Le CIO engage une réflexion sur l’attribution des JO 2024 et 2028

A l’approche des visites de la Commission d’évaluation à Los Angeles (États-Unis) et Paris (France), l’idée d’une élection conjointe de la Ville Organisatrice des Jeux de 2024 et de 2028 revient sur le devant de la scène olympique.

Ce vendredi, une réunion de la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) va ainsi acter la mise en place d’un Groupe de travail piloté par les quatre vice-Présidents de l’institution de Lausanne (Suisse) : John Coates, membre du CIO pour l’Australie ; Zaiqing Yu, membre pour la Chine ; Juan Antonio Samaranch Jr, membre pour l’Espagne et fils de l’emblématique ancien Président (1981-2001) ; et Ugur Erdener, membre pour la Turquie et membre de la Commission d’évaluation des Villes Candidates pour 2024.

Ce Groupe de travail examinera dès lors les modalités relatives à l’instauration d’une double élection, le 13 septembre prochain.

Un rapport sera d’ailleurs présenté lors la réunion des 11 et 12 juillet au siège du CIO, réunion au cours de laquelle les deux Villes Candidates doivent présenter leur projet respectif devant les membres de l’institution et les représentants des Fédérations Internationales (FI).

La Commission exécutive réunie autour du Président du CIO, le 17 mars 2017 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Si l’institution décide à ce moment-là de modifier la procédure en cours, les dernières semaines avant le scrutin seront – à n’en pas douter – déterminantes, d’autant plus que ni Los Angeles, ni Paris n’ont jusqu’à présent démontrer un intérêt particulier au-delà de la seule et unique échéance de 2024.

Évidemment, si l’une des deux venait – d’ici le mois de juillet et encore davantage d’ici septembre – à évoquer publiquement la possibilité de se « contenter » de 2028, cela signerait immanquablement la fin de ses ambitions olympiques et paralympiques pour 2024.

A plusieurs reprises, des observateurs se sont fait l’écho d’une attribution 2024 pour Paris et 2028 pour Los Angeles.

Pour Paris, la date n’aurait rien d’un hasard puisqu’elle coïnciderait avec le Centenaire des derniers Jeux d’été organisés en France. Pour Los Angeles, la perspective de devoir attendre 2028 aurait le mérite de permettre la réalisation d’une plus grande part des travaux relatifs aux transports – un domaine qui demeure une faiblesse de la « Cité des Anges » – et d’envisager de futures négociations entre le Mouvement Olympique et de potentiels sponsors américains.

Pour le CIO, l’attribution des deux Olympiades à de telles Villes Hôtes aurait l’avantage d’assurer une certaine sécurité au Mouvement Olympique.

Qu’il s’agisse de Los Angeles ou Paris, chacune de ces villes dispose en effet d’une riche expérience dans l’organisation des Jeux – 1932 et 1984 pour la première et 1900 et 1924 pour la seconde – et de grands événements sportifs et culturels.

Ce double choix stratégique laisserait dès lors le temps nécessaire au CIO pour réformer durablement et en profondeur un processus qui selon les propos formulés il y a peu par Thomas Bach, « produit trop de perdants ».

Il faut dire que la campagne pour l’élection de la Ville Hôte des JO 2024 s’est rapidement apparentée à une véritable hécatombe.

L’abandon de Boston (États-Unis) avait constitué les prémices d’une lente chute – ou agonie – qui s’était poursuivie avec le retrait de Hambourg (Allemagne) face à la fronde populaire, puis de Rome (Italie) face au désengagement politique, et enfin de Budapest (Hongrie) sous la pression à la fois populaire et politique à un an d’une échéance électorale – les élections législatives – cruciale pour le parti du Premier Ministre, Viktor Orban.

La réflexion qui débutera dès aujourd’hui au sein du Mouvement Olympique pourrait ne pas conduire à une révision – dans l’immédiat – de la Charte Olympique. Seul le Contrat Ville Hôte pourrait exiger l’apport de clauses spécifiques.

La Règle 33 de ladite Charte mentionne ainsi que :

« 1. L’élection de toute Ville Hôte est la prérogative de la Session.

2. La Commission exécutive du CIO détermine la procédure à suivre jusqu’à ce que l’élection par la Session ait lieu. Sauf circonstances exceptionnelles, cette élection a lieu sept ans avant la célébration des Jeux Olympiques […] ».

Si l’on se penche sur les dispositions actuelles, la marge d’interprétation devrait donc permettre au CIO de procéder à une double attribution lors de la 130ème Session qui aura lieu en septembre à Lima (Pérou).

La Charte Olympique est le texte de référence du Mouvement Olympique concernant la gouvernance, l’attribution et l’organisation des Jeux (Crédits – Sport & Société / Capture d’écran)

A l’heure actuelle, les villes intéressées par l’Olympiade de 2028 ne se bousculent pas au portillon de départ. Hormis Brisbane (Australie), aucune autre candidature potentielle n’a fait l’objet d’une réflexion approfondie.

La Chine avec Shanghai pourrait éventuellement se positionner, bien qu’elle soit engagée dans les préparatifs organisationnels des JO d’hiver de Pékin 2022 et que les trois prochaines éditions des Jeux se dérouleront sur le continent asiatique. Quant à l’Afrique du Sud, un intérêt avant 2032 semble aujourd’hui à écarter, compte-tenu du récent retrait des Jeux du Commonwealth à Durban et des hésitations répétées pour 2020 et 2024.

Reste alors le Qatar ou Dubaï, même si les contraintes logistiques et météorologiques constituent un frein durable, voire l’Amérique du Sud. Néanmoins, les difficultés rencontrées par Rio de Janeiro (Brésil) pour l’organisation des Jeux d’été de 2016 devraient refroidir tout à la fois le CIO et d’éventuelles candidatures en provenance du Pérou ou de l’Argentine. Pour ces deux pays, la perspective de 2032 semble toutefois plus judicieuse.

Concernant enfin l’Europe, il n’est pas envisageable – à ce stade – de concevoir une ou plusieurs candidature(s).

Les échecs successifs de Madrid (Espagne) pour les JO 2012, 2016 et 2020 et le rapport de force politique local ne plaident pas pour une candidature ibérique. Il devrait en être de même pour l’Italie au cours des années à venir, ainsi que pour la Hongrie malgré l’Appel formulé par des sportifs hongrois.

