JO 2030 : Les partisans de Vancouver à la manœuvre depuis 18 mois

Évoquée au cours des derniers mois, mais mise en sommeil par les élus locaux confrontés à la gestion de la crise sanitaire du Covid-19, l’idée d’une candidature de Vancouver (Canada) pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030 refait aujourd’hui surface.

John Furlong, Président du Comité d’Organisation des Jeux de Vancouver 2010 (Crédits – CIO / R. Juilliart)

Alors que la course aux Jeux d’été de 2032 a pris un tournant décisif la semaine dernière, avec l’entrée de Brisbane et du Queensland dans une phase de dialogue ciblé avec le Comité International Olympique (CIO), les prétendantes pour l’échéance hivernale de 2030 pourraient prochainement enclencher la vitesse supérieure.

Du côté de la Colombie-Britannique en tout cas, les partisans d’une nouvelle offre olympique et paralympique de Vancouver semblent désireux de maintenir la pression sur les pouvoirs publics et sur le Mouvement Olympique canadien et ce, au moment où le Conseil Municipal doit – en théorie – réexaminer la possibilité de soutenir une telle entreprise.

Ainsi, celui qui fut Président du Comité d’Organisation des Jeux de Vancouver 2010 (VANOC) a récemment fait savoir que la réflexion en cours était engagée depuis 18 mois, comme pour démontrer la crédibilité d’un projet qui pourrait avoir pour principale concurrente Salt Lake City, hôte américaine des Jeux d’hiver en 2002.

Bien que cette dernière soit confrontée à la perspective des Jeux d’été de Los Angeles 2028 et au possible chevauchement des intérêts financiers et marketing, la candidature, mûrement réfléchie depuis 2012, fait figure de grande favorite.

Salt Lake City bénéficie ainsi d’un solide appui institutionnel – avec notamment l’engagement dans l’ombre de Mitt Romney, Sénateur de l’Utah, ancien candidat du Parti Républicain à la Présidentielle de 2012 et surtout Président du Comité d’Organisation des JO 2002 – et d’une franche adhésion populaire. La ville dispose en outre d’un florilège d’équipements sportifs disséminés dans toute la région, des équipements qui demeurent régulièrement utilisés pour la tenue de compétitions nationales et internationales.

Vue de la vasque olympique des Jeux de Vancouver 2010 (Crédits – Noel Reynolds / Flickr)

Dès lors, pour aller plus loin dans sa défense d’un projet autour de Vancouver, John Furlong a développé une série d’arguments lors d’une interview pour CTV News.

Comme il l’a ainsi affirmé sans détour :

Nous travaillons dur depuis 18 mois.

Cela apporterait un signe d’espoir. Cela injecterait un peu de lumière dans l’industrie du tourisme. Cela donnerait un coup de pouces aux entreprises. Cela nous donnerait un chemin à suivre et apporterait un plus pour une communauté qui en a cruellement besoin en ce moment.

Bien sûr, la pandémie a créé des défis extraordinaires à travers le monde. Vancouver elle-même doit affronter ses propres problèmes qui exigent une importante attention à l’heure actuelle.

Cependant, ceux qui œuvrent à une potentielle candidature pour les Jeux d’hiver de 2030 contribuent à fournir une lueur d’espoir et une occasion de relancer l’industrie du tourisme, la création d’emplois et l’aide dont la Province a besoin pour rebondir.

Pour étayer davantage son propos, John Furlong a par ailleurs estimé que l’héritage des Jeux de 2010 permettait aujourd’hui d’envisager l’accueil de l’événement planétaire sans avoir à construire de nouveaux sites et ce, comme un écho à la philosophie portée par le Comité International Olympique (CIO) qui cherche désormais à privilégier les projets faisant la part belle aux infrastructures existantes ou temporaires.

Il n’empêche, malgré la détermination affichée de l’ancien patron du VANOC, le Conseil Municipal de Vancouver devrait encore se laisser du temps avant de statuer sur le sort d’une éventuelle candidature.

Après les discussions préliminaires survenues à l’automne 2020 sur la base d’une motion présentée par la Conseillère Melissa De Genova, les élus locaux devraient en effet attendre la réalisation d’un Rapport d’opportunité au cours des prochaines semaines.

Aussi, sans doute dans le courant du printemps 2021, le Conseil Municipal pourrait examiner les conclusions dudit Rapport et envisager, le cas échéant, l’engagement de discussions approfondies avec les parties susceptibles de prendre part à la quête des Jeux, à savoir le Mouvement sportif canadien, la Province et l’État Fédéral, les représentants des peuples autochtones, sans oublier également le secteur privé, indispensable pour appuyer in fine le financement d’un projet de cette envergure.

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