JO 2024 : Budapest pourrait retirer sa candidature dès la semaine prochaine

Et si la Ville de Budapest renonçait à l’organisation d’un référendum concernant sa candidature olympique et paralympique ?

L’option semble en tous cas sur la table après les échanges tenus en fin de semaine entre le Maire de la capitale hongroise et le Premier Ministre.

Istvan Tarlós a en effet engagé des discutions avec les autorités gouvernementales et devrait à nouveau les consulter en début de semaine prochaine. Le Gouvernement devrait ensuite se réunir, tout comme le Conseil Municipal qui pourrait dès lors être amené à se prononcer sur un éventuel retrait de la candidature de Budapest.

Visuel du Stade Olympique (Crédits - Budapest 2024 / Brick Visual)

Visuel du Stade Olympique (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Bien que le projet de Budapest 2024 ait été au cœur de la campagne pour l’organisation d’un référendum, cette dernière a aussi suscité la mobilisation des opposants au Premier Ministre de la Hongrie.

Si un retrait devait intervenir mercredi 22 février, cela permettrait aux autorités locales d’éviter la tenue d’une consultation populaire plus que périlleuse, mais surtout, cela permettrait au Gouvernement de Viktor Orbán de contourner un probable fiasco à quelques mois des élections législatives de 2018.

Quoiqu’il en soit, la perspective d’un retrait semble aujourd’hui quasi-inéluctable, ce qui conduirait le Comité International Olympique (CIO) à devoir choisir – le 13 septembre prochain – entre deux Villes Candidates (Paris et Los Angeles).

Le Comité de Candidature a d’ailleurs annoncé ce samedi la suspension des contrats et ce, après plusieurs jours de flottement au cours desquels aucune initiative promotionnelle n’a été lancée sur Internet ou sur le terrain alors même que les Villes Candidates ont la possibilité de défendre leur projet respectif à l’échelle internationale depuis le 03 février.

« Au cours des dernières semaines, le projet de candidature est devenu un débat national.

L’unité politique en soutien à la candidature olympique hongroise s’est brisée. Si cette unité n’est pas rétablie dans un court laps de temps, Budapest n’aura aucune chance de battre deux des plus grandes villes que sont Paris et Los Angeles.

Jusqu’à ce que cette unité soit restaurée derrière la candidature de Budapest 2024, nous prenons la décision de suspendre les contrats, de ne pas émettre de nouvelles commandes et de ne pas utiliser le budget qu’il nous reste » a ainsi fait savoir la candidature hongroise dans un communiqué.

Pour le CIO, un nouvel abandon d’une Ville Candidate sonnerait comme un indéniable échec de sa stratégie de renouveau portée par l’Agenda 2020.

Avec seulement deux candidatures en lice pour les Jeux Olympiques d’été, l’institution de Lausanne (Suisse) se retrouverait confrontée à une crise sans précédent depuis les années 1980 lorsque Los Angeles fut seule en course pour l’accueil des Jeux de 1984 et lorsque deux villes furent sur les rangs pour les Jeux de 1988, Séoul (Corée du Sud) finalement élue, et Nagoya (Japon).

Pour les Jeux d’hiver, une telle situation s’était présentée il y a seulement deux ans, au moment où Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) s’étaient retrouvées dans un duel inattendue après les retraits des Grisons (Suisse), de Cracovie (Pologne), de Munich (Allemagne), d’Oslo (Norvège), de Stockholm (Suède) et de Lviv (Ukraine).

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Budapest comptait s’inspirer de Villes Hôtes passées pour concevoir un nouveau modèle olympique, loin des extravagances de certaines éditions récentes.

Dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société » en octobre 2016, le Président du Comité de Candidature avait d’ailleurs précisé cette ambition.

« Les Jeux Olympiques de Budapest seront l’occasion pour le Mouvement Olympique de se réengager avec des villes de taille moyenne, et de créer des opportunités à travers le monde.

Anvers, Amsterdam, Barcelone, Stockholm et Helsinki – villes semblables à Budapest – ont toutes accueilli les Jeux Olympiques avec un énorme succès.

Le plan de Budapest 2024 réintroduit ce modèle rafraîchissant de compacité, de Jeux intimes et intégrés dans la ville, et permettant l’accélération des projets existants.

Accueillir les Jeux Olympiques à Budapest permettra de restaurer l’héritage de ces Villes Olympiques moyennes » avait notamment affirmé Balázs Fürjes.

Cette ambition avait par la suite été mentionnée devant l’Assemblée Générale des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) réunie mi-novembre à Doha (Qatar).

La candidature de Budapest 2024 avait alors martelé un message clair : Budapest est la bonne ville, au bon moment.

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JO 2024 : Interview pour « Radio Canada » concernant la perspective d’un référendum à Budapest

Tandis que la candidature de Budapest 2024 se retrouve de plus en plus fragilisée dans l’optique d’un référendum, « Radio Canada » a proposé hier soir un reportage sur cette perspective et plus largement, sur le devenir du modèle des Jeux Olympiques.

Ici Radio Canada

Interviewé par le journaliste Robert Frosi dans le cadre de l’émission « L’heure du monde », je vous propose de retrouver mon témoignage (entre 40:15 et 43:30 sur le lecteur).

– Un mouvement de jeunes opposants aux Jeux – le groupe « Momentum » – avait lancé une pétition pour la tenue d’un référendum sur cette candidature. Pour aller de l’avant, ce référendum a recueilli suffisamment de signatures pour qu’effectivement, on y aille.

J’en ai parlé avec Kévin Bernardi qui est l’auteur d’un Rapport sur les Impacts et l’Héritage des Jeux Olympiques, et qui m’a expliqué que les chances que ce référendum soit victorieux en Hongrie sont réelles.