La Turquie pour sa part pourrait chercher à se relancer avec une énième tentative d’Istanbul. Le contexte politique et les tensions diplomatiques récurrentes du côté d’Ankara pourraient cependant rendre caduque la moindre entreprise olympique.

Seule l’Allemagne semble donc en mesure de pouvoir proposer un projet pertinent mais là-encore, les échecs passés (Berlin 2000, Leipzig 2012, Munich 2018, Munich 2022, Hambourg 2024) devraient freiner l’enthousiasme des partisans les plus farouches.

Vue de la Salle de Présentation et d’Annonce des Villes Candidates et de la Ville Hôte des Jeux (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

Les circonstances sont donc suffisamment « exceptionnelles » pour aboutir à une telle démarche avec le principe d’une double attribution.

Pour rappel, dans le cadre de la procédure d’attribution des Jeux d’été, le CIO n’a jamais été confronté à une crise ouverte de cette ampleur depuis le milieu des années 1980.

Pour l’Olympiade 1984, Los Angeles fut l’unique Ville Candidate, tandis que pour l’Olympiade suivante, seules Séoul (Corée du Sud) et Nagoya (Japon) avaient fait acte de candidature.

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JO 2024 : Le CIO révise les dates de visite à Los Angeles

Le Comité de Candidature de Los Angeles 2024 l’a annoncé cette nuit dans le cadre d’un communiqué envoyé aux médias ; la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) se rendra plus tard que prévu dans la « Cité des Anges ».

Initialement, la ville américaine devait recevoir les membres de ladite Commission, entre le 23 et le 25 avril 2017. In fine, la visite se fera entre le 10 et le 12 mai.

(Crédits – CIO)

Ce changement n’est pas un hasard, ces dates ayant été celles de Budapest (Hongrie) jusqu’au retrait de cette dernière de la course aux Jeux, courant février.

Avec ce changement, la Commission d’évaluation disposera d’une période relativement restreinte pour assurer ses visites d’inspection. Elle sera en effet – cela était déjà prévu – à Paris du 14 au 16 mai.

Le retrait de Budapest explique bien sûr ce décalage dans les dates, mais le récent bouleversement dans la composition de la Commission olympique a sans doute également pesé.

En début de semaine, le Namibien Frankie Fredericks a en effet annoncé sa démission de ses fonctions de Président, laissant la place au Suisse Patrick Baumann qui était jusqu’alors l’un des membres de la Commission d’évaluation.

JO 2024 : Patrick Baumann succède à Frankie Fredericks à la tête de la Commission d’évaluation

Dans l’attente durant une partie de la journée, la Commission d’évaluation des Villes Candidates à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 connaît finalement l’identité de son nouveau Président après la démission de Frankie Fredericks.

Après une réunion de la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO), le Président Thomas Bach a annoncé la nomination de Patrick Baumann à la succession de Frankie Fredericks.

Patrick Baumann, le 18 juin 2013 (Crédits – FIBA)

Déjà membre de la Commission d’évaluation depuis l’installation de cette dernière en février 2016, le Suisse est connu pour être le Secrétaire Général de la Fédération Internationale de Basketball (FIBA), mais surtout pour être le Président de SportAccord, puissante organisation qui rassemble les principaux décideurs du sport mondial.

La prochaine Convention de SportAccord – qui aura lieu du 02 au 07 avril à Aarhus (Danemark) – sera d’ailleurs l’occasion de voir les deux Villes Candidates encore en course effectuer une brève présentation de leur projet respectif.

Engagé au sein du Mouvement Olympique depuis son entrée en fonction en 2007, Patrick Baumann a été l’un des artisans de la victoire de Lausanne (Suisse) dans le cadre de l’obtention des Jeux de la Jeunesse 2020, et est aujourd’hui mobilisé dans la taskforce mise en place par Swiss Olympic afin de piloter une candidature helvète à l’organisation des Jeux d’hiver de 2026.

Le leader sportif est épaulé dans cette mission par les autres membres du CIO en Suisse, à savoir Gian Franco Kasper, René Fasel et Denis Oswald.

Patrick Baumann à la tribune de la Session du CIO, le 05 octobre 2009 à Copenhague (Crédits – CIO / A.MEylan)

A la tête de la Commission d’évaluation pour les Jeux de 2024, Patrick Baumann retrouvera Paris qu’il avait déjà inspecté en 2001 au moment où la capitale française concourrait à l’organisation des Jeux d’été de 2008. Le dirigeant helvète était alors membre de la Commission d’évaluation.

Par la suite, Patrick Baumann fut membre d’une autre Commission d’évaluation, à savoir celle pour les Jeux de 2020. Auparavant, il fut aussi membre de la Commission de Coordination chargée de s’assurer du bon déroulement des préparatifs des Jeux de Londres 2012.

L’expérience acquise au cours des dernières années sera donc précieuse pour celui qui est aussi engagé dans la Commission du Marketing – dans laquelle il côtoie d’ailleurs le Japonais Tsunekazu Takeda, autre membre de la Commission d’évaluation pour les JO 2024 – et dans la Commission de l’Entourage des Athlètes.

A n’en pas douter, Patrick Baumann devrait avoir un regard aiguisé sur les propositions de Los Angeles et de Paris.

Ses déclarations à l’issue des visites dans les deux villes – du 23 au 25 avril pour la première et du 14 au 16 mai pour la seconde – seront particulièrement scrutées et ce, même si le langage diplomatico-olympique devrait une fois encore être de mise.

(Crédits – CIO)

Outre la nomination de Patrick Baumann, le Président du CIO a également – avec la Commission exécutive – rappeler le position de l’institution concernant la procédure actuellement menée par le Parquet National Financier (PNF) sur les soupçons de corruption et sur les conditions d’attribution des Jeux d’été de 2016 et de 2020.

Dans un communiqué, le CIO précise ainsi que « la Commission exécutive a réitéré son total engagement à coopérer avec les autorités judiciaires françaises.

S’agissant des allégations portées à l’encontre du membre du CIO en Namibie, Frank Fredericks, la Commission exécutive rappelle l’importance du respect du principe de la présomption d’innocence et prend note de la décision de M. Fredericks de démissionner de son poste de Président de la Commission d’évaluation pour les Jeux Olympiques de 2024.

