Des modifications annoncées pour la Charte Olympique

La clôture des Jeux de Tokyo 2020, ce dimanche 08 août, coïncidera avec l’adoption de modifications de certaines Règles de la Charte Olympique, notamment en ce qui concerne les prérogatives de la Commission Exécutive et la place des sports inscrits au programme des Jeux.

Réunion de la 138ème Session du CIO, le 20 juillet 2021 (Crédits – IOC / Dave Thompson)

En parallèle de la phase d’élection de nouveaux membres en son sein, la Session du CIO doit procéder ce dimanche à quelques modifications de la Charte Olympique et ce, sur la base des recommandations formulées par la Commission Exécutive.

Concrètement, réunions dans le cadre de la 138ème Session, les membres du CIO vont – sauf surprise – convenir de préciser que la Session pourra dorénavant être en mesure de retirer un sport des Jeux, dans le cas où la Fédération Internationale (FI) régissant ledit sport ne se conformerait pas aux décisions de la Commission Exécutive du CIO, ou si cette FI venait à agir d’une façon qui pourrait impacter la réputation du Mouvement Olympique dans son ensemble.

Portant sur la Règle 18 de la Charte Olympique, cette précision sera par ailleurs complétée par l’ajout d’une prérogative au bénéfice, cette fois, de la Commission Exécutive.

Ainsi, en plus de ses pouvoirs déjà exposés au cœur de la Règle 19, la Commission – véritable gouvernement du CIO, avec à sa tête le Président, les quatre Vice-Présidents et dix membres élus – pourra désormais suspendre un sport, une discipline ou une épreuve du programme des Jeux Olympiques.

Ces deux nouveautés ne sont certainement pas proposées aujourd’hui de façon anodine.

Dans le cadre de sa politique de lutte contre le dopage et pour un modèle de gouvernance en adéquation avec l’esprit olympique, le CIO veille à ce que les sports inscrits au programme des Jeux soient supervisés par des Fédérations aussi irréprochables que possible. Or, au cours des dernières années, deux sports ont particulièrement été au cœur des débats, à savoir la boxe, notamment autour des questions d’arbitrage ayant suivi les Jeux de Rio 2016, et surtout l’haltérophilie.

Pour cette dernière, le Président du CIO, Thomas Bach, a, à plusieurs reprises, lancé un avertissement à l’attention des dirigeants de la Fédération Internationale (IWF) afin que ces derniers prennent des mesures pour contrecarrer plus efficacement la pratique du dopage. Un avertissement portant en outre sur le modèle de gouvernance et sur les dirigeants de ladite Fédération.

Or, sans intervention de cette dernière, le CIO pourrait bien finir par prendre la décision de revoir la place accordée à l’haltérophilie pour les échéances olympiques à venir, à commencer par les Jeux de Paris 2024.

Sur ce dossier, Thomas Bach s’est montré réservé cette semaine, saluant d’une part l’absence – à date – de cas de dopage dans ce sport au cours des Jeux de Tokyo 2020, mais appuyant dans le même temps sur la nécessité de voir émerger – selon ses propos – « un changement de culture dans cette Fédération ».

Aussi, avec les modifications annoncées de la Charte Olympique, l’institution de Lausanne (Suisse) entend maintenir la pression sur l’IWF, tout en mettant en garde l’ensemble des FI en prévision d’éventuels écarts de conduite.

Une manière de réaffirmer la prédominance du CIO et l’importance pour les FI – sur le plan financier et sur la visibilité médiatique – de garantir une présence aux Jeux.

Dans le même cadrage, la Commission Exécutive compte également proposer un renforcement des mesures entourant l’attribution, le droit d’utilisation et le retrait d’une accréditation olympique (Règle 52).

Les Jeux de Tokyo 2020 ont sur ce point pu mettre en exergue le cas de ces accréditations délivrées aux délégations, le CIO ayant par exemple retiré le précieux sésame accordé à deux entraîneurs biélorusses et ce, après les révélations sur l’affaire Krystsina Tsimanouskaya, du nom de l’athlète qui avait récemment demandé l’aide du CIO avant de trouver refuge auprès de l’Ambassade de Pologne.

Façade du siège du Comité International Olympique à Lausanne, Suisse (Crédits – IOC / Greg Martin)

Au-delà de ces prérogatives nouvelles ou renforcées, les membres du CIO vont aussi devoir se prononcer sur la possibilité d’élire jusqu’à sept personnalités, dans des cas particuliers, sans condition de nationalité ou de Comité National Olympique (CNO).

Cette proposition viendrait directement réécrire pour partie la Règle 16 relatives aux membres, et plus précisément la section 1.1.1 consacrée aux personnalités élues sans lien avec une position ou une fonction spécifique. Jusqu’à présent, ladite section faisait mention de l’élection possible de cinq membres au plus, avec un nombre global de membres issus de cette catégorie ne pouvant excéder 70.

Les dispositions concernant les membres élus en leur qualité d’athlètes actifs (1.1.2), de Présidents ou de personnes occupant une fonction exécutive ou dirigeante au plus haut niveau des FI ou d’associations de FI ou bien encore d’organisations reconnues par le CIO (1.1.3) ne seraient pas impactées par les modifications de la Charte Olympique. Il en serait de même concernant les dispositions consacrées à l’élection de membres au titre de Présidents ou de personnes occupant une fonction au plus haut niveau des CNO ou d’associations de CNO (1.1.4).

Pour le CIO, la modification pré-exposée pourrait à terme assurer un renouvellement plus poussé des membres de l’institution, avec une représentation peut-être davantage tournée vers la société civile, à l’heure où l’institution entend accroître son ouverture sur la base de ses dernières réformes.

Enfin, la Commission Exécutive va aussi proposer une modification de la Règle 57 portant sur le tableau d’honneur et ce, dans le but d’adapter les représentations dudit tableau aux pratiques actuelles.

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