En règle générale, sur des référendums relatifs à des questions olympiques, les partisans du retrait d’une candidature sont plus nombreux à se mobiliser que les partisans de la candidature en elle-même.

On l’a vu par exemple à Hambourg pour la candidature allemande pour 2024, on l’a aussi vu au cours des dernières années dans les Grisons pour la Suisse, on l’a vu également à Cracovie pour les JO 2022, etc… A chaque fois, on a des retraits de candidatures.

– Advenant le retrait de Budapest, il ne resterait plus que deux villes en lice pour les Jeux de 2024. Est-ce l’avenir des Jeux Olympiques qui est en train de se jouer en ce moment.

Il reste Paris et Los Angeles, deux candidates dans la tourmente – Paris qui se démène en ce moment avec un mini-scandale autour de leur slogan, et Los Angeles qui avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence a du plomb dans l’aile à cause des politiques restrictives de libre circulation – et pour Kévin Bernardi, il faut absolument que le message du Comité International Olympique (CIO) de redonner une dimension humaine aux JO passe, sinon, ça pourrait être effectivement la fin.

C’est vraiment une mission que devra mettre en œuvre le CIO pour arriver justement à avoir une communication suffisamment efficace pour à la fois convaincre l’opinion publique et à la fois, les villes potentiellement candidates et ce, pour éviter un désamour qui conduirait in fine à ne plus avoir de Villes Candidates.

PyeongChang 2018 présente la torche olympique des prochains Jeux d’hiver

A un an de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver (09 au 25 février 2018), le Comité d’Organisation de PyeongChang 2018 a présenté la torche des JO et l’uniforme des relayeurs de la flamme.

(Crédits - PyeongChang 2018)

(Crédits – PyeongChang 2018)

D’une hauteur de 70 centimètres, la torche de couleurs blanche et or se veut l’illustration de l’altitude à laquelle se situe la Ville Hôte des Jeux de 2018 – 700 mètres au-dessus du niveau de la mer – ainsi que l’évocation de la neige et de la glace qui seront les deux supports de l’événement olympique.

Parmi les autres symboles présents sur la torche – conçue par Kim Young-se et fabriquée par le groupe spécialisé Hanhwa, qui fut à l’origine de la torche des Jeux d’été de Séoul 1988 -, la forme pentagonale rappelle les cinq continents et les cinq branches situées sur la partie supérieure de l’objet sont une interprétation des races, des religions, des nations, des genres et des cultures.

Au travers de ces multiples symboles, PyeongChang 2018 souhaite éveiller l’enthousiasme autour des prochains Jeux et porter un message d’unité à travers le monde.

« Je tiens à féliciter le Comité d’Organisation (COJOP) pour leur magnifique torche olympique et les uniformes des porteurs du flambeau, qui joueront un rôle majeur l’hiver prochain pour susciter l’exaltation pour les Jeux en République de Corée.

Le relais de la flamme olympique est unique en sa capacité à réunir le monde et à transmettre les valeurs olympiques.

Je suis convaincue qu’une nouvelle génération coréenne embrassera le relais de la flamme olympique, comme ce fut le cas lors des Jeux Olympiques de Séoul en 1988, et que le monde appréciera cet important symbole conçu par les Coréens » a affirmé Gunilla Lindberg, Présidente de la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO).

(Crédits - PyeongChang 2018)

Championne Olympique de patinage artistique, Kim Yuna a reçu la torche olympique des mains de Magnus Kim, premier athlète Coréen à avoir remporté une médaille d’or en ski de fond aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver 2016. L’uniforme des relayeurs de la flamme a été conçue par le Partenaire Officiel de PyeongChang 2018, « The North Face » (Crédits – PyeongChang 2018)

Au total, au moins 7 500 personnes se relaieront pour assurer le parcours de la torche olympique qui sera prochainement allumée à Olympie (Grèce) avant de gagner la Corée du Sud et de rejoindre d’ici le 09 février 2018, la région de PyeongChang.

Tokyo 2020 : Premières visites groupées de Comités Nationaux Olympiques

A un peu plus de trois ans de l’ouverture des Jeux d’été 2020 dans l’enceinte du Stade Olympique de Tokyo (Japon), les organisateurs ont engagé ces derniers jours les premières visites de Comités Nationaux Olympiques (CNO).

Afin de mettre en avant les préparatifs et permettre la visite des sites qui accueilleront les compétitions, Tokyo 2020 a en effet mis en place trois journées thématiques au cours desquelles treize CNO et trente deux personnes ont été conviés : Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Danemark, Finlande, Irlande, Japon, Liechtenstein, Luxembourg, Pays-Bas, et Nouvelle-Zélande.

Visite des délégations au Tokyo Metropolitan Gymnasium (Crédits - Tokyo 2020 / Uta Mukuo)

Visite des délégations au Tokyo Metropolitan Gymnasium, lundi 06 février 2017 (Crédits – Tokyo 2020 / Uta Mukuo)

Outre des réunions avec des responsables du Comité d’Organisation – dans le domaine des transports notamment – les délégués présents ont visité le site du Village Olympique, ainsi que du Gymnase Métropolitain de Tokyo (gymnastique), du Stade de Tokyo – à ne pas confondre avec le futur Stade Olympique – (football, rugby, pentathlon moderne) et du Makuhari Messe (taekwondo, lutte, escrime).

« Depuis novembre dernier, nous avons reçu des délégations de CNO à Tokyo, mais il s’agissait d’une première concernant l’accueil de délégations groupées.

Les visites de groupes ont été une pratique régulière et appréciée aussi bien à Londres qu’à Rio, et nous comptons les développer ici aussi.