M. Fredericks a également fait part de son intention de ne pas participer, en juillet à Lausanne, à la séance d’information sur les Villes Candidates aux JO 2024 pour les membres du CIO et les Fédérations Internationales des sports olympiques d’été, ni à la Session du CIO en septembre à Lima (Pérou), durant laquelle la Ville Hôte sera élue.

Qui plus est, M. Fredericks a décidé de renoncer à titre provisoire à ses fonctions au sein de la Commission de Coordination du CIO pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018″, et sera remplacer temporairement par Lingwei Li, membre du CIO en République Populaire de Chine.

JO 2024 : La Commission d’évaluation dans l’attente d’un nouveau leader

La semaine dernière, son nom était apparu dans un article du quotidien « Le Monde » concernant des soupçons de corruption relatifs à l’attribution des JO 2016 à Rio de Janeiro (Brésil).

Ce mardi, faisant suite à ces révélations, Frankie Fredericks a annoncé sa démission de la présidence de la Commission d’évaluation des Villes Candidates à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Ce départ soudain intervient à un peu plus d’un mois du début des visites de la Commission d’évaluation dans les Villes Candidates encore en lice ; Los Angeles (23 au 25 avril) et Paris (14 au 16 mai) ; et alors que les premiers travaux ont déjà été menés.

(Crédits – CIO)

Si les écrits formulés par ladite Commission n’engage en rien les membres électeurs du Comité International Olympique (CIO), ils n’en demeurent pas moins un indicateur de la qualité technique et de la capacité organisationnelle de chacune des Villes Candidates.

Le rôle de la Commission d’évaluation occupe d’ailleurs une place importante dans le cadre de la Charte Olympique, avec en particulier une mention dans le Texte d’Application de la Règle (TAR) 33 relatif à l’élection de la Ville Hôte.

La Charte Olympique précise ainsi que :

« Le Président du CIO nomme une Commission d’évaluation des Villes Candidates pour chaque édition des Jeux Olympiques. Chacune de ces Commissions comprendra des membres du CIO, des représentants des Fédérations Internationales, des Comités Nationaux Olympiques, de la Commission des Athlètes et du Comité International Paralympique. Les ressortissants des pays des Villes Candidates ne peuvent être admis comme membres de la Commission d’évaluation. La Commission d’évaluation peut se faire assister par des experts.

Chaque Commission d’évaluation étudiera les candidatures de toutes les Villes Candidates, inspectera les sites et remettra à tous les membres du CIO un rapport écrit sur toutes les candidatures, au plus tard un mois avant la date d’ouverture de la Session qui élira la Ville Hôte des Jeux Olympiques. Ce rapport comportera une analyse des risques et des opportunités de chaque candidature, ainsi que de la durabilité du projet et de son héritage.

Toutes les Villes Candidates fourniront les garanties financières requises par la Commission exécutive du CIO, qui déterminera si ces garanties doivent être fournies par la Ville elle-même, ou par toute autre collectivité publique locale, régionale ou nationale compétente, ou par des tiers quelconques ».

Pour la course aux Jeux de 2024, le Président Thomas Bach avait procédé à l’instauration de la Commission d’évaluation en février 2016, en plaçant à sa tête l’ancien athlète Namibien, Frankie Fredericks, médaillé d’argent à quatre reprises sur les épreuves du 100 mètres et du 200 mètres aux Jeux de Barcelone 1992 et d’Atlanta 1996.

Pour épauler cette figure de l’athlétisme, le CIO avait par ailleurs annoncer la présence de

  • Patrick Baumann (Suisse),
  • Marisol Casado (Espagne),
  • Mikaela Cojuangco Jaworski (Philippines),
  • Kirsty Coventry (Zimbabwe),
  • Nawal El Moutawakel (Maroc),
  • Ugur Erdener (Turquie),
  • Habu Gumel (Nigeria),
  • Poul-Erik Hoyer (Danemark),
  • Duane Kale (Nouvelle-Zélande / Membre du Comité International Paralympique),
  • Gunilla Lindberg (Suède),
  • Kereyn Smith (Nouvelle-Zélande),
  • Bernard Rajzman (Brésil),
  • Tsunekazu Takeda (Japon).

L’expérience de chacune de ses personnalités – dont une partie fut présente dans les Commissions d’évaluation pour les JO 2008 et les JO 2012 pour lesquels Paris était candidate – peut permettre d’identifier un potentiel successeur à Frankie Fredericks pour assurer la fonction de Président.

Au regard de leurs fonctions passées ou actuelles, quatre personnalités peuvent à cet égard se distinguer : Patrick Baumann, qui occupe aussi les fonctions de Président de SportAccord ; Nawal El Moutawakel, déjà Présidente des Commissions d’évaluations et de Coordination des JO 2012 et 2016 ; Gunilla Lindberg, Présidente de la Commission d’évaluation puis de Coordination des JO 2018 ; et enfin Tsunekazu Takeda, Président de la puissante Commission du Marketing.

Thomas Bach pourrait cependant choisir une autre option, et accorder sa confiance à une personnalité non-issue de la Commission d’évaluation.

Cela paraît néanmoins délicat compte-tenu du timing avant le début des visites des Villes Candidates.

La Marocaine Nawal El Moutawakel endossera-t-elle une nouvelle fois les habits de Présidente d’une Commission d’évaluation ? Ici lors de la 125e Session du CIO, le 08 septembre 2013 (Crédits – CIO / R. Juilliart)

Ayant un rôle majeur auprès de la Session du CIO et du Président de l’institution centenaire, la Commission d’évaluation est également une précieuse source d’informations pour les Présidents et les Secrétaires Généraux des Fédérations Internationales, chacune ayant son mot à dire quant à la pertinence des sites sélectionnés par les Villes Candidates.

Quoiqu’il en soit, la démission de Frankie Fredericks porte un nouveau coup à l’image du CIO et ce, même si le Namibien se défend de toute action illégale.

Déjà critiquée sur le plan de la communication et de la transparence et confrontée à la désaffection croissante de potentielles Villes Candidates, l’institution de Lausanne (Suisse) se trouve encore un peu plus dans la tourmente à 190 jours seulement de l’élection de la Ville Organisatrice des Jeux d’été de 2024.

Après les visites sur le terrain, la Commission d’évaluation aura à rédiger puis à présenter son rapport, courant juillet. Suivront alors une présentation des Villes Candidates à Lausanne, avant l’ouverture de la 130ème Session du CIO à Lima (Pérou) en septembre.

