série de critères déjà établis par le CIO en amont des Jeux de Paris 2024.

Concrètement – et ainsi que l’a précisé le CIO à l’issue de la réunion de la Commission Exécutive, la semaine dernière – les athlètes individuels neutres qui se seront qualifiés au cours de compétitions reconnues et orchestrées par le biais des systèmes de qualification au sein des Fédérations Internationales pourront par la suite prétendre à concourir aux Jeux d’hiver de 2026.

Il faudra néanmoins que les athlètes – détenteurs d’un passeport russe ou biélorusse – respectent un certain nombre de points rappelés par l’institution de Lausanne (Suisse).

De fait, les athlètes qui soutiennent activement la guerre en cours en Ukraine ne seront pas autorisés à être inscrits ni aux compétitions qualificatives des Fédérations Internationales, ni aux Jeux Olympiques. Il en sera de même pour les membres composant le personnel d’encadrement.

Sur le même principe, les athlètes sous contrat avec l’armée russe ou biélorusse, ou bien avec des agences de sécurité nationales, ne seront pas non plus autorisés à concourir. Le personnel d’encadrement est lui-aussi concerné.

Eu égard au passif constaté ces dernières années, tous les athlètes individuels neutres devront par ailleurs satisfaire à toutes les exigences en matière de lutte contre le dopage.

Comme pour les Jeux de Paris 2024, il est à noter que seuls pourront concourir des athlètes individuels, ce qui écarte dès lors la participation d’équipes pour les sports collectifs.

Drapeau des athlètes individuels neutres (Crédits – IOC)

Comme pour Paris 2024 toujours, un Comité d’examen des athlètes individuels neutres veillera à l’évaluation de l’admissibilité de chacun des athlètes – ils furent 32 russes et biélorusses l’an passé – et de celle de leur personnel d’encadrement.

Ledit Comité sera présidé par une figure majeure de l’institution olympique en la personne de Nicole HOEVERTSZ, membre du CIO et notamment Présidente de la Commission de Coordination des Jeux de Los Angeles 2028. Cette dernière sera accompagnée dans sa mission par Pau GASOL, membre de la Commission d’Éthique du CIO et représentant des athlètes, et par Morinari WATANABE, représentant des Fédérations Internationales, avec aussi l’appui du Chief Officer Éthique et Conformité du CIO qui agira en qualité de Secrétaire du Comité.

A l’aune de l’examen des potentiels participants aux Jeux, le CIO adressera les invitations individuelles à chacun et publiera in fine la liste complète des AIN conviés à l’édition hivernale de Milan-Cortina 2026.

Le travail du Comité précité ne s’arrêtera pas là. En effet, il veillera en outre à ce que les athlètes concernés et le personnel d’encadrement participent aux Jeux en respectant pleinement les principes édictés, notamment au niveau du comportement pendant et après les Jeux.

A ce titre, le Comité aura la possibilité de saisir la Commission Disciplinaire du CIO pour que des sanctions puissent être prises en cas de manquement constaté et qui serait considéré comme contraire à la Charte olympique, aux conditions de participation en vigueur pour les JO 2026, ou aux principes spécifiquement consacrés aux AIN.

Durant les Jeux, et bien que leur participation soit possible sur l’aire de compétition, une série d’éléments protocolaires sera délimitée pour les athlètes individuels neutres, reprenant en cela le schéma adopté lors des JO 2024.

Ainsi, les athlètes concernés ne pourront prendre part au défilé des délégations lors de la Cérémonie d’ouverture du 06 février prochain à Milan, mais ils pourront toutefois assister à l’événement dans le Stade San Siro.

Par la suite, ils seront identifiés par le drapeau des AIN lors des Cérémonies des vainqueurs, et un hymne dédié – sans paroles – sera joué en cas de titre olympique, sachant également que les médailles remportées par les AIN ne seront pas affichées dans le tableau des médailles des Comités Nationaux Olympiques (CNO).

Concernant la Cérémonie de clôture, la décision de la participation ou non des AIN sera prise pendant les Jeux, sachant que contrairement à l’ouverture de l’événement olympique qui se fait par équipes, la clôture laisse quant à elle l’opportunité aux athlètes de défiler tous ensemble par-delà leur affiliation respective aux CNO.

Réunion de la Commission Exécutive du CIO, jeudi 18 septembre 2025 à Milan, Italie (Crédits – IOC / Francesco Scaccianoce)

Mais au-delà de la question d’une participation aux Jeux, il est à souligner le rôle capital dévolu aux Fédérations Internationales qui sont des partenaires et des interlocuteurs du CIO.

Celles-ci ont de fait la prérogative de décider ou non de l’intégration des athlètes – et dans le cas présent des compétiteurs russes et biélorusses – ce qui peut avoir des conséquences immédiates avant même d’enclencher le processus d’examen propre au CIO.

A titre d’exemple, World Athletics n’avait pas ouvert les portes de ses compétitions – et notamment des épreuves qualificatives – aux athlètes russes et biélorusses, privant dès lors ces derniers de toute perspective de participer aux Jeux de Paris 2024.


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