Nous prévoyons d’organiser quatre autres Journées Portes Ouvertes pour les CNO et deux Journées Portes Ouvertes pour les Comités Nationaux Paralympiques jusqu’en 2019 et ce, en plus des visites individuelles » a affirmé Toru Kobayashi, Directeur des Services et Relations de Tokyo 2020 avec les CNO.

(Crédits - Capture d'écran / Sport & Société)

(Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Le Comité d’Organisation a par ailleurs mis en ligne un site Internet dédié à l’hospitalité, accessible en Anglais et en Français.

Élément majeur de la culture nippone, l’hospitalité est aussi au cœur des préparatifs de Tokyo 2020.

De ce fait, le site Internet permet de présenter le Japon, son attachement et son expérience des Jeux – hôte en 1964, 1972 et 1998 – mais également les opportunités d’entraînement pour les sportifs qui participeront aux JO 2020.

Comme le mentionne ainsi le site, « ce guide en ligne a pour objectif de fournir des informations utiles pour trouver votre camp d’entraînement idéal au Japon.

Nous espérons qu’il permettra à chaque athlète d’avoir la meilleure préparation possible en vue des Jeux ».

A ce jour, 351 établissements implantés dans 44 Préfectures du Japon ont exprimé un intérêt pour accueillir des centres d’entraînement d’ici aux Jeux d’été de 2020.

JO 2024 : Les Villes Candidates entrent dans la dernière ligne droite

Ce vendredi 03 février, le Comité International Olympique (CIO) a réceptionné à Lausanne (Suisse) le troisième volet du dossier technique des Villes Candidates à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Avec ce nouvel apport – après ceux du 17 février 2016 puis du 07 octobre 2016 – l’institution olympique et ses membres disposent à présents de l’intégralité de la vision des JO de Los Angeles (États-Unis), Budapest (Hongrie) et Paris (France).

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Pour les trois Villes Candidates encore en lice – elles étaient cinq le 15 septembre 2015 au lancement de la procédure de candidature par le CIO – l’étape la plus importante débute aujourd’hui.

En effet, conformément aux nouvelles règles édictées par le CIO au travers de son Agenda 2020, les Villes Candidates peuvent dès à présent effectuer leur campagne de promotion à l’échelle internationale. Cette possibilité était jusqu’alors écartée, les Villes devant se concentrer sur l’élaboration de leur projet et sur le dialogue et la concertation à l’échelle nationale.

« Avec la remise de la troisième partie du dossier de candidature, nous sommes désormais en mesure d’évaluer chaque projet dans son intégralité.

Depuis le lancement de la procédure de candidature, nous n’avons jamais cessé d’échanger avec les Villes et avons réellement pu voir leurs projets olympiques prendre forme.

L’enthousiasme continue de grandir alors que nous amorçons la dernière ligne droite de la compétition. Nous avons tous appris et tiré parti de la nouvelle philosophie mise en avant par l’Agenda Olympique 2020, et personnellement, je me réjouis de me rendre au printemps dans chacune de ces trois Villes » a fait savoir Frank Fredericks, Président de la Commission d’évaluation pour les JO 2024.

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Los Angeles sera la première des Villes Candidates à recevoir la Commission (23 au 25 avril), avant Budapest (10 au 12 mai) et enfin Paris (14 au 16 mai).

Dans les trois cas, le CIO prendra en charge les différents coûts – notamment ceux relatifs à la tenue des réunions de travail et à l’hébergement des membres de la Commission – et ce, alors que les Villes Candidates supportaient la majeure partie de ces derniers lors des précédentes candidatures.

Cet apport important de l’Agenda 2020 – qui se couple avec la publication des dossiers techniques uniquement en format électronique – permet dès lors d’envisager une réduction des coûts liés à la phase de candidature.

Des ajustements devront cependant être réalisés pour les prochaines échéances, l’Agenda 2020 n’ayant pas eu la pleine portée espérée par le CIO, avec le retrait de deux villes – trois si l’on englobe Boston – en l’espace de deux années.

Alors qu’auparavant les Villes Candidates devaient débourser 650 000 dollars au titre des droits de candidature, ce montant a été abaissé avec la nouvelle procédure.

A présent, ce sont 250 000 dollars qui sont exigés par le CIO aux Villes Candidates, une somme répartie de la manière suivante : un premier versement de 50 000 dollars en octobre 2015 ; un second versement de 50 000 dollars en juillet 2016 ; et un troisième versement d’un total de 150 000 dollars effectué en janvier 2017.

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits - IOC Flickr / R. Juilliart)

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits – IOC Flickr / R. Juilliart)

Après la visite et l’inspection des sites par la Commission d’évaluation – qui sera précédée par une présentation sommaire des Villes lors de la Convention SportAccord, le 04 avril -, cette dernière tiendra une réunion d’information auprès des Villes Candidates, des membres du CIO et des Fédérations Internationales des sports olympiques d’été.

Cette réunion aura lieu à Lausanne du 11 au 12 juillet 2017 et précédera de deux mois à peine l’élection de la Ville Organisatrice des JO 2024, le 13 septembre à Lima (Pérou).

Les Villes Candidates auront dès lors quelques semaines pour peaufiner l’ultime présentation – dont les contours logistiques ont été inaugurés par les Villes Candidates aux JO 2022 avec notamment une nouvelle scénographie – qui pourra être déterminante afin de capter l’attention des derniers indécis.

Vue de la Salle de Présentation et d'Annonce (Crédits - CIO / Ubald Rutar)

Vue de la Salle de Présentation et d’Annonce (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

Bien sûr, la règle relative au scrutin ne changera pas par rapport aux éditions passées.