Los Angeles et Paris présenteront alors leur projet respectif une ultime fois. La Commission d’évaluation fera ensuite un compte-rendu de son rapport devant les membres électeurs, ces derniers étant enfin appelés à voter pour élire la Ville Hôte.

En annonçant sa démission, Frankie Fredericks n’a pas manqué d’avoir un mot à l’attention des deux concurrentes.

« Paris et Los Angeles présentent deux candidatures fantastiques et je ne veux pas devenir un élément perturbateur dans cette compétition » a ainsi affirmé celui qui fut par le passé, Président de la Commission des Athlètes du CIO.

JO 2024 : Le Président de la Commission d’évaluation annonce sa démission

La justice française, par l’intermédiaire du Parquet National Financier (PNF), enquête depuis plusieurs mois maintenant sur des soupçons de corruption et sur les contours de l’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2016 à Rio de Janeiro (Brésil) en octobre 2009.

Si les investigations concernent en particulier l’ancien Président de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF), Lamine Diack, et l’un de ses fils, Papa Massata Diack, il est apparu que la société off-shore domiciliée au Panama, « Yemi Limited » aurait bénéficié d’un versement de 299 300 dollars, le 02 octobre 2009.

Frankie Fredericks en octobre 2009 (Crédits – IOC Flickr / R. Juilliart)

Or, ladite société était directement liée à Frankie Fredericks, Président de la Commission d’évaluation des Villes Candidates aux JO 2024.

Suite à ces révélations du quotidien « Le Monde », l’ancien athlète namibien a fait savoir que « le paiement n’a rien à voir avec les JO », précisant en outre que le versement a été réalisé « conformément à un contrat daté du 11 mars 2007 » concernant des activités de soutien à l’IAAF sur le continent africain.

En dépit de cette ligne de défense, Frankie Fredericks – qui a été scrutateur du CIO sur certaines élections – a annoncé ce mardi sa démission de ses fonctions de Président de la Commission d’évaluation, une Commission qui doit se rendre à Los Angeles (États-Unis) du 23 au 25 avril avant de s’envoler pour Paris du 14 au 16 mai.

« Je démissionne de mon poste de Président de la Commission d’évaluation des JO 2024 car il est essentiel que le travail important fait par mes collègues soit considéré comme mené de façon juste et impartiale.

Paris et Los Angeles présentent deux candidatures fantastiques et je ne veux pas devenir un élément perturbateur dans cette compétition » a mentionné Frankie Fredericks dans un communiqué, qui a par ailleurs précisé qu’il ne voterait pas, le 13 septembre prochain.

De son côté, l’institution de Lausanne (Suisse) – soucieuse de ne pas ajouter une nouvelle crise à la situation déjà tendue de la procédure de candidature – devrait rapidement annoncer l’identité du remplaçant de Frankie Fredericks à la tête de la Commission d’évaluation.

Le Président du CIO évoque des pistes pour un changement de la procédure de candidature

Jeudi 02 mars, le Président du Comité International Olympique (CIO) est sorti du silence afin d’exprimer quelques pistes potentielles pour un changement de la procédure de candidature à l’organisation des Jeux.

L’ancien Président du Comité Olympique Allemand (DOSB) a ainsi répondu aux questions du quotidien d’Outre-Rhin, « Stuttgarter Nachrichten ».

Dans les colonnes de celui-ci, Thomas Bach aborde la course aux JO 2024 marquée par le récent retrait de Budapest (Hongrie) mais également le financement de l’événement olympique et le coût des candidatures pour les Villes Candidates et le cas échéant, de l’organisation pour les Villes Hôtes.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Il faut dire que l’année 2017 semble plus que jamais cruciale pour l’avenir du Mouvement Olympique ou tout du moins le modèle qui est actuellement tant décrié.

Après les retraits successifs de Boston (États-Unis), Hambourg (Allemagne), Rome (Italie) et donc Budapest (Hongrie), le CIO se retrouve dans une situation qu’il n’avait plus connu – dans le cadre des JO d’été – depuis les années 1980 lorsque Los Angeles (États-Unis) fut seule candidate pour les JO 1984 et lorsque Séoul (Corée du Sud) et Nagoya (Japon) se disputèrent l’organisation des Jeux de 1988.

Face à cette situation de crise ouverte, la Maison Olympique se doit donc de répondre aux critiques et d’adapter l’Agenda 2020 qui est à ce jour une réforme dont les fondements n’ont pas produit les effets escomptés.

Comme il l’avait déjà affirmé, Thomas Bach a indiqué dans son interview que « sans l’Agenda 2020, nous n’aurions pas eu un seul candidat pour les Jeux de 2024.

L’Agenda 2020 porte sur le coût de l’organisation des Jeux et sur la durabilité.

Ce que nous ne prévoyons pas en revanche, c’est le changement dans le processus de candidature en raison de recours formulés par des mouvements politiques anti-système. Ils développent des slogans relatifs au gigantisme et à l’argent.

Nous pouvons nous plaindre, mais cela ne change rien. Par conséquent, nous devons faire avec ».

Au cours des derniers mois, le Président de l’institution de Lausanne (Suisse) avait pointé du doigt la pression des mouvements politiques et des initiatives citoyennes contre les Jeux, notamment après le retrait de Boston et plus récemment, après celui de Rome.

Face à ce constat et à cette évidente menace – qui porte en elle l’argument référendaire – Thomas Bach estime que la procédure de candidature doit être modulée pour permettre à d’anciennes Villes Candidates de revenir dans le giron olympique sans se sentir lésées.

Bien sûr, ce propos du Président du CIO concerne particulièrement les villes du « Vieux Continent », berceau de l’Olympisme mais qui peine aujourd’hui à faire émerger des candidatures suffisamment solides pour arriver jusqu’à la ligne d’arrivée, autrement dit, jusqu’au scrutin olympique.

« L’Europe est le noyau du Mouvement Olympique. Il ne serait pas sage de l’ignorer.

Le processus, tel qu’il existe aujourd’hui, produit trop de perdants. Du fait de cette tendance, le nombre de candidats se réduit. Mais nous voulons trouver le meilleur hôte possible pour les Jeux Olympiques.

