La Commission de Coordination des Jeux de Los Angeles 2028 s’est rendue la semaine dernière dans la « Cité des Anges » pour évoquer l’avancée des préparatifs avec les organisateurs et ce, alors que la cité californienne est actuellement confrontée à des tensions politiques et sociales majeures, quelques mois seulement après avoir dû affronter des incendies dévastateurs pour la région.

Conduite par Nicole Hoevertsz, la récente visite de la Commission de Coordination des Jeux d’été de LA 2028 est intervenue à un moment charnière des préparatifs, à peine plus de trois ans avant la Cérémonie d’ouverture programmée pour le 14 juillet 2028.
Ces derniers mois, la montée en puissance desdits préparatifs s’est ainsi traduite par un accroissement du nombres de partenaires, assurant d’ores et déjà la sécurisation de plus de 60% de l’objectif de sponsoring fixé à 2,5 milliards de dollars par LA 2028. Cette dynamique devrait se poursuivre dans les mois à venir, les organisateurs espérant passer le cap des 2 milliards de dollars de contrats d’ici la fin de l’année 2025.
La présentation des sites olympiques et le dévoilement des sites paralympiques ont également été des temps-forts importants.
Des temps-forts d’autant plus essentiels lorsque l’on se remémore la promesse de Los Angeles 2028 – évoquée dès la phase de candidature et maintes fois réitérée depuis – de mettre en œuvre des Jeux d’une nouvelle ère où l’expérience des athlètes et des spectateurs atteindra un niveau encore jamais vu sur la scène des Jeux.
Cette expérience magnifiée devrait à n’en pas douter être au rendez-vous, le spectacle des Cérémonies disposées dans deux stades pour la première fois de l’histoire et l’orchestration des épreuves au sein de sites de classe mondiale – avec parfois des jauges inédites comme pour la natation agencée au cœur du monumental SoFi Stadium – amorçant déjà ce que pourraient être ces Jeux, les troisièmes pour Los Angeles et sa région après 1932 et 1984.
Ces divers développements – annoncés concomitamment à la révélation des programmes des épreuves et des quotas d’athlètes pouvant prendre part à l’événement olympique et à la manifestation paralympique – ont bien sûr été affinés à l’aune des leçons retenues de Paris 2024. L’édition tricolore a en effet placé le curseur à un niveau supérieur, le succès constaté par tous étant aujourd’hui devenu un modèle à suivre ou tout du moins une source d’inspiration pour les Futurs Hôtes à l’instar de Brisbane 2032 et avant, de LA 2028.
A l’évidence, le degré des efforts déployés par les organisateurs ont pu être pleinement mesurer par la Commission de Coordination des JO 2028 qui a fait le déplacement in situ la semaine passée, en présence de Tony Estanguet, nouveau membre de l’instance, récemment revenu au Comité International Olympique (CIO) et auréolé de la réussite de Paris 2024.
Comme l’a ainsi exposé Nicole Hoevertsz, Présidente de ladite Commission, qui a pu assister à un match de baseball dans l’enceinte du mythique Dodger Stadium en parallèle des réunions opérées dans l’écrin du Los Angeles Convention Center :
LA 2028 a franchi des étapes importantes qui jettent les bases d’une édition des Jeux qui sera en tout point remarquable.
De la finalisation du plan directeur des sites à la mise en place d’une équipe dynamique, en passant par les progrès accomplis dans le domaine de la planification opérationnelle, une véritable montée en puissance est en train de s’opérer. C’est ce qu’a constaté la Commission de Coordination du CIO […] sans oublier les liens de plus en plus étroits que le comité d’organisation tisse avec les communautés de Los Angeles.
Les préparatifs pour 2028 sont en bonne voie – et ils reposent sur le partenariat, la détermination et l’ambition.
Pour sa part, Casey Wasserman n’a pas manqué de souligner l’étroite coopération mise en œuvre avec le CIO et l’institution paralympique depuis la désignation de LA 2028, le 13 septembre 2017, ainsi qu’avec la Ville de Los Angeles.
Cette dernière est bien sûr un partenaire de premier plan, tout comme d’ailleurs les Villes de Long Beach et de Carson, deux pôles-clés de la future édition des Jeux, dont le budget d’organisation s’élève désormais à 7,1 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 200 millions par rapport aux précédentes projections.
Ainsi que l’a fait savoir le Président du Comité d’Organisation :
Nous tenons à remercier nos partenaires de livraison au CIO, le Comité International Paralympique et la Ville de Los Angeles pour leur participation à cette nouvelle réunion de la commission de coordination riche en enseignements et pour leur soutien.
Grâce aux récentes améliorations apportées au plan des Jeux Olympiques et Paralympiques, ainsi qu’à la dynamique engagée avec nos partenaires commerciaux, notre travail de planification se poursuit, avec précision, minutie et détermination.
Nous sommes convaincus que nos progrès nous permettront d’offrir aux athlètes, aux habitants de Los Angeles et aux visiteurs des Jeux exceptionnels et responsables sur le plan financier à l’été 2028.
La réévaluation du budget – dû aux effets de l’inflation économique, mais également aux coûts prévisionnels de location des enceintes sportives – n’est toutefois pas de nature à susciter d’inquiétude particulière du côté des organisateurs et des autres parties prenantes au projet olympique et paralympique.
Le travail de planification d’ores et déjà mené, la mobilisation de sites existants, ou encore la dynamique du programme de sponsoring sont autant d’éléments qui peuvent rassurer ces acteurs des JO 2028, tout comme l’engagement récent des autorités locales pour accompagner les petites entreprises dans l’optique du rendez-vous planétaire.