Ainsi, le Président du CIO ne participera pas au scrutin olympique, tout comme les membres affiliés aux Comités Nationaux Olympiques (CNO) dont une Ville est candidate.

Autrement dit, les trois membres américains – Larry Probst, Angela Ruggiero et Anita DeFrantz -, les deux membres hongrois – Pal Schmitt et Daniel Gyurta – et les deux membres français – Guy Drut et Tony Estanguet – ne seront pas autorisés à voter tant que la Ville Candidate dont ils sont proches est encore en course.

L’élection devrait être rapide, avec selon toute vraisemblance deux tours de scrutin.

Une égalité entre deux des Villes Candidates conduirait néanmoins à la tenue d’un tour intermédiaire ; ce fut le cas en 2013 pour les JO 2020 entre Madrid (Espagne) et Istanbul (Turquie).

Le retrait de l’une des Villes Candidates avant la date fatidique du 13 septembre serait de nature à réduire à un seul tour de scrutin le déroulement de l’élection, deux candidatures restant alors en lice.

La perspective d’un référendum à l’issue incertaine du côté de Budapest pose d’ores et déjà les bases de cette éventualité.

JO 2024 : Los Angeles propose une nouvelle mise à jour de son concept

Les Villes Candidates ont remis ce vendredi 03 février 2017 l’ultime volet technique de leur dossier de candidature respectif.

Du côté de Los Angeles (États-Unis), l’actualisation du projet semble se poursuivre.

Quelques mois après sa sélection comme Ville Candidate par le Comité Olympique des États-Unis (USOC), Los Angeles avait apporté une première modification à ses plans initiaux, en écartant la possibilité de construire un Village pour les athlètes, préférant alors miser sur la mobilisation du campus de l’Université de Californie (UCLA).

Carte du dispositif olympique (Crédits - LA 2024)

Carte du dispositif olympique (Crédits – LA 2024)

D’autres changements sont ensuite intervenus, avec la délocalisation de certains sports à Anaheim et surtout Long Beach, au Sud de Los Angeles. Puis récemment, la candidature américaine a annoncé son choix d’organiser les Cérémonies d’ouverture et de clôture au sein de deux enceintes, à savoir le mythique Memorial Coliseum et le futur Stade d’Inglewood en proche périphérie de Los Angeles.

Mais la candidature a aussi révélé ses choix quant à l’implantation de trois sports et ce, alors même que les Villes Candidates devaient formuler l’ensemble des positionnements dans le cadre du second volet du dossier de candidature, livré le 07 octobre 2016.

De fait, Los Angeles 2024 propose à présent la tenue du VTT, du Pentathlon moderne et du tir-à-l’arc sur des sites comme le Frank G. Bonelli Park, le StubHub Stadium et Hollywood Park.

Après ces multiples ajustements techniques et logistiques, Los Angeles 2024 a désormais fait l’annonce d’un autre changement pour les épreuves de canoë-kayak cette fois-ci.

Dans le cadre du troisième volet technique du dossier de candidature, LA 2024 indique ainsi l’aménagement d’un Village supplémentaire sur le campus de l’Université de Californie-Riverside, à une vingtaine de minutes du Lac Perris.

(Crédits - LA 2024)

(Crédits – LA 2024)

Plus anecdotique mais non moins important dans la planification du concept olympique et paralympique, les dates d’organisation proposées ont également été modifiées.

Si les Jeux Olympiques sont toujours prévus entre le 19 juillet le 04 août 2024, les Jeux Paralympiques seront quant à eux avancés dans le temps.

Initialement, LA 2024 proposait la tenue de ces derniers entre le 21 août et le 1er septembre 2024. Finalement, la candidature propose d’organiser l’événement entre le 16 et le 29 août 2024.

Visuel du Stade Olympique d'Inglewood (au premier plan) et du LA Memorial Coliseum (Crédits - LA 2024)

Visuel du Stade Olympique d’Inglewood (au premier plan) et du LA Memorial Coliseum (Crédits – LA 2024)

Avec la fourniture du troisième volet technique de son projet, Los Angeles 2024 a souhaité préciser certains fondamentaux.

Ainsi, la « Cité des Anges » ambitionne une large participation du public, à la fois des habitants de Los Angeles, mais aussi des spectateurs. Sur ce point précis, LA 2024 prévoit la venue de 2 millions de visiteurs américains et 1,2 million de visiteurs étrangers.

Pour associer du mieux possible ce public, la candidature entend contrôler de A à Z sa communication et n’hésite d’ailleurs pas à égratigner de manière subtile les précédentes organisations des Jeux et les échéances à venir, avec la mention claire d’un paragraphe intitulé ; « L’élimination des problèmes de communication ».

Dans cet extrait, LA 2024 estime que « compte tenu des difficultés rencontrées par la couverture médiatique des récentes éditions des Jeux et de l’incertitude caractérisant la couverture des trois éditions programmées au cours des sept prochaines années, LA 2024 pense que les messages positifs qui émaneront de la préparation des Jeux à Los Angeles seront précisément ce qu’il faudra pour planifier les Jeux de l’avenir ».

Dans un autre extrait issu d’un autre paragraphe, Los Angeles 2024 précise les temps forts de sa communication.

« Après les Jeux de Tokyo 2020, le 24 de chaque mois, le Comité d’Organisation (LAOCOG) définira un échéancier d’annonces destinées à présenter des festivités et intensifier l’ardeur du public en vue de l’été de 2024 » énonce notamment ce paragraphe.

Outre le grand public, LA 2024 veut aussi associer les athlètes à l’élaboration de son projet et évidemment des préparatifs liés à l’organisation des Jeux.

