Tokyo 2020 : Le CIO tire des enseignements et identifie neuf mesures pour les prochains Jeux

Près d’un an après la tenue des Jeux d’été de Tokyo 2020, dans un contexte pandémique inédit, la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) chargée de cette édition des Jeux a livré cette semaine le Rapport final mettant en exergue aussi bien les réussites nippones que les défis à venir pour l’institution olympique et les futurs hôtes.

Vue de la vasque olympique de Tokyo 2020 installée sur l’Ariake Yume-no-Ohashi Bridge (Crédits – Tokyo 2020)

Alors que les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020 ont constitué un challenge sans précédent pour les organisateurs et pour le CIO, en raison de l’épidémie de Covid-19 et du report d’une année de l’événement, le succès a finalement été au rendez-vous.

Si les restrictions portant sur la jauge des enceintes sportives ont indéniablement marqué cette édition des Jeux, le Comité d’Organisation (TOCOG) et les autorités nippones ont ainsi réussi le tour de force de maintenir l’événement, grâce à une maîtrise aussi rigoureuse que possible des entrées et sorties sur les sites et au sein du Village des Athlètes.

Concrètement, le plan de gestion du Covid-19 – instauré conjointement entre les organisateurs, le CIO et ses partenaires, et les autorités locales et nationales – avec aussi l’application des Playboocks à destination des parties prenantes, a permis d’éviter l’annulation d’épreuves olympiques qui aurait été un signal négatif majeur.

En outre, le taux de positivité parmi les participants n’a été que de 0,02%, tandis que des études réalisées pendant et après les Jeux ont révélé l’absence de transmission du virus entre lesdits participants et la population locale.

Le succès organisationnel des Jeux de Tokyo 2020 s’est par ailleurs illustré dans la gestion des coûts, d’autant plus au regard du report d’une année acté au printemps 2020.

Tout au long des mois ayant précédé l’ouverture des Jeux, les parties au projet se sont ainsi attelées à réaliser des économies, en optimisant autant que possible les moyens et les infrastructures.

In fine, le budget prévisionnel a atteint un seuil moins élevé qu’annoncé. La révision du Plan directeur des sites aurait à lui-seul permis une économie de 2,2 milliards de dollars, tandis qu’un package de 2,1 milliards de dollars a pu être identifié grâce à l’application stricte de l’Agenda 2020+5 et de la Nouvelle Norme. Enfin, 280 millions de dollars ont été économisés en tenant compte des mesures de simplification et d’optimisation de l’événement.

John Coates, Président de la Commission de Coordination du CIO pour les Jeux de Tokyo 2020, lors de la 139ème Session du CIO, le 20 mai 2022 (Crédits – IOC / Christophe Moratal)

Sur le plan sportif, le succès a aussi été au rendez-vous, avec un attrait – tant au sein de la population nippone qu’auprès de la population mondiale – pour des performances ayant captivé plus de 3,05 milliards de téléspectateurs à travers le monde, avec de surcroît, un intérêt historique pour les plateformes de diffusion numérique.

Comme dévoilé il y a déjà quelques mois, les Jeux de Tokyo 2020 ont en effet généré plus de 28 milliards de visionnages sur les plateformes dédiées, sans compter les 6,1 milliards d’interactions enregistrées sur les médias sociaux du CIO, et les 196 millions de visiteurs uniques sur le site web et l’application mobile de l’institution de Lausanne (Suisse).

La tenue des Jeux de Tokyo 2020 a par ailleurs assuré une représentation inédite des femmes, avec 48% de sportives parmi les 11 259 athlètes engagés. Un niveau proche d’une parité qui devrait prochainement être atteinte à l’occasion des Jeux de Paris 2024.

Au sein des compétiteurs, la Commission de Coordination du CIO présidée par John Coates, a également noté la participation de 836 boursiers accompagnés par la Solidarité Olympique dans leurs préparatifs. Ces derniers se sont illustrés dans 12 sports, glanant 27 médailles d’or, 32 médailles d’argent et 42 médailles de bronze. La Commission a aussi salué la participation de 29 athlètes réfugiés dans 12 sports.

Concernant les répercussions des Jeux sur la société nippone, la perspective de l’événement a assuré un renforcement de la pratique sportive sur les dernières années, avec, selon les études réalisées, une évolution significative du taux de participants à des activités physiques, de 39,2% en 2007 à 69% en 2021.

La réussite des athlètes nippons au cours de cette édition des Jeux d’été devrait accroître encore davantage ce taux, sans compter l’intérêt désormais porté autour de la candidature et du projet de Sapporo pour l’organisation des Jeux d’hiver de 2030.

Vue intérieure du Stade Olympique de Tokyo (Crédits – Japan Sport Council)

En parallèle de ces constats, le Rapport de la Commission de Coordination du CIO a en outre relevé des enseignements utiles pour les futures échéances olympiques.

Ainsi, et comme pour renforcer le package déjà opérationnel – Agenda 2020, Agenda 2020+5 et Nouvelle Norme – le CIO a décidé de mettre en place neuf mesures complémentaires directement issues des enseignements tirés de Tokyo 2020, et réparties dans trois domaines que sont l’Organisation, les Solutions et l’Engagement.

Pour le premier domaine, les mesures identifiées par le CIO visent à mieux définir le rôle de la Commission de Coordination pour mieux appréhender le soutien à fournir à l’égard des Comités d’Organisation et des diverses parties prenantes.

Elles sont également destinées à permettre l’établissement d’un plan des Jeux sur mesure pour chaque édition, avec à chaque fois, la définition des rôles, des responsabilités et d’une feuille de route.

Le renforcement de la coopération entre le CIO et le Comité International Paralympique (IPC) est aussi une mesure mise en avant par l’institution, tout comme la création prochaine d’un Groupe d’optimisation des Jeux pour identifier les économies possibles et réalisables. En ce sens, et au regard du calendrier pré-JO, le CIO a aussi convenu de faire passer plus tôt les Comités d’Organisation en mode opérationnel.

Concernant le deuxième domaine, l’institution olympique prévoit l’exploration et l’investissement dans des solutions réutilisables, dans le but de favoriser une livraison plus efficace des Jeux. La coopération entre les éditions passées et futures devrait à ce titre se renforcer, tout comme l’utilisation des technologies et autres ressources développées par les partenaires olympiques au service des Jeux, notamment afin d’améliorer l’expérience autour de l’événement.

Pour ce qui est du troisième domaine, le CIO entend profiter du succès des nouveaux sports et des nouvelles disciplines pour développer encore davantage l’expérience des Jeux, que ce soit sur le terrain ou sur les plateformes numériques. L’objectif identifié est ici de répondre à l’évolution des intérêts et des comportements du public. De manière complémentaire, le dialogue – maître-mot du CIO depuis la refonte du processus des candidatures – doit être renforcé, avant, pendant et après les Jeux, avec notamment une meilleure prise en compte des spécificités locales.

Vue des anneaux olympiques implantés dans la Baie de Tokyo (Crédits – 2021 – IOC / Yuichi Yamazaki)

Les mois qui viennent devraient permettre d’exposer ces neufs mesures à l’attention des Comités d’Organisation des prochains Jeux Olympiques, à savoir dans l’ordre et sans distinction entre les éditions estivales et hivernales, Paris 2024, Milan-Cortina 2026, Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.

Les Comités de Candidature de villes et territoires déjà intéressés par les échéances futures – notamment les Jeux d’hiver de 2030 et les Jeux d’été de 2036 – seront également associés à l’instauration pérenne de ces mesures.

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