JO 2030 : La candidature de Sapporo mise sur les Jeux de Pékin 2022

Quelques mois après le succès des Jeux de Tokyo 2020, les porteurs de la candidature de Sapporo (Japon) espèrent une performance majeure des athlètes nippons engagés dans les épreuves de Pékin 2022 et ce, afin de renforcer le projet visant à organiser les Jeux d’hiver de 2030.

Vue nocturne de Sapporo depuis l’Okurayama Ski Jump Stadium (Crédits – Sapporo Okurayama Ski Jump Stadium Official Website)

Malgré les craintes – liées à la crise sanitaire du Covid-19 – et en dépit des polémiques ayant entouré le coût des travaux menés depuis 2013, l’édition des Jeux d’été de Tokyo 2020 fut couronnée de succès.

Un succès d’abord pour le Comité International Olympique (CIO) et son Président, Thomas Bach, qui sont parvenus à dépasser les critiques relatives au maintien des Jeux, même reportés d’une année. Un succès ensuite, et surtout, pour le Japon et le Mouvement sportif nippon.

Au-delà de l’audience télévisée et de la vente des produits sous licence, jamais en effet les athlètes de l’archipel n’avaient atteint un tel niveau de performance, raflant pas moins de 58 breloques et hissant le pays sur la troisième marche du podium au tableau des médailles. Un bilan marquant une formidable progression en l’espace de quelques années : 17 médailles de plus et 3 rangs de gagnés par rapport aux Jeux de Rio 2016 et même 20 médailles supplémentaires et 8 places de mieux que lors des Jeux de Londres 2012.

Cette performance majuscule trouve bien sûr pour partie sa source dans la promesse d’organiser les Jeux à domicile. En ce sens, chaque Hôte de l’événement planétaire tâche, autant que possible, d’investir dans la détection et la formation des jeunes talents, mais également dans la mise à niveau des infrastructures sportives. Le Royaume-Uni en fut d’ailleurs un exemple notable sur la décennie écoulée.

Les anneaux olympiques installés au sein de l’Odaiba Marine Park de Tokyo en décembre 2020 (Crédits – Tokyo 2020)

Aujourd’hui, le Japon a refermé la page des Jeux d’été – avec une facture finale qui s’annonce moins importante que prévu – et se tourne de plus en plus en direction des Jeux d’hiver.

Après avoir accueilli l’événement hivernal à Sapporo en 1972, puis à Nagano en 1998, l’archipel se rêve en effet de renouer avec les sports de neige et de glace à l’horizon 2030. Pour porter le flambeau, les artisans de la candidature misent sur l’expérience de Sapporo, avec un concept reposant largement sur une utilisation optimisée des installations existantes et sur la mobilisation d’enceintes déjà opérationnelles dans le reste du pays. Sobriété et durabilité doivent ici être les maîtres-mots.

Aussi, alors que les nuages au-dessus de Tokyo 2020 ont fini par laisser place à une belle éclaircie, Sapporo 2030 a su reprendre des couleurs ces derniers mois face à la grande favorite de la course, Salt Lake City (Utah, États-Unis) qui tente toujours de déterminer la meilleure option à envisager entre 2030 et 2034, en particulier pour ne pas impacter outre mesure la stratégie marketing des Jeux d’été de Los Angeles 2028.

Cette hésitation américaine peut dès lors implicitement favoriser la cité nippone qui profite de l’occasion pour montrer un visage de stabilité et de sécurité pour le CIO, via notamment une baisse déjà actée de la voilure budgétaire, avec en plus la bénédiction de l’ancienne Ministre des Jeux et ancienne Présidente du Comité d’Organisation de Tokyo 2020 (TOCOG), Seiko Hashimoto.

Vue des pistes de Sapporo Teine (Crédits – Sapporo Snow Resort City Website)

Ce regain de vitalité perçu récemment peut en outre s’expliquer par l’imminence des Jeux de Pékin 2022 pour lesquels les porteurs de la candidature nourrissent de grands espoirs.

De fait, une bonne performance générale de l’équipe nippone serait de nature à renforcer encore davantage le projet de Sapporo 2030 et précipiter – peut-être – la mise en œuvre d’un dialogue ciblé entre les artisans dudit projet et les responsables du CIO en vue d’une attribution des Jeux dans un délai resserré.

L’objectif du Comité Olympique du Japon (JOC) sera sans doute de faire mieux que lors des JO 2018 organisés à PyeongChang (Corée du Sud).

Cette année-là, la délégation nippone avait remporté 13 médailles, dont 4 titres. Un résultat historique et une progression continue depuis les Jeux de Nagano 1998. A domicile, le succès fut déjà au rendez-vous, avec 10 médailles gagnées. Néanmoins, le soufflet était rapidement retombé, le Japon ne glanant plus que 2 breloques aux Jeux de Salt Lake City 2002, avant de descendre à 1 seule médaille lors des Jeux de Turin 2006.

En 2022, le JOC entend donc confirmer sa bonne dynamique des derniers Jeux, hiver et été confondus, et poursuivre sur sa lancée.

Au-delà de l’aspect sportif, la candidature de Sapporo 2030 espère également pouvoir compter sur la venue en Chine d’une poignée de représentants pour participer au Programme des Observateurs du CIO.

Mais alors que le Maire de la Ville, Katsuhiro Akimoto, avait fait le déplacement en Corée du Sud il y a quatre ans, le contexte sanitaire toujours fortement perturbé, a conduit à revoir les plans pour Pékin 2022. Selon les médias locaux, le Premier Magistrat de Sapporo ne devrait pas être de la partie et le contingent envoyé dans « L’Empire du Milieu » devrait même être divisé par deux par rapport à la précédente édition des Jeux.

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