De fait, comme ce fut le cas à plusieurs reprises au cours des deux dernières années, la candidature américaine mentionne la rencontre de 500 Olympiens et Paralympiens – à l’initiative en particulier de Janet Evans, vice-Présidente de LA 2024 en charge de la relation avec les sportifs – l’envoi d’un questionnaire à quelques 4 000 Olympiens et Paralympiques américains afin de cerner les besoins spécifiques des athlètes et l’instauration d’une Commission des Athlètes.

En novembre 2016, Janet Evans avait d’ailleurs évoqué son attachement à cette question singulière.

« Mon rôle est de veiller à ce que toutes nos décisions jusqu’au vote final du CIO, en septembre 2017, bénéficient de l’apport des Olympiens et des Paralympiens » avait-elle affirmé dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société ».

Sans surprise, la qualité de l’hébergement, de l’environnement, des transports sont au cœur des préoccupations des sportifs, ce à quoi Los Angeles 2024 répond par la mobilisation du campus de UCLA et la modernisation d’une partie de la flotte des transports en commun, avec par exemple l’extension du réseau ferré de 30 kilomètres avec par ailleurs 18 nouvelles stations.

La thématique des transports est un point crucial pour toute Ville Candidate, mais Los Angeles entend inciter à un maximum de déplacements collectifs, là où nombre d’Américains se déplacent en voiture individuelle.

Un challenge important mais qui se confronte aussi à la réalité, avec la récente congestion du métro à l’occasion de la « Women’s March », courant janvier 2017.

Visuel du campus de l'Université de Californie à Los Angeles remanié en Village des Athlètes le temps des Jeux (Crédits - LA 2024)

Visuel du campus de l’Université de Californie à Los Angeles remanié en Village des Athlètes le temps des Jeux (Crédits – LA 2024)

Éléments-clés de l’Agenda 2020 du Mouvement Olympique, les critères liés à la durabilité et à l’héritage occupent une place importante du troisième volet du dossier de candidature.

Concernant LA 2024, le projet fait la mention qu’il s’agit d’un concept « utilisant uniquement des sites existants ou provisoires, [et qui] a pris l’engagement de livrer des Jeux à faibles déchets, à faibles émissions de carbone, à utilisation judicieuse de l’eau et à forte inclusion, tant sociale qu’économique ».

Pour justifier son positionnement ambitieux, la candidature précise les diverses réglementations mises en place par les autorités locales et de Californie :

« Les réglementations et politiques intraitables en matière d’environnement adoptées par Los Angeles et la Californie placent la ville et l’État à la pointe de la lute contre le changement climatique.

En 2015, la Californie a adopté le projet de loi 32 du Sénat qui exige, pour 2030, une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et le projet Sustainable City Plan de Los Angeles vise à atteindre, pour 2030 également, une réduction de 45% par rapport à 1990.

En outre, le projet de loi 350 du Sénat exige des sociétés d’électricité que 50% de leur énergie proviennent de sources renouvelables d’ici à 2030.

Los Angeles vise également à réduire ses importations d’eau de 50% d’ici à 2025 et la ville est la première des États-Unis à s’engager à recycler 90% de ses déchets d’ici à 2025″.

Les engagements de LA 2024 ne sont pas négligeables, d’autant plus lorsque l’on sait les difficultés rencontrées par l’État de Californie chaque année, à la fois en termes de sécheresse et d’approvisionnement en eau.

La mise en place de réservoirs est ainsi régulièrement valorisée pour démontrer le plein investissement des autorités.

Vue de Los Angeles (Crédits - Eric Garcetti / Page Facebook)

Vue de Los Angeles (Crédits – Eric Garcetti / Page Facebook)

Sur le plan de l’hébergement, Los Angeles 2024 détaille ses plans pour les spectateurs, les médias et la Famille Olympique.

Pour le premier public, la candidature annonce sans surprise la mobilisation d’un quota de chambres d’hôtels supérieur à l’exigence du Comité International Olympique (CIO). Ce dernier demande en effet aux Villes Candidates de garantir 41 000 chambres. Los Angeles en prévoit 50 000 dans un rayon de 20 kilomètres autour du centre-ville ; si l’on évoque la capacité à 50 kilomètres, le nombre de chambres disponibles est ici de 125 000. A ce dispositif, LA 2024 promet 9 500 chambres supplémentaires au cours des prochaines années, sans oublier aussi les autres capacités d’accueil comme le dispositif existant de AirBNB.

Pour le second public, quelques 13 800 chambres ont été réservées pour les journalistes et médias qui viendront à Los Angeles, en plus des 3 200 lits qui seront disponibles au sein du Village des Médias sur le campus de l’Université de Californie du Sud (USC).

Pour le troisième public enfin, Los Angeles a d’ores et déjà prévu l’hôtel JW Marriott et le Ritz Carlton pour héberger les membres de la Famille Olympique, notamment les membres du CIO.

Visuel du Memorial Coliseum repensé pour les Jeux Olympiques (Crédits - LA 2024)

Visuel du Memorial Coliseum repensé pour les Jeux Olympiques (Crédits – LA 2024)

En ce qui concerne le financement des Jeux, LA 2024 a d’ores et déjà annoncé la constitution – inédite – d’un seul et unique budget et ce, alors que le CIO demande traditionnellement l’élaboration de deux budgets distincts, à savoir le budget d’organisation (COJO) et le budget non-COJO.

Dans le cas de la candidature américaine, les dépenses sont aujourd’hui chiffrées à 5,325 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), dont 175,6 millions (163,6 millions d’euros) pour les transports, 37,9 millions (35,3 millions d’euros) pour les opérations liées aux Villages, mais encore 195,2 millions pour les Cérémonies (181,88 millions d’euros).

