Un Ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques

Quelques jours après la nomination d’Élisabeth Borne au poste de Première Ministre par le Président de la République, récemment réélu, Emmanuel Macron, la composition du gouvernement a été dévoilée ce vendredi après-midi avec notamment, le retour d’un Ministère des Sports de plein exercice, auquel est désormais rattaché la mention des Jeux Olympiques et Paralympiques.

Arrivée de Roxana Maracineanu et d’Amélie Oudéa-Castéra, pour la passation de pouvoirs au Ministère des Sports, vendredi 20 mai 2022 (Crédits – Ministère des Sports)

Dans la perspective des Jeux d’été de Paris 2024 – qui constitueront le plus grand événement jamais organisé en France -, le Président de la République, Emmanuel Macron, et la Première Ministre, Elisabeth Borne, ont souhaité établir un Ministère des Sports de plein exercice, marquant ainsi une rupture par rapport aux deux dernières années.

De fait, bien qu’ayant été dans un premier temps Ministre des Sports, l’ancienne nageuse de haut niveau, Roxana Maracineanu, fut rétrogradée dans un second temps dans un rôle de Ministre déléguée, sous la tutelle du Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer.

Surtout, au-delà du périmètre d’action, ce qui tranche avec les précédentes dénominations du Ministère, réside dans l’ajout de la mention des Jeux Olympiques et Paralympiques.

Aussi, pour incarner ce changement et pour accompagner les 800 derniers jours avant l’ouverture des Jeux de Paris 2024, une nouvelle personnalité a été nommée, à savoir Amélie Oudéa-Castéra.

Proche du Chef de l’État, celle qui fut l’une de ses camarades de promotion au sein de l’École Nationale d’Administration (ENA), accède aujourd’hui à une consécration, après un parcours marqué par un engagement remarqué au service du sport et un investissement non moins remarqué dans le secteur privé.

Amélie Oudéa-Castéra, Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, vendredi 20 mai 2022 (Crédits – Ministère des Sports)

Âgée de 44 ans, et mère de trois enfants, Amélie Oudéa-Castéra a ainsi gravi les échelons un à un après une courte carrière de tenniswoman de haut niveau.

Diplômée de Sciences Po en 1999, elle décroche, deux ans plus tard, une Maîtrise de Droit à l’Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne, et, la même année, un Master Of Business Administration (MBA) à l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC), avant de rejoindre l’ENA où elle obtient en 2004 un Master 2 en Administration Publique.

Par la suite, Amélie Oudéa-Castéra devient Conseillère à la Cour des Comptes durant quatre années, avant de partir dans le privé, d’abord chez AXA (2008-2018), puis chez Carrefour (2018-2021), deux groupes au sein desquels elle exercera diverses fonctions successives.

Déterminée, elle profite de l’élection du candidat Macron pour se dire à disposition du Président élu en vue de la nomination du gouvernement au printemps 2017. Le Chef de l’État et son Premier Ministre d’alors, Édouard Philippe, préfère toutefois confier les clés du Ministère des Sports à l’ancienne escrimeuse, Laura Flessel.

Malgré cela, Amélie Oudéa-Castéra se tourne en direction du Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024 (COJO) pour, espère-t-elle, obtenir un poste directionnel de premier plan, en l’occurrence les fonctions de Directrice Générale. Ledit poste demeure néanmoins solidement ancré entre les mains d’Étienne Thobois, historique de l’aventure Paris 2024.

Non-affaiblie par ces déconvenues, elle porte ensuite avec dynamisme le mouvement associatif « Rénovons le sport » qui, en rassemblant des personnalités venues de divers horizons, vise à promouvoir une nouvelle gouvernance et de nouvelles pratiques pour le sport tricolore.

Cet engagement lui créé toutefois quelques inimitiés parmi les dirigeants du sport français, notamment au moment où elle décide de soutenir l’ancien judoka, Thierry Rey, dans la course à la présidence du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en juin 2021.

Depuis cette même année, Amélie Oudéa-Castéra occupait les fonctions de Directrice Générale de la Fédération Française de Tennis (FFT).

Visuel de la Seine olympique pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024 / Florian Hulleu)

Il y a peu, l’actuelle Directrice du tournoi de Roland Garros, n’avait d’ailleurs pas manqué de saluer sa force de conviction et sa capacité de travail. Ainsi que l’a affirmé Amélie Mauresmo – qui a joué en double dans sa jeunesse avec la nouvelle Ministre des Sports – dans une interview parue dans « Le Figaro », mercredi dernier :

Elle a une exigence et une capacité de travail impressionnantes.

Ces deux qualités seront – à n’en pas douter – cruciaux pour prendre à bras le corps les défis du sport tricolore pour les années qui viennent, d’autant plus au regard des multiples interlocuteurs et des institutions à foison.

Pour les deux prochaines années, l’un des principaux chantiers de la nouvelle Ministre sera bien sûr de tenir avec réussite le challenge des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, en étroite coordination avec le CNOSF et le COJO, sans oublier aussi les élus locaux, que ce soit au niveau des Villes, des Départements concernés, mais aussi de la Région Île-de-France.

Amélie Oudéa-Castéra en a d’ailleurs fait l’une de ses priorités lors de son discours, au jour de la passation de pouvoirs avec la Ministre sortante qui est désormais mobilisée dans l’optique des élections législatives.

Comme elle l’a notamment déclaré :

Notre première priorité sera d’œuvrer en parfaite synergie avec tous les acteurs du sport – Paris 2024, le CNOSF, le Comité Paralympique et Sportif Français – pour aider nos athlètes à réussir les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Notre deuxième priorité sera de faire du sport un atout pour notre système de santé : protéger notre jeunesse de la sédentarité, généraliser les 30 minutes d’activité au primaire, pour prévenir le risque d’obésité et améliorer les capacités cognitives.

Notre troisième priorité sera de faire en sorte que le sport soit un moteur d’inclusion sociale.

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