JO 2030 : Vancouver conserve un intérêt pour les Jeux

Sans être officiellement engagée dans une course impactée par la crise sanitaire et par les dernières réformes olympiques, la Ville de Vancouver (Canada) conserve un intérêt manifeste pour l’organisation future des Jeux d’hiver de 2030.

Vue de la vasque olympique des Jeux de Vancouver 2010 (Crédits – Noel Reynolds / Flickr)

En novembre 2020, le Conseil Municipal de Vancouver avait examiné et approuvé une motion amendée portée par Melissa De Genova, prévoyant la réalisation d’un Rapport par les services compétents et, le cas échéant, l’engagement de discussions approfondies en vue d’établir une candidature à l’organisation des Jeux d’hiver de 2030.

Si par la suite, le Maire de la principale ville de Colombie-Britannique a fait valoir que la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 devait, dans l’immédiat, être une priorité, les porteurs d’un nouveau projet olympique et paralympique sont restés déterminés.

Au cours des derniers mois, une page Twitter dédiée à la promotion d’une candidature de Vancouver 2030 a ainsi vu le jour, tandis que l’ancien Président du Comité d’Organisation des Jeux de 2010 (VANOC), John Furlong, a multiplié les déclarations dans la presse locale et nationale pour vanter les mérites d’un projet susceptible de fédérer le plus grand nombre et d’incarner l’espoir après la période difficile de lutte contre l’épidémie mondiale.

Aussi, conformément au calendrier qu’il s’était fixé en fin d’année 2020, le Conseil Municipal a de nouveau abordé la question des Jeux d’hiver lors de sa dernière réunion, mercredi 31 mars et ce, à l’aune du Rapport commandé aux services municipaux.

Les élus ont à cette occasion voté en faveur d’une motion, une nouvelle fois déposée par la Conseillère Melissa De Genova et intitulée « Au-delà de 2010 : considération pour la participation de la Ville de Vancouver à une candidature pour de futurs Jeux Olympiques d’hiver ». Mais à la différence du vote survenu l’an passé, il est à noter aujourd’hui que le Conseiller Pete Fry s’est rangé du côté des soutiens à une telle entreprise – seuls trois élus se déclarant opposés – même si ce dernier a demandé une analyse plus approfondie des coûts et des impacts potentiels de l’événement.

Détail du vote portant sur la motion présentée par Melissa De Genova, mercredi 31 mars 2021, lors du Conseil Municipal de Vancouver (Crédits – Capture d’écran / Compte Twitter officiel de Melissa De Genova)

Dès lors, avec l’appui du Conseil Municipal, force est de constater que l’idée d’une candidature aux JO 2030 revient sur le devant de la scène politique locale, sans toutefois se concrétiser par une quelconque annonce officielle.

Comme l’expose d’ailleurs le Rapport municipal dans ses premières lignes :

La Colombie-Britannique est toujours dans une situation d’urgence et il est conseillé de poursuivre le dialogue de coopération avec la Province et les Premières Nations à une date ultérieure, lorsqu’il y aura plus de visibilité et qu’une décision pour soumettre ou non une candidature sera possible.

A la lumière de la crise du Covid-19, le processus d’exploration d’une candidature aux Jeux d’hiver se poursuivra avec l’objectif d’une reconstruction économique à long terme.

Outre le contexte sanitaire, les discussions futures devront aussi tenir compte des réformes olympiques qui ont profondément modifié le processus des candidatures aux Jeux et l’approche des territoires vis-à-vis de l’événement.

Comme en témoigne actuellement la procédure engagée pour les Jeux d’été de 2032, cela se traduit désormais par une plus grande flexibilité dans les échanges avec l’institution de Lausanne (Suisse) et par un calendrier décloisonné par rapport aux échéances passées où sept années étaient nécessaires entre la désignation d’une Ville Hôte et l’organisation effective des Jeux.

Ce schéma – bien différent de celui vécu par la candidature et les organisateurs de Vancouver 2010 – conduit en conséquence les auteurs du Rapport à recommander une réflexion pour un modèle adapté aux nouveaux critères et aux exigences de Jeux plus vertueux et durables.

Sur ce point, le Rapport présenté aux élus de Vancouver estime qu’une éventuelle candidature devrait s’articuler autour d’un concept régional, à l’échelle de la Colombie-Britannique. Cette approche permettrait d’une part, de maximiser maximiser l’utilisation de sites existants, mobilisés ou non lors des JO 2010, et, d’autre part, de tenir compte des plans d’aménagement du territoire prévus par les différents acteurs locaux dans le but d’assurer une cohérence d’ensemble.

En plus de la nécessité de réfléchir à une dimension régionale, un nouveau projet pour les Jeux d’hiver devrait aussi recueillir l’appui formel du Comité Olympique Canadien (COC), seule autorité à même de soumettre une candidature auprès du CIO.

Or, à ce stade, le COC semble davantage soucieux d’accompagner la préparation des athlètes canadiens en vue des Jeux de Tokyo 2020 et de Pékin 2022, deux éditions qui subissent d’ores et déjà les répercussions de la crise sanitaire.

Il n’empêche, le COC – qui milite régulièrement pour une candidature canadienne aux Jeux – estime néanmoins que la région de Vancouver est la plus adaptée pour, le cas échéant, incarner un projet pour l’obtention des Jeux d’hiver.

Conséquence ou non de la nouvelle philosophie véhiculée par le CIO, ce dernier élément n’est pas sans rappeler le positionnement du Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC) qui, tout en étant focalisé sur la préparation des athlètes à l’approche des futures échéances et sur la mise en application du projet de Los Angeles 2028, a déjà sélectionné Salt Lake City (Utah) pour être le porte-étendard des ambitions américaines dans la quête d’une prochaine édition des Jeux.

Logo et slogan du Comité officiel de soutien à une candidature de Vancouver 2030 (Crédits – Vancouver 2030)

Du côté de Vancouver, des études techniques poussées devraient être conduites au cours des mois qui viennent, avec peut-être des conclusions portées devant le Conseil Municipal d’ici l’été 2021.

En parallèle, les discussions devraient aussi se poursuivre pour sensibiliser l’ensemble des acteurs d’une éventuelle candidature, que ce soit au niveau des autorités sportives du pays, mais également au niveau des Premières Nations et des institutions provinciales et fédérales qui, le moment venu, auront un droit de regard des plus importants, notamment en ce qui concerne la mobilisation des sites et bien sûr le financement des Jeux.

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