La majeure partie des investissements nécessaires est bien sûr confiée aux sites avec plus de 1,190 milliard de dollars consacrés (1,108 milliard d’euros).

Mais si le budget global fait mention de plusieurs secteurs, la sécurité n’est en revanche pas budgétée et ce, compte tenu de la prise en charge de cet élément au niveau fédéral. La candidature fait ainsi le commentaire de « manifestations nationales à sécurité particulière » en lieu et place d’une estimation chiffrée.

Pour compenser les dépenses exigées par la tenue des Jeux, Los Angeles compte bien sûr sur la participation du CIO au travers de la contribution et des droits TV, mais la candidature envisage aussi un plan marketing d’importance.

En cumulant les trois niveaux de partenariats, LA 2024 prévoit ainsi des recettes de l’ordre de 1,760 milliard de dollars (1,639 milliard d’euros).

Une estimation correcte si l’on regarde le programme mis en œuvre à Londres 2012 (plus de 1 milliard de dollars) et actuellement en cours pour Tokyo 2020, avec plus de 3 milliards de dollars d’ores et déjà engrangés.

La billetterie des Jeux occuperait également une place importante pour la collecte de recettes (1,3 milliard de dollars soit 1,21 milliard d’euros).

Mais sur ce point, Los Angeles pourrait bien être une édition olympique aux coûts élevés, avec malgré tout l’ambition de parvenir à un taux de remplissage de 97%.

Ainsi, les tarifs proposés par la candidature américaine établissent une moyenne de 140,7 dollars par billet (131,1 euros) – 13,12 dollars (12,22 euros) pour le golf en phase préliminaire -, avec un pic moyen à 1 783 dollars (1 661 euros) pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux.

Comme le mentionne aujourd’hui le « Los Angeles Times », « cela placerait les Jeux dans la lignée des récents Super Bowl ou des finales de la NBA ».

(Crédits - Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

(Crédits – Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

Dans l’ensemble du troisième et donc dernier volet du dossier technique, aucune référence n’est faite à Donald Trump et à la politique américaine dans sa globalité.

Il n’en demeure pas moins que les récentes décisions du Président des États-Unis pourraient impacter la perception de la candidature aux JO 2024 à travers le monde, et plus particulièrement auprès des membres du CIO.

La visite prochaine de la Commission d’évaluation – qui compte en ses rangs des membres issus de pays musulmans certes non-mentionnés dans la liste du Décret Trump – sera particulièrement scrutée.

Si le langage diplomatico-olympique de la Commission olympique sera comme toujours de mise, l’attitude des autorités locales et surtout fédérales pourrait donner une tendance pour les mois à venir.

JO 2024 : Face à la politique migratoire de Donald Trump, l’USOC se veut rassurant

La réaction était attendue. Elle est intervenue ce lundi soir.

Par l’intermédiaire de son Président – par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO), Larry Probst, et de son Directeur Général, Scott Blackmun, le Comité Olympique des États-Unis (USOC) a publié une déclaration officielle dans laquelle il évoque le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration.

Sujet à polémiques et à manifestations aux quatre coins des États-Unis – notamment à Los Angeles (Californie) – ce Décret prive temporairement l’entrée sur le sol américain des ressortissants de sept pays.

(Crédits - USOC)

(Crédits – USOC)

« Nous avons reçu un certain nombre de demandes de renseignements au sujet du Décret émis par le Président Trump vendredi. Comme les États-Unis, le Mouvement Olympique a été fondé sur des principes de diversité, d’inclusion, d’opportunité et de dépassement de l’adversité.

En qualité de représentant du Mouvement Olympique aux États-Unis, nous adoptions ces valeurs.

Nous reconnaissons également la tâche difficile qui consiste à assurer la sécurité d’une Nation. Nous espérons sincèrement que l’ordre exécutif mis en œuvre récemment reconnaîtra de façon appropriée les valeurs sur lesquelles notre Nation et le Mouvement Olympique ont été fondés.

Nous avons spécifiquement été interrogés sur l’impact que le Décret présidentiel pourrait avoir sur les athlètes et les officiels venant aux États-Unis pour participer et assister à des compétitions.

Reconnaissant le pouvoir extraordinaire du sport pour rassembler les gens dans une célébration pacifique de l’amitié, de l’excellence et du respect, le Gouvernement Fédéral nous a informés aujourd’hui qu’il travaillera avec nous pour que les athlètes et les officiels de tous les pays puissent accéder aux États-Unis afin de se rendre à des compétitions internationales » ont ainsi affirmé et précisé les deux responsables sportifs américains.

Par cette déclaration, ces derniers souhaitent au plus tôt éteindre les polémiques naissantes autour des Décrets présidentiels de Donald Trump – tout en restant dans un discours convenu – et ce, alors que Los Angeles ambitionne de devenir Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 et que les États-Unis sont en passe d’accueillir des événements sportifs majeurs, comme les Mondiaux d’athlétisme à Eugène (Oregon) en 2021.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines seront déterminantes pour la candidature olympique et paralympique, d’autant plus si le Maire de Los Angeles confirme son positionnement parmi les leaders politiques de la fronde au Président Trump.

Au-delà de son soutien à la candidature de LA 2024, Eric Garcetti n’oublie pas les fondements politiques qui sont les siens, lui qui est actuellement candidat à sa propre succession, et qui pourrait éventuellement être intéressé par le poste de Gouverneur de Californie en 2018, avant peut-être, de se lancer dans la course à l’investiture du Parti Démocrate pour la Présidentielle de 2020.

Autant d’échéances certaines ou potentielles qui jalonneront les mois à venir dans la « Cité des Anges ».