Dans le passé, des villes comme Paris ou Buenos Aires ont souvent candidaté. Cela n’est plus possible aujourd’hui, car la plupart de ceux qui ont renoncé ont dit au revoir au processus de candidature. Ce cercle doit être brisé.

Nous pouvons inciter les candidats à revenir une deuxième fois, et ne pas exiger d’eux qu’ils commencent le processus à zéro. Nous devons réduire le coût de candidature, et faire que chaque site qui a accueilli un événement mondial comme une Coupe du Monde ou un Championnat du Monde, soit réputé approuvé et répondre aux exigences des Fédérations Internationales » a notamment indiqué Thomas Bach.

En mars 2015, visite de la Commission d'évaluation du CIO à Zhangjiakou, site prévu par Pékin 2022 pour les épreuves de neige (Crédits - Pékin 2022)

En mars 2015, visite de la Commission d’évaluation du CIO à Zhangjiakou, site prévu par Pékin 2022 pour les épreuves de neige (Crédits – Pékin 2022)

Concrètement, une ville qui aurait candidaté à une Olympiade mais qui n’aurait pas obtenu le précieux sésame, pourrait retenter sa chance sans avoir à répondre aux mêmes exigences qu’une ville qui propose sa candidature pour la première fois.

L’aspect financier pourrait dès lors être un premier secteur impacté. Cela reviendrait par exemple à réduire une fois encore le montant des droits de candidature. Auparavant fixés à 650 000 dollars pour les Villes Candidates, ces derniers ont été abaissés à 250 000 dollars pour les prétendantes aux JO 2024.

L’apport de cette somme a en outre été échelonné en trois versements : 50 000 dollars en octobre 2015 ; 50 000 dollars en juillet 2016 ; et enfin 150 000 dollars en janvier 2017.

Avec ces pistes, l’idée d’une double attribution des Jeux de 2024 et 2028 – pourtant ouvertement évoquée par Thomas Bach – semble à présent mise de côté. Tout du moins pour l’instant ; un nouveau basculement n’étant pas à écarter d’ici le 13 septembre prochain, date d’élection de la Ville Hôte.

Sur ce point, il convient de rappeler – notamment à l’égard de celles et ceux qui espèrent une double attribution dans une course déjà bien engagée – les propos tenus par le Président du CIO en octobre 2014.

A cette époque, l’institution avait été ébranlée par les défections des Villes Candidates aux JO d’hiver de 2022. Une situation similaire à celle qui est en développement actuellement avec le maintien de Los Angeles et Paris.

« Le CIO s’en tient à ses engagements. Nous avons réalisé un appel à candidatures. Il existe une procédure claire et transparente. Nous allons suivre cette procédure avec deux candidats.

Aujourd’hui, nous sommes en plein milieu de la procédure et nous ne pouvons et ne voulons pas changer les règles, compte tenu du fait que nous avons encore deux candidatures très intéressantes avec une approche diversifiée » avait martelé Thomas Bach.

Ce dernier faisait alors référence aux candidatures de Pékin (Chine) et d’Almaty (Kazakhstan).

Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Thomas Bach, Président du Comité International Olympique ; et Tony Estanguet, coprésident du Comité de Candidature de Paris 2024 à l'occasion de l'opération "Nuit Blanche" 2016 (Crédits - Anne Hidalgo / Page Facebook)

Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Thomas Bach, Président du Comité International Olympique ; et Tony Estanguet, coprésident du Comité de Candidature de Paris 2024 à l’occasion de l’opération « Nuit Blanche » 2016 (Crédits – Anne Hidalgo / Page Facebook)

Au cours de l’interview accordée à la presse allemande, cette délicate problématique de l’attractivité du Mouvement Olympique et des Jeux actuels n’a pas été l’unique sujet abordé par Thomas Bach.

Le leader du CIO est ainsi revenu sur la polémique des Jeux de Rio 2016 autour de l’exclusion des athlètes russes suite aux révélations du Rapport McLaren. Au-delà d’une justification de la prise de position du CIO, Thomas Bach a par ailleurs mentionné les relations de travail qu’il a pu avoir ou qu’il a avec les dirigeants politiques de ce monde.

Une équation périlleuse alors que l’institution du Baron Pierre de Coubertin s’est toujours posée en gardienne d’une certaine neutralité diplomatico-politique.

Cela se ressent évidemment dans l’appréciation des projets des Villes Candidates avec un discours parfaitement calibré et millimétré ; mais cela s’entend aussi au regard du positionnement du CIO sur les sujets brulants d’une actualité qui mêle souvent sport et politique.

« Nous avions dans le cadre des Jeux d’hiver de Sotchi 2014 une coopération très constructive [avec le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine]. A notre demande, il a ainsi veillé à ce que la loi hostile à l’homosexualité ne soit pas appliquée dans les zones concernés par les compétitions.

La relation de travail est la même que celle qui se construit avec tous les dirigeants des pays dans lesquels se déroulent les Jeux Olympiques. Et pour être clair : non, je n’ai pas discuté avec Vladimir Poutine de la question d’une sanction de la Russie au regard de la problématique du dopage » a déclaré Thomas Bach.

Mais comme une référence implicite à la politique souhaitée par le nouveau Président des États-Unis, Donald Trump, le dirigeant olympique ne s’est pas privé de marcher quelque peu sur le terrain politique en rappelant les idéaux de l’institution qu’il préside depuis septembre 2013.

Pour Thomas Bach, « le rôle des Jeux Olympiques est de construire des ponts et non d’ériger des murs. Nous observons avec inquiétude un monde qui semble de plus en plus conflictuel et qui nous rappelle dans sa forme, l’époque de la Guerre Froide.

Les Jeux Olympiques sont cependant le seul événement qui est encore capable de réunir le monde entier. Ceci est un fait que je constate et qui est encore présent dans les négociations politiques.

Nous avons besoin de messages plus positifs ».

Thomas Bach lors de la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014 (Crédits – Xinhua / CIO)

Thomas Bach lors de la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014 (Crédits – Xinhua / CIO)

Au-delà des déclarations et des postures, reste à présent à connaître les actes que l’institution centenaire pourrait être amenée à prendre.

Sur ce point précis, c’est aussi le leadership de Thomas Bach qui pourrait être mis à rude épreuve dans les mois qui viennent, lui qui a porté sur ses fonts baptismaux, la réforme de l’Agenda 2020, plus important mouvement de l’institution depuis l’adoption des mesures de la Commission « CIO 2000 » après le scandale relatif aux Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002.

