Présidence du CIO : Le Prince Feisal Al Hussein veut « exploiter le potentiel du sport dans le monde »

Membre du Comité International Olympique (CIO) depuis 2010, le Prince Feisal Al Hussein est aujourd’hui l’un des sept candidats à la présidence d’une institution qu’il entend accompagner dans les grands défis des années à venir, entre poursuite de l’effort de durabilité, établissement de nouveaux partenariats stratégiques, ou encore ouverture plus large en direction de la jeunesse.

Le Prince Feisal Al Hussein lors de la présentation de sa candidature à la présidence du CIO, le 30 janvier 2025 à Lausanne, Suisse (Crédits – IOC / Greg Martin)

Âgé de 61 ans, le Prince Feisal Al Hussein est, parmi les prétendants déclarés à la fonction suprême du CIO, l’un des plus expérimentés et l’un de ceux pouvant pleinement remplir les fonctions de futur Président de l’institution au sein de laquelle il a réussi à opérer une ascension minutieuse, pas après pas, pour gravir les divers échelons majeurs.

Diplômé d’une Licence en Sciences et Électronique – spécialisation en communication – de l’Université Brown dans l’État du Rhode Island (États-Unis) et d’un Master en Gestion de la London Business School (Royaume-Uni), le Prince Feisal Al Hussein a d’abord occupé différents postes au sein des forces armées de Jordanie, tout en s’installant progressivement comme un leader régional, avant finalement de rejoindre le CIO en 2010.

De fait, membre des Forces aériennes royales de Jordanie (RJAF) entre 1981 et 2017, Son Altesse Royale a notamment été Officier d’État-major au sein de la Direction des Opérations aériennes (1990-1993), puis Chef d’escadron (1995-1996), Chef des Opérations pour Air Lift Wing (1996-1999), Brigadier Général (1999-2001), mais encore Assistant en charge des opérations et de la défense aérienne (1999-2002), Chef du Haut Comité d’Organisation du Salon des Forces d’opérations spéciales (SOFEX), Major Général (2001-2004), Commandant de la RJAF (2002-2004), et enfin Lieutenant Général et Assistant spécial auprès du Président des Chefs d’État-major (2004-2017).

En Jordanie, le Prince Feisal Al Hussein a par ailleurs été à la tête du Conseil de l’Université Mu’ta (2001-2010), avant de prendre la présidence du Centre d’excellence Roi Abdullah II dès 2002 et du National Policy Council à partir de 2018.

Au-delà de fonctions éminentes dans la sphère administrative jordanienne, le passionné de football, de volleyball, de lutte et de sport automobile – copilote sur le Rallye de Jordanie entre 1985 et 1988 – a aussi très tôt acquis une solide expérience dans la gouvernance sportive, ayant notamment été Président du Conseil Exécutif des sports mécaniques du Club Automobile Royal entre 1989 et 2004, Chef du Haut Comité d’Organisation des 9èmes Jeux Panarabes en 1999, Président du Haut Comité d’Organisation des Jeux Arabes des écoliers en handball et en athlétisme (2001), sans compter bien sûr son rôle de Président du Comité National Olympique de Jordanie depuis 2003 et de Président de Jordan Motorsport depuis 2004.

Fondateur et Président de Generations For Peace – soit l’une des deux seules entités de consolidation de la paix par le sport reconnues par le CIO – le Prince Feisal Al Hussein a par la suite intégré le Conseil Olympique d’Asie, devenant dès lors membre du Comité Exécutif et du Comité Consultatif en 2007, tout en accédant à la présidence du Comité « Paix par le sport » la même année.

Trois ans plus tard, le leader jordanien fut élu membre du CIO, multipliant depuis les missions et fonctions, tant dans la gouvernance olympique qu’auprès d’instances sportives internationales.

Concrètement, Son Altesse Royale a été membre de plusieurs instances thématiques, parmi lesquelles les Commissions de l’Entourage (2010-2014), des Droits TV et Nouveaux Médias (2014-2015), des Relations Internationales (2014-2015), Sport et Environnement (2014-2015), Affaires Publiques et Développement social par le sport (2015-2021), Femmes dans le sport (2015-2021), Numérique et Technologie (2017-2020), mais encore la Commission de Coordination des Jeux de Tokyo 2020.

