Paris 2024 : La requalification des abords de Notre-Dame prévue après les Jeux

Si la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris doit s’achever au printemps 2024 – même si les opérations de rénovation perdureront au-delà – dans un timing en adéquation avec la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques, la requalification des abords du monument sera en revanche engagée après l’événement.

Vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 09 juillet 2019 (Crédits – Sport & Société)

Deux ans après l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la sécurisation des voûtes du célèbre édifice se poursuit, avec notamment la pose de cintres en bois. En parallèle, l’installation d’un parapluie au-dessus de la croisée du transept doit permettre de mettre hors-d’eau la cathédrale avant que les opérations de reconstruction ne puissent être menées dès la fin de l’année 2021 et au moins jusqu’au printemps 2024.

Car conformément à la promesse du Président de la République, Emmanuel Macron, la reconstruction de Notre-Dame doit être, en majeure partie, achevée en amont de l’organisation des Jeux d’été de Paris 2024. Ce calendrier pourrait toutefois être bouleversé au regard de la complexité des travaux à venir et d’éventuels aléas.

Il n’empêche, l’année 2024 demeure un point d’horizon capital pour les porteurs du projet de reconstruction, un projet qui pourra compter sur l’élan de générosité relevé après l’incendie et qui avait permis de récolter plus de 830 millions d’euros au quatre coins de la planète, avec une contribution du Comité International Olympique (CIO) à hauteur de 500 000 euros.

Mais au-delà de ce chantier colossal qui devra restituer aussi fidèlement que possible l’identité architecturale du monument vieux de plus de huit siècles, un autre chantier est d’ores et déjà planifié.

En 2016, la Mission d’étude Île de la Cité avait conduit l’architecte Dominique Perrault à présenter les contours d’un site largement repensé et dépassant alors le seul cadre de la cathédrale (Crédits – DPA_ADAGP)

Moins médiatisée que le chantier de la cathédrale, la requalification des abords de la cathédrale constitue ainsi une problématique récurrente pour la « Ville Lumière », soucieuse aujourd’hui de repenser la traditionnelle carte postale qui séduit les touristes du monde entier, mais qui dans le même temps éloigne les Parisiens de l’Île de la Cité.

Aussi, un projet de réaménagement des abords de Notre-Dame doit être discuté cette semaine lors de la nouvelle séance du Conseil de Paris.

Les élus de la capitale seront en effet appelés à se prononcer sur l’approbation des opérations préalables, autrement dit, sur le périmètre choisi pour le futur chantier, les ambitions de celui-ci, sans oublier bien sûr le financement et la gouvernance à accorder à une telle entreprise.

A ce stade, la Ville de Paris entend repenser les accès au parvis de la cathédrale, ainsi que l’environnement proche du monument, que l’on peut identifier comme comprenant les espaces délimités par les squares Jean XXIII et de l’Île-de-France jusqu’à la pointe de l’Île de la Cité, en passant par les quais de la Seine, mais également les rues adjacentes (Rue du Cloître Notre-Dame, Rue de la Cité, Rue de l’Archevêché). La crypte, située sous le parvis, est aussi intégrée au projet de requalification de 4 hectares voulu par la Maire, Anne Hidalgo, et ses équipes.

Concrètement, les travaux envisagés pour 50 millions d’euros – soit l’enveloppe promise par la Ville pour la reconstruction et la rénovation du site Notre-Dame – visent à retrouver et à renforcer les grandes perspectives sur la cathédrale dans tous les parcours d’approche, tout en apportant de nouvelles fonctionnalités au parvis destiné à devenir une place parisienne du quotidien.

Les objectifs du projet appellent en outre à une amélioration des conditions d’accueil des visiteurs et à un rééquilibrage de l’espace public pour accroître la place des piétons et des modes de déplacement doux au détriment des voitures. L’aspect environnemental est d’ailleurs exposé comme l’une des priorités d’un projet qui ambitionne de désimperméabiliser autant que possible les sols et d’augmenter la végétalisation du site.

Visuel du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris imaginé par l’architecte Dominique Perrault dans le cadre de la Mission d’étude Île de la Cité en 2016 (Crédits – DPA_ADAGP)

Pour mener à bien cette ambition aux multiples facettes, la Ville de Paris prévoit un calendrier préparatoire en plusieurs phases, entre le second trimestre 2021, échéance programmée pour le lancement de la consultation, et la fin de l’année 2024, période à laquelle les travaux pourront être engagés.

D’ici cet été, et l’ouverture d’une procédure de marché de maîtrise d’œuvre, un jury sélectionnera quatre équipes qui devront dès lors établir des projets dans le respect d’un cahier des charges strict travaillé entre la Ville de Paris, l’État et le diocèse. Les esquisses des projets seront ensuite étudiées en trois temps, soit décembre 2021 pour les propositions préliminaires, avril 2022 pour les propositions intermédiaires et l’été 2022 pour la sélection du projet lauréat.

Une fois le projet retenu par le jury de sélection, les études de conception et le dépôt des diverses autorisations administratives devraient être formalisés entre 2023 et 2024, avant que le chantier ne soit effectivement installé à l’issue des Jeux de Paris 2024.

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