Plus que jamais, la candidature de Los Angeles 2024 se retrouve au cœur de considérations politiques, qu’elle n’avait sans doute pas imaginé il y a encore six mois.

Les principales figures de la candidature – Eric Garcetti et Casey Wasserman, son Président – sont en effet des proches de la candidate Démocrate battue par Donald Trump lors de l’élection présidentielle 2016, Hillary Clinton.

Les deux hommes forts de la candidature de LA 2024 auraient dès lors souhaité travailler avec l’ex-First Lady plutôt qu’avec le détonnant – et déroutant – leader Républicain.

JO 2024 : Los Angeles face aux décisions controversées de Donald Trump

Quelques semaines après son investiture, le Président Donald Trump n’en finit pas de faire parler de lui.

Comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle américaine, le leader Républicain a acté des mesures polémiques liées au Mexique et à l’immigration.

(Crédits - Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

(Crédits – Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

Ainsi, Donald Trump a notamment signé un Décret pour officialiser la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, mur que le Président souhaite voir financer – a postériori – par les autorités de Mexico. Toutefois, ces dernières ont d’ores et déjà écarté cette possibilité, le Président Enrique Pena Nieto annulant au passage une visite à Washington (District of Columbia).

Mais le Président Trump a aussi engagé un autre Décret – aux multiples impacts – concernant l’immigration, en interdisant temporairement ou jusqu’à nouvel ordre, l’arrivée sur le sol américain de ressortissants issus de sept pays : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Sans surprise, cette dernière mesure a soulevé une vague de contestation outre-Atlantique, d’autant plus dans les villes considérées comme « sanctuaires » pour les immigrés par le nouveau Président des États-Unis.

Dans le viseur de Donald Trump, Los Angeles a fait savoir qu’elle demeurerait une ville d’accueil et ce, après de multiples déclarations écrites du Maire Eric Garcetti au cours des derniers jours, et à la suite d’une conférence de presse organisée depuis l’aéroport international de la ville.

« Je me suis entretenu ce matin à l’aéroport LAX avec les membres du Congrès, Maxime Waters et Ted Lieu, les responsables des douanes et de la protection des frontières, notre police aéroportuaire et des avocats en immigration pour évoquer l’impact des ordonnances présidentielles dans notre ville.

J’ai aussi rencontré des proches de certaines personnes touchées par ces décisions, pour mieux comprendre comment la ville de Los Angeles peut aider les gens durant cette période très difficile, déroutante et douloureuse.

J’ai voulu les assurer que Los Angeles honorera une tradition américaine unique, en demeurant toujours un lieu de refuge pour les personnes de toutes les nationalités et de toutes les confessions religieuses.

L’interdiction d’accès à des personnes sur un critère religieux ou sur celui de leur pays d’origine n’est pas seulement contraire aux idéaux américains, c’est aussi une mesure dangereuse contre notre sécurité nationale.

Il existe des stratégies efficaces, rationnelles, humaines et constitutionnelles pour garantir la sécurité des Américains, et c’est ce que nous attendons du Président à l’égard du peuple américain » a notamment affirmé le Maire Démocrate de Los Angeles.

(Crédits - Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

(Crédits – Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

Les mesures prises par le Président Donald Trump ont également fait réagir au-delà des frontières américaines, et un possible impact sur la candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024 n’est plus à écarter.

Sans évoquer la candidature ou la perspective du vote olympique du 13 septembre prochain, Richard Peterkin, membre du Comité International Olympique (CIO) à Saint-Lucie, n’a pas hésité à pointer la politique actuelle des autorités fédérales des États-Unis.

Sur son compte Twitter, le responsable olympique a notamment indiqué que « le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration est totalement contraire aux idéaux olympiques.

Selon lui, la responsabilité collective l’emporte sur la justice individuelle ».

Si elle n’engage que son auteur, cette déclaration illustre en tous cas l’état d’esprit qui pourrait être celui de bon nombre de membres de l’institution qui élira la Ville Hôte des Jeux d’été de 2024.

La visite prochaine de la Commission d’évaluation du CIO – du 23 au 25 avril – sera déterminante pour la candidature de Los Angeles et ce, même si Donald Trump a récemment assuré de son soutien le CIO et la candidature américaine.

Le Maire de la ville devrait être de la partie, tout comme les membres américains du CIO, Larry Probst – par ailleurs Président du Comité Olympique des États-Unis (USOC) -, Anita DeFrantz, Conseillère de LA 2024 en charge de l’héritage, sans oublier Angela Ruggiero, qui est aussi Présidente de la Commission des Athlètes de l’institution de Lausanne (Suisse).

Toutes ces personnalités – avec également les leaders de la candidature comme Casey Wasserman, Président, et Janet Evans, vice-Présidente – devront alors assurer la Commission d’évaluation de la qualité du projet olympique et paralympique, tout en essayant d’atténuer l’image d’ores et déjà désastreuse des mesures présidentielles sur la scène internationale.

Un exercice difficile mais sans doute nécessaire pour éviter à la candidature d’être plombée dans les mois à venir par les décisions controversées de Donald Trump.

En novembre 2016, Janet Evans s’était d’ailleurs voulue rassurante avant même la prise de fonction du Président.

« Nous sommes fortement convaincus que les Jeux Olympiques et LA 2024 transcendent la politique et peuvent contribuer à rassembler nos communautés et le monde entier.

Nous sommes impatients de coopérer étroitement avec le Président élu, Donald Trump, et avec l’ensemble du Gouvernement Fédéral, afin de livrer des ‘Jeux nouveaux pour une ère nouvelle’ qui serviront et motiveront l’ensemble du Mouvement Olympique en 2024″ avait déclaré l’ancienne Championne Olympique de natation dans le cadre d’une interview exclusive pour « Sport & Société ».