Également Président du Groupe de travail sur la Prévention du harcèlement et des abus dans le sport entre 2017 et 2023, le Prince Feisal Al Hussein est en outre Vice-Président de la Commission Égalité des genres, Diversité et Inclusion depuis 2022 et Président du Groupe de travail du CIO sur la Protection depuis 2023, tout en étant, en dehors de l’institution olympique, membre du Conseil d’administration de la Fondation Internationale pour la Trêve Olympique depuis 2012, Président Fondateur du Conseil consultatif de protection de la Fédération International de Basketball (FIBA) depuis 2022, mais aussi membre du Conseil Exécutive et membre de la Commission Équité des genres au sein de l’Association des Comités Nationaux Olympiques (ACNO), et enfin membre du Conseil de la Fondation d’éthique de la gymnastique depuis 2019.

Les diverses fonctions ainsi exercées par le passé ou actuellement donnent en tout cas la mesure de l’engagement du Prince Feisal Al Hussein dans le sport et, plus encore, illustrent quelques-uns des axes-forts de sa feuille de route de candidat à la présidence du CIO.

Car comme le laisse transparaître son document de candidature adressé aux membres du CIO, son mandat à la tête de l’institution pourrait conduire à des ajustements de gouvernance et à des refontes structurelles, sans toutefois faire subir au Mouvement olympique un bouleversement révolutionnaire.

Couverture du document de candidature du Prince Feisal Al Hussein à la présidence du CIO

Trois impératifs stratégiques dictent ainsi sa feuille de route.

« Inspirer l’imagination » – Autour de ce leitmotiv, le Prince Feisal Al Hussein souhaite améliorer l’approche commerciale et celle portant sur les droits de diffusion.

Cela passerait par un réexamen du programme des Partenaires Mondiaux, au moment où le CIO connaît des départs et des arrivées et alors que les finances de l’institution sont indéniablement au beau fixe. Cela passerait également par une réflexion autour de la programmation des manifestations sportives et des relations avec les Fédérations Internationales pour préserver in fine le modèle des Jeux et leur attrait, sachant que le candidat jordanien préconise par ailleurs une refonte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ). Cela passerait enfin par une plus grande prise en considération des nouvelles technologies – l’Intelligence Artificielle est ouvertement citée – et des nouveaux moyens de diffusion et de communication pour approcher un public jeune.

« Garantir l’intégrité » – Le Prince Feisal Al Hussein entend ici faire de la pratique du sport en toute sécurité l’une de ses priorités, tout comme la lutte contre le dopage et contre les manipulations de rencontres sportives, la problématique de la durabilité étant aussi un point-clé.

Le candidat entend notamment encourager l’adoption de programmes et de partenariats visant à lutter plus efficacement contre toutes les formes d’abus et de violences à l’encontre des athlètes et de l’ensemble des publics impliqués dans le sport.

Sur la question environnementale, il souhaite accroître la coopération avec d’autres institutions internationales – en particulier avec les Nations Unies – avec par ailleurs un soutien dans l’effort de transition écologique au sein des Fédérations Internationales et des Comités Nationaux Olympiques, le but étant d’atteindre et même de dépasser les engagements pris par le Mouvement olympique dans le cadre des Accords de Paris.

« Développer l’inclusion » – Autour de ce thème, le Prince Feisal Al Hussein entend redonner le pouvoir aux membres du CIO, un point qu’il partage d’ailleurs avec d’autres candidats désireux de revoir le mode de décisions, notamment en ce qui concerne le choix des Futurs Hôtes des Jeux ou un report de la limite d’âge de 70 à 75 ans.

Un renforcement de la coopération avec les autres composantes du Mouvement olympique est également souhaité, de même qu’un accompagnement desdites composantes dans la féminisation du sport et des instances de gouvernances pour réduire les disparités entre les sexes, et un soutien continu à l’endroit des initiatives favorisant la paix à travers le monde.

Le Prince Feisal Al Hussein lors de la 134e Session du CIO à Lausanne, Suisse, le 26 juin 2019 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Si le profil du Prince Feisal Al Hussein coche un certain nombre de cases pour accéder le cas échéant à la présidence du CIO, son élection marquerait un indéniable tournant dans l’histoire du Mouvement olympique.

Il peut ainsi devenir le premier Président de l’institution originaire d’un pays du Moyen-Orient et plus encore, le premier Président issu du continent asiatique.

Alors que l’Asie a gagné en influence ces dernières années, avec notamment l’importance de la Chine sur l’échiquier sportif international et désormais l’ambition exacerbée de pays comme l’Inde, l’Indonésie, le Qatar ou l’Arabie saoudite, l’arrivée à la fonction suprême du Prince Feisal Al Hussein n’est cependant pas garantie, loin de là.

Il faudra bien sûr compter avec la concurrence des autres prétendants. Il y a fort à parier aussi que les membres du CIO issus de pays européens auront au moins pour partie à cœur de vouloir conserver cette éminente fonction qu’est celle de Président du CIO entre les mains d’un dirigeant issu du « Vieux Continent ».


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