JO 2024 : Le CIO intègre la protection des Droits de l’Homme et la lutte contre la corruption au Contrat Ville Hôte

Échaudé par les retraits de trois villes qui avaient candidaté à l’organisation des Jeux d’été de 2024 – quatre villes même si l’on intègre Boston – le Comité International Olympique (CIO) semble bien décidé à poursuivre les changements opérés dans sa gouvernance dans le cadre de l’Agenda 2020.

Ainsi, l’institution de Lausanne (Suisse) a annoncé ce mardi la prise en compte de nouveaux éléments au sein du Contrat Ville Hôte pour les Jeux de 2024. Désormais, les critères relatifs à la protection des Droits de l’Homme et à la lutte contre la corruption seront intégrés au Contrat, tandis que la place du développement durable est renforcée.

(Crédits - Capture d'écran / Sport & Société)

(Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Les changements apportés au Contrat Ville Hôte font suite à une rencontre entre le Président du CIO, Thomas Bach, et divers mouvements internationaux placés sous l’égide de Sport and Rights Alliance (SRA).

Celle-ci rassemble en son sein Transparency International, UNI World Athletes, Terre des Hommes, Confédération Syndicale Internationale (CSI), Amnesty International et Human Rights Watch.

« Transparence, bonne gouvernance et responsabilité sont des principes clés de l’Agenda 2020.

L’organisation des Jeux devrait toujours promouvoir et renforcer les valeurs fondamentales de l’Olympisme.

L’étape que nous venons de franchir vient marquer une fois de plus l’engagement du CIO à intégrer ces valeurs dans tous les aspects des Jeux Olympiques. Nous travaillons en collaboration étroite avec la SRA et nous accueillons volontiers sa contribution qui se traduit désormais dans la nouvelle version du Contrat Ville Hôte » a précisé Thomas Bach à l’issue de cet échange.

Concrètement, les nouvelles dispositions établissent que la Ville Hôte devra veiller à :

  • Interdire toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, l’opinion politique ou toute autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ;
  • Protéger et respecter les Droits de l’Homme, d’une manière conforme aux Accords internationaux en vigueur, aux lois et règlements applicables dans le Pays Hôte, ainsi qu’aux principes reconnus à l’échelle internationale, notamment les Principes Directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux Droits de l’Homme ;
  • S’abstenir de tout acte de fraude ou de corruption, conformément aux Accords internationaux, aux lois et règlements applicables dans le Pays Hôte, et à toutes les normes anti-corruption reconnues au niveau international ,
  • Mener toutes les activités prévues aux termes du Contrat en tenant compte du développement durable et d’une manière qui contribue aux Objectifs de développement durable des Nations Unies ; prendre toutes les mesures nécessaires – le cas échéant en coopération avec les autorités du Pays Hôte et d’autres tiers – afin de s’assurer que ces activités respectent les Accords internationaux, les lois et règlements applicables dans le Pays Hôte en ce qui concerne l’urbanisme, la construction, la protection de l’environnement, la santé, la sûreté, la sécurité, les conditions de travail et le patrimoine culturel.
(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Los Angeles (États-Unis) ou Paris (France) devra donc se conformer aux nouvelles exigences du CIO qui cherche à cette occasion à se démarquer des polémiques qui ont pu avoir lieu au cours des dernières années.

Les critères édictés se veulent en effet une réponse aux critiques formulées à l’encontre du Mouvement Olympique à la suite des préparatifs des Jeux de Pékin 2008, Sotchi 2014 ou plus récemment, Rio 2016.

Dans les trois cas, des associations avaient soulevé une opposition – notamment sur les réseaux sociaux – pour dénoncer la pratique des expulsions et des expropriations forcées, sans compter le coût sans cesse plus élevé des chantiers.

L’image de corruption qui gravite souvent autour de l’univers olympique a contribué au développement de suspicions autour des conditions d’attribution des Jeux, ainsi qu’au renforcement des mouvements contestataires, comme à Hambourg (Allemagne) pour l’échéance 2024.

Des renoncements anticipés, à l’instar des Pays-Bas qui auraient pu viser l’organisation des JO 2028, et des engagements préliminaires, comme pour la candidature de Rome 2024, ont également été actés.

Au-delà de ces problématiques, certains verront également un avertissement à l’égard de potentielles Villes Candidates intéressées par les échéances à venir, mais aussi une mise en garde à l’attention du Président des États-Unis, Donald Trump, concernant sa politique migratoire.

Thomas Bach, Président du CIO, lors de l'arrivée de la flamme olympique de Rio 2016 à Lausanne, le 29 avril 2016 (Crédits - IOC / A. Meylan)

Thomas Bach, Président du CIO, lors de l’arrivée de la flamme olympique de Rio 2016 à Lausanne, le 29 avril 2016 (Crédits – IOC / A. Meylan)

Quoiqu’il en soit, l’apport d’éléments nouveaux illustre surtout la volonté du CIO de rendre son fonctionnement plus accessible et transparent.

Les documents relatifs au processus de candidature sont en ce sens disponibles pour le public, et des efforts ont été menés pour réduire les coûts d’une campagne olympique pour les Villes Candidates.

A titre d’exemples, les droits de candidature ont été abaissés, passant de 650 000 dollars à 250 000 dollars avec un versement en trois fois. Les visites de la Commission d’évaluation sont quant à elles prises en charge par le CIO et non plus par les Villes Candidates. L’institution apporte enfin une contribution non-négligeable pour aider au financement des préparatifs organisationnels.

Pour 2024, la Ville lauréate percevra ainsi entre 1,5 et 2 milliards de dollars de la part du CIO.

JO 2024 : La candidature de Paris séduit à présent près de 70% des Français

En avril 2016, une enquête de l’institut Odoxa pour RTL et Winamax avait révélé que 61% des Français soutenaient le projet de candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Aujourd’hui, après la remise du deuxième et du troisième volet du dossier de candidature, les contours du concept tricolore sont davantage connus, notamment sur le plan des financements et de la gouvernance. De fait, une nouvelle enquête sondagière a été menée par l’institut précité et les conclusions de celle-ci ont été dévoilées hier*.