Pékin 2022 : Coopération stratégique entre la Suisse et la Chine

Les Comités Olympiques de la Suisse et de la Chine ont signé en ce début de semaine une déclaration d’intention en vue d’une coopération stratégique dans le domaine des sports d’hiver et de l’accès de ces derniers au plus grand nombre.

Signe de l’importance de cette coopération à venir, Doris Leuthard, Présidente de la Confédération helvète, et Xi Jinping, Président de la République Populaire de Chine, étaient présents pour assister les leaders des deux Comités Nationaux Olympiques, Jürg Stahl et Gou Zhongwen.

(Crédits - DFAE / Kaspar Bacher)

Gou Zhongwen et Jürg Stahl ; le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, et la Présidente de la Confédération, Doris Leuthard en arrière plan (Crédits – DFAE / Kaspar Bacher)

Le Président chinois, en visite d’État en Suisse, s’est par la suite rendu au Forum Économique Mondial (WEF) de Davos, avant de rencontrer le Président du Comité International Olympique (CIO) et réaffirmer ainsi le soutien des autorités aux préparatifs d’organisation des Jeux d’hiver de 2022.

La coopération stratégique entre la Suisse et la Chine offrira des opportunités majeures pour les deux pays, dans l’optique bien sûr des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lausanne 2020 et des JO de Pékin 2022, avec un apport bilatéral concernant la construction de complexes sportifs et l’utilisation de sites d’entraînement, sans oublier un transfert de connaissances pour permettre le développement des sports d’hiver dans l’Empire du Milieu.

La candidature de Pékin 2022 avait en effet basé une part majeure de son argumentaire sur la volonté d’ouvrir les sports d’hiver à 300 millions de Chinois, soit un potentiel exceptionnel pour les entreprises du secteur.

Mais si la coopération s’annonce intéressante pour la Chine, elle pourrait aussi profiter à l’éventuelle candidature olympique et paralympique de la Suisse pour les Jeux d’hiver de 2026, ainsi qu’aux activités touristiques helvètes.

(Crédits - DFAE / Kaspar Bacher)

(Crédits – DFAE / Kaspar Bacher)

Avec la signature de cette coopération, la Chine confirme en tous cas son souhait de s’appuyer sur l’expertise de pays expérimentés dans l’organisation de compétitions hivernales et plus largement, dans l’accueil d’un tourisme de sports d’hiver.

Quelques mois après son élection comme Ville Hôte des Jeux d’hiver de 2022, Pékin avait ainsi été au coeur d’un accord entre l’entreprise française « Engie » et la chinoise « Beijing Enterprise ».

Dans un communiqué, « Engie » précisait d’ailleurs que les deux sociétés entendaient « mener à bien leur coopération historique basée sur la confiance, en établissant un partenariat en Chine, en effectuant des recherches et en développant conjointement une énergie verte et une gestion énergétique efficace pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2022 organisés par Pékin et la province de Hebei ».

Tokyo 2020 précise le montant de ses budgets et promet de nouveaux efforts

En début de semaine, la presse nippone s’était fait l’écho d’une nouvelle estimation du coût global des Jeux de Tokyo 2020. Cette dernière se voulait comprise entre 1 600 et 1 800 milliards de yens, soit entre 13,07 et 14,71 milliards d’euros.

Aujourd’hui, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2020 a précisé la répartition des dépenses envisagées, tout en mentionnant la poursuite d’efforts visant à affiner le coût total de l’événement.

(Crédits - Tokyo 2020)

(Crédits – Tokyo 2020)

Ainsi, le budget d’organisation (COJO) est actuellement fixé à 500 milliards de yens, soit 4,7 milliards de dollars.

Pour rappel, Tokyo 2020 avait envisagé un budget COJO à hauteur de 3,42 milliards de dollars au moment du dépôt de la candidature et de sa présentation en 2012.

Comme le précise cependant le Comité d’Organisation, la hausse du budget COJO s’explique en partie par l’afflux de nouvelles recettes, à commencer bien sûr par la contribution du Comité International Olympique (CIO) et surtout par le niveau exceptionnel du Programme des Partenaires.

Avec 42 signataires, ce dernier peut être estimé à au moins 3,3 milliards de dollars en cette fin d’année 2016, soit largement au-dessus des prévisions initiales (932 millions de dollars).

Les autres dépenses envisagées et compilées dans la section hors-COJO est quant à elle fixée dans une fourchette comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de yens, soit entre 10,3 et 12,1 milliards de dollars.

Là aussi, une hausse sensible est à constater par rapport à l’estimation formulée dans le dossier de candidature de la capitale nippone (4,92 milliards de dollars).

Sur cette enveloppe actualisée, les autorités envisagent des dépenses de construction de 590 milliards de yens, soit 5,5 milliards de dollars.

Visuel du futur Stade Olympique de Tokyo 2020 (Crédits – Kengo Kuma / Japan Sport Council)

Visuel du futur Stade Olympique de Tokyo 2020. Celui-ci doit être aménagé pour un coût inférieur à 158,1 milliard de yens, soit 1,34 milliard de dollars (Crédits – Kengo Kuma / Japan Sport Council)

« Les quatre parties – CIO, Gouvernement Métropolitain de Tokyo, Gouvernement du Japon et Comité d’Organisation de Tokyo 2020 – vont continuer de travailler pour optimiser encore davantage les budgets.

L’engagement de Tokyo 2020 à livrer des Jeux au plus haut niveau, conformément au calendrier et avec la meilleure expérience donnée aux athlètes et aux supporters, reste la priorité dans le cadre des décisions prises autour des budgets des Jeux » a fait savoir le Comité d’Organisation dans un bref communiqué.