Des Jeux qui espèrent réitérer les performances de Paris 2024 – qui a à date annoncé un excédent du budget d’organisation de plus de 76 millions d’euros – et de Los Angeles 1984 qui demeure à ce jour l’édition ayant fait état du plus important excédent.
Fin connaisseur de la sphère sportive et politique régionale, en plus d’être un homme d’affaires reconnu, Casey Wasserman se montre en tout cas confiant pour la suite de l’aventure des Jeux de LA 2028.
Comme il l’a évoqué :
La dernière chose dont un contribuable devrait se soucier, c’est nous.
Nous savons comment faire. Nous le prouvons chaque jour et nous le prouverons tout au long du processus. Nous sommes, dans tous les sens du terme, prêts à donner à la ville, et non à lui prendre.
Par-delà la question budgétaire, l’attention des organisateurs est peut-être davantage portée sur les soubresauts politiques et les tensions sociales qui émaillent actuellement le paysage américain.
Si le retour au pouvoir de Donald Trump n’a pas été commenté outre mesure par le Comité d’Organisation – qui avait déjà connu la présidence Trump entre 2016 et 2020 – LA 2028 n’en demeure pas moins vigilant quant aux décisions prises par l’Administration fédérale avec laquelle les organisateurs discutent.
En novembre 2024, le Comité d’Organisation de LA 2028 avait d’ailleurs affiché sa sérénité sur le sujet.
Ainsi que l’avait affirmé à l’époque Reynold Hoover, Directeur Général de LA 2028 :
Nous avons développé des relations avec la nouvelle Administration Trump par le biais de l’équipe de transition.
Nous avons engagé des relations avec nos partenaires fédéraux dans tous les Départements et Agences qui ont un rôle à jouer pour nous aider à organiser les meilleurs Jeux de tous les temps.
Au même moment, Casey Wasserman avait enfoncé le clou en ces termes :
Le Président Trump était Président lorsque nous avons obtenu les Jeux en 2017 et a signé des documents contraignants au niveau fédéral pour assurer la sécurité et les transports [lors des Jeux].
Les Jeux ne sont pas une question de politique. Ils ne sont pas une question de rouge [couleur du Parti Républicain] et de bleu [couleur du Parti Démocrate], ils sont une question de rouge, de blanc et de bleu.
Ce sont les Jeux de l’Amérique qui se déroulent à Los Angeles, et ils se situent au-dessus de la politique dans presque tous les sens du terme.
Les récentes restrictions et interdictions de territoire imposées par ladite Administration à l’égard de plus d’une dizaine de pays à travers le monde pour des raisons de sécurité intérieure ne devraient pas impacter la venue prochaine des athlètes, la Coupe du Monde de football 2026 et les Jeux d’été de 2028 constituant deux cas d’exemption.
Il faut dire que le Président des États-Unis – adepte de la communication et des réseaux sociaux – a parfaitement conscience de la puissance de l’image véhiculée par l’organisation sur le territoire national des deux plus grandes manifestations sportives au monde à deux années d’intervalle.
Il convient en ce sens de rappeler que Donald Trump – qui avait reçu le Président du CIO à la Maison Blanche en 2017 – sera à la manœuvre desdits événements qui interviendront au cœur de son second mandat présidentiel, lui qui sera en particulier à la tribune au moment de prononcer officiellement l’ouverture des Jeux de la XXXIVe Olympiade.
Outre la dimension politique, la gestion actuelle des tensions sociales relevées du côté de Los Angeles et dans plusieurs villes américaines sur fond de décisions migratoires contestées est également scrutée avec attention, même si lesdites tensions ne surviennent qu’un peu plus de trois ans avant le déroulement des Jeux.
A l’instar de ses prédécesseurs, le Comité d’Organisation de LA 2028 devra de toute façon composer avec les aléas qui jalonnent chacune des éditions des Jeux avec plus ou moins d’intensité, en restant surtout concentrer sur ses objectifs en balayant les critiques et autres rumeurs, comme après les incendies dévastateurs survenus dans la région de Los Angeles lorsque certains avaient avancé l’idée de reporter ou d’annuler les Jeux.
L’orchestration d’un événement de cette dimension – avec plusieurs années de préparation en amont – est immanquablement sujet à des adaptations, le contexte de la phase de candidature n’étant pas le même au moment de la livraison des Jeux et ce, que ce soit sur le plan politique, économique ou encore social, environnemental et sécuritaire.
Tokyo 2020 et Paris 2024 en sont deux parfaits exemples.
La première édition citée a ainsi dû gérer la crise liée à la pandémie mondiale de Covid-19, tandis que la seconde édition a spécifiquement dû vivre avec une succession d’attaques terroristes dans l’Hexagone, avant de parvenir à livrer des Jeux sans accrocs majeurs quant au volet relatif à la sécurité de l’événement.
Quoiqu’il en soit, les mois à venir permettront à LA 2028 de poursuivre les efforts déjà déployés et d’accélérer peu à peu les préparatifs à mesure que le rendez-vous mondial approchera.
Comme évoqué précédemment, LA 2028 entend accroître encore davantage la puissance de ses partenariats pour tenter d’atteindre voire de dépasser l’édition-record en la matière de Tokyo 2020.
Des annonces sont par ailleurs prévues en ce qui concerne les points stratégiques de la billetterie et des hospitalités, mais aussi du volontariat, LA 2028 devant, comme pour toute édition, assurer le recrutement de plusieurs dizaines de milliers de volontaires dans la perspective des Jeux.
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