(Crédits - Institut Odoxa pour RTL et Winamax)

(Crédits – Institut Odoxa pour RTL et Winamax)

Ainsi, 69% des Français se disent favorables à l’organisation des JO 2024 dans la capitale et dans les villes associées à la candidature. Dans le même temps, le nombre d’opposants est en baisse à 30% alors que ce score s’établissait à 39% en avril dernier.

Parmi les amateurs de sport, le soutien à la candidature française est encore plus marqué : 77% contre 23%.

Outre cet enseignement important avant la venue à Paris de la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) du 14 au 16 mai 2017, le sondage Odoxa fait aussi mention d’un taux de confiance en forte hausse en ce qui concerne la perception des chances de victoire de la candidature de Paris face à celle de Los Angeles.

En effet, 65% des Français pensent aujourd’hui que la « Ville Lumière » sera désignée organisatrice des Jeux par le CIO, lors du scrutin olympique du 13 septembre prochain, soit 16 points de mieux qu’au moment de la précédente enquête (49%).

Mais au-delà de ces bons chiffres pour la candidature française – en hausse aussi par rapport à un sondage de novembre 2016 -, la révélation, le 03 février dernier, du slogan de campagne de Paris 2024 semble néanmoins avoir dérouté les Français.

Ainsi, 69% d’entre eux se disent choqués par le choix d’un slogan en Anglais et ce, alors même qu’une version Française a été dévoilée.

« Made For Sharing » est ainsi transposée dans la langue de Molière en « Venez Partagez ». Ce double slogan marque de fait la prise en compte des deux langues officielles du Mouvement Olympique. Surtout, il traduit un réel effort par rapport aux précédentes candidatures olympiques et paralympiques de la France.

(Crédits - Paris 2024)

(Crédits – Paris 2024)

Exit « Oui Paris 2008 » et plus récemment « L’Amour des Jeux », place désormais à un discours qui se veut davantage universel.

Comme ce fut le cas lors de la première présentation du concept de Paris 2024 à Doha (Qatar) en novembre dernier, la candidature entend communiquer et promouvoir son projet à l’attention du plus grand nombre. Car si l’utilisation d’un slogan strictement français aurait pu convenir pour un autre type de candidature, il convient ici de s’ouvrir et de parler à l’ensemble des acteurs du Mouvement Olympique.

Sur les 95 membres électeurs du CIO, seule une partie est en effet Francophone. Cela suppose dès lors une adaptation du discours. A Doha, la délégation française avait ainsi décliné sa présentation en trois langues : le Français bien sûr, mais aussi l’Anglais et l’Espagnol.

Sur les trois Villes Candidates alors en course – Budapest était encore présente – Paris fut la seule à tenir une présentation avec des interventions de plusieurs phrases et de plusieurs minutes dans chacune des trois langues. A l’inverse, Los Angeles s’était contenté d’une seule phrase et d’une mention dans un clip vidéo de la langue du Baron Pierre de Coubertin, tandis que Budapest n’avait effectué son grand oral que dans la langue de Shakespeare.

Les règles bien singulières du Mouvement Olympique imposent implicitement de se conformer à l’évolution d’une institution qui n’est plus celle qu’avait connu et contribué à développer, Pierre de Coubertin.

Il y a deux ans, en amont des Jeux de Sotchi 2014, le Français Jean-Claude Killy avait d’ailleurs affirmé à l’attention des porteurs d’une candidature, que « le CIO romantique n’existe plus ». La flamme nostalgique et l’évocation récurrente du célèbre Baron n’ont plus le même impact que ce qui pouvait être le cas il y a quelques décennies.

Cela s’explique par la mondialisation du sport et l’ouverture à de nouveaux territoires. Les dernières années ont d’ailleurs parfaitement démontré ce constat, entre l’Olympiade de Pékin 2008 ou plus récemment celle de Rio 2016.

A présent, les Jeux sont davantage tournés vers l’Asie – le continent organisera les trois prochains événements olympiques – que vers le Vieux Continent.

(Crédits - Paris 2024)

(Crédits – Paris 2024)

Face à cette évolution, qui suit d’ailleurs celle de l’économie et du commerce, il est donc nécessaire pour une candidature francophone de se démarquer et d’utiliser au mieux les nouveaux outils et langages de la communication pour s’adresser à ce public bien ciblé et si exigeant que sont les membres du CIO.

Et là encore, la nomination de certains membres au cours des dernières années illustrent l’internationalisation du sport et de l’Olympisme.

Mais que les tenants d’un discours de la perte de l’influence française se rassurent toutefois. Les Villes Candidates doivent toujours fournir les éléments de leur dossier de candidature – ou Bid Book – en Anglais et en Français et ce, qu’il s’agisse d’une candidature anglophone ou francophone.

En faisant le choix stratégique d’un slogan en Anglais avec une déclinaison en Français, Paris 2024 n’hypothèque donc pas ses chances de victoire comme cela a pu être le cas par le passé. Bien sûr, le slogan n’est pas le seul élément qui fait ou défait les candidatures aux Jeux, mais il en constitue un indéniable poids.

Sur ce point, Londres 2012 et son « Inspire A Generation » en est l’exemple le plus percutant.

* Sondage réalisé du 22 au 23 février 2017 auprès d’un échantillon de 980 personnes représentatif de la population française et interrogé sur Internet. Marge d’erreur de 2,5 points.

JO 2024 : Réaction de Los Angeles au retrait de Budapest

Il n’est pas habituel qu’une Ville Candidate évoque publiquement le retrait d’une concurrente.

Pourtant, le Comité de Candidature de Los Angeles 2024 a publié ce vendredi soir un communiqué pour réagir à l’annonce des autorités hongroises de retirer le projet de Budapest 2024 de la course aux Jeux d’été.

Dans une déclaration d’une dizaines de lignes, Casey Wasserman salue ainsi le parcours de Budapest et met en perspective les mois à venir pour l’avenir du Mouvement Olympique.

(Crédits - Casey Wasserman / Page Twitter)

(Crédits – Casey Wasserman / Page Twitter)

« Nous sommes tous déçus de cette nouvelle, nous avons le plus grand respect pour l’approche pionnière de Budapest 2024 pour concevoir et promouvoir sa candidature, et nous sommes impatients de poursuivre notre amitié avec nos collègues hongrois.

Le monde entre dans une ère de changement sans précédent. C’est la ‘nouvelle réalité’ pour le Mouvement Olympique et cela appelle à une nouvelle réflexion.

Nous croyons plus que jamais que le Comité International Olympique (CIO) doit se concentrer sur la sélection d’une Ville Hôte 2024 pour redéfinir la durabilité, relier le Mouvement Olympique et ses avantages aux jeunes du monde entier comme jamais auparavant et encourager les futures villes à soumissionner pour l’organisation des Jeux.

Avec un soutien public de 88% et un soutien encore plus important de la part des jeunes de Los Angeles, notre candidature offre une solution innovante, à faible risque et véritablement durable pour aider à assurer l’avenir du Mouvement Olympique en 2024 et au-delà » a affirmé le Président de la candidature américaine.

La démarche de Los Angeles 2024 n’est pas anodine et est loin d’être dénuée d’intérêt.

Le retrait de la candidature de Budapest 2024 constitue en effet une rivale de moins dans la course aux JO et ce, après les retraits successifs de Hambourg 2024 et de Rome 2024.

Désormais, et à quelques mois du vote de la Ville Organisatrice, il apparaît essentiel pour les deux Villes Candidates encore en lice – Los Angeles et Paris – de sécuriser le rapport qu’elles ont avec les membres du CIO qui sont potentiellement favorables à leur projet respectif et surtout, de capter l’attention des électeurs indécis, ceux-là même qui pourront faire pencher la balance le jour-J.

Aussi, en vantant les mérites de la candidature hongroise, Los Angeles 2024 espère sans doute séduire les membres du CIO – peut-être une quinzaine – qui auraient pu apporter leur suffrage à Budapest dans le cadre de l’élection olympique du 13 septembre prochain.

(Crédits - LA 2024)

(Crédits – LA 2024)

Le contenu du communiqué de Los Angeles 2024 sera en tous cas étudié. Il n’est pas certain cependant que le CIO apprécie une telle démarche venant d’une candidature.

La pratique n’est toutefois pas nouvelle.

En novembre 2013, la candidature d’Oslo avait ainsi réagit au référendum de Munich dans le cadre de la candidature allemande aux Jeux d’hiver de 2022. Il y a peu, après le retrait de la candidature de Rome pour les JO 2024, Budapest avait envoyé un communiqué aux journalistes et médias avant de se rétracter et de retirer sa publication.

Pour limiter les prises de position et les déclarations des uns et des autres, le CIO s’appuie notamment sur le Code d’éthique et en particulier sur les Règles de Bonne Conduite pour la procédure de candidature éditées à l’attention des Villes Candidates.

L’Article 12 de ces Règles mentionne d’ailleurs que « chaque ville doit, en toute circonstance et à tout moment, respecter les autres villes ainsi que les membres du CIO et le CIO lui-même.

Les villes doivent s’abstenir de tout acte ou propos susceptible de ternir l’image d’une ville concurrente ou de lui porter préjudice. Toute comparaison entre villes est strictement interdite.

Pour assurer le respect entre les Villes Candidates, ces dernières ne participeront à aucun débat entre elles.

Aucune entente, coalition ou collusion entre les villes ou leur Comité National Olympique (CNO), destinée à influencer le résultat du vote de la Ville Hôte, n’est admise ».

JO 2024 : Les sportifs hongrois espèrent « une nouvelle candidature dans un avenir pas très lointain »

A l’instar des candidatures de Los Angeles et de Paris, le projet de Budapest 2024 avait instauré une Commission des Athlètes. Aujourd’hui, au lendemain de l’annonce du retrait de la candidature hongroise, les sportifs ont exprimé tristesse et regrets.

La déclaration de la Commission des Athlètes de Budapest 2024 – publiée sur le site Internet de la candidature – a été signée par la Présidente, Ágnes Kovács, le Président d’honneur, George Karpati, et plusieurs sportifs du pays ; Arlóy Sophie, John Becsey, Krisztián Berki, Peter Boronkay, Kinga Bota Attila Czene, Tamás Darnyi, Antal Dunai, Gyula Gál, GECS Tibor Zsolt Gyulay, Igaly Diana, Agnes Est Baiser Gergely Antal Kovács Győző Kulcsár, Hongrie Zoltan Janos Martinek, Timea Nagy, György Nébald Rácz Marianne, Krisztina Regőczy et Ákos Verecke.

Les membres de la Commission des Athlètes sous les drapeaux de la candidature et du Comité Olympique de Hongrie (Crédits - Budapest 2024)

Les membres de la Commission des Athlètes sous les drapeaux de la Ville de Budapest, du Comité Olympique de Hongrie et de la candidature olympique et paralympique (Crédits – Budapest 2024)

« Nous sommes tristes et déçus de manière indescriptible. La fin du rêve olympique et paralympique hongrois est une perte énorme pour notre pays. Dans un sprint compétitif unique nous avons été contraint de renoncer à la lutte finale.

Chacun de nous considère cette issue d’autant plus douloureuse qu’elle intervient peu de temps avant l’arrivée. En outre, la concurrence serrée représentait une chance sérieuse de gagner. Il est particulièrement douloureux de constater dès lors que Budapest ne prendra pas part à la finale de cette compétition, lors du scrutin de septembre à Lima (Pérou).

Des réactions nous sont parvenues. Non seulement auprès des athlètes, mais aussi à Budapest et dans tout le pays.

Nous savons tous qu’il ne faut pas perdre la foi après un échec. Les athlètes sont donc unanimes : il ne faut pas abandonner ! Nous avons participé à la préparation des documents de la candidature, en aidant l’équipe responsable. Nous avons vu beaucoup d’efforts et une connaissance approfondie pour créer de fantastiques plans pour la Hongrie. Voilà pourquoi nous sommes convaincus que la capitale hongroise fera une nouvelle offre dans un avenir pas très lointain et nous pensons que Budapest sera apte pour les Jeux Olympiques et Paralympiques ».

Signe que la fin approche pour l’ambition hongroise, le document a été rédigé uniquement en Hongrois.

Il faut dire que même en cas de poursuite de la candidature, les efforts immédiats de traduction n’auraient pas été réalisés, sans doute jusqu’à l’issue du référendum qui aurait eu lieu dans le courant du printemps.

Ainsi, le Comité de Candidature avait initialement prévu de rendre public cette semaine le troisième volet de son dossier technique, mais seulement en Hongrois et en Anglais. Sauf volonté d’informations, ce document ne devrait finalement pas être publié.