Paris 2024 : 100 ans après, World Athletics propose le retour du cross-country

Comme un symbole, le cross-country pourrait faire son retour sur la scène olympique à l’occasion des Jeux de Paris 2024 et ce, après en avoir été exclu à l’issue de la dernière Olympiade organisée en France en 1924.

Présentation de l’emblème des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, lundi 21 octobre 2019 (Crédits – Philippe Millereau / KMSP / Paris 2024)

Cette semaine, la Fédération Internationale d’Athlétisme a adopté une proposition concernant l’ajout d’une épreuve de cross-country au programme des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Lors de la réunion du Conseil de World Athletics, ce jeudi 30 juillet, il a en effet été évoqué la possibilité d’inclure une épreuve en relais mixte pour des équipes issues de 15 pays. Concrètement, chaque équipe serait composée de deux hommes et de deux femmes et aurait à parcourir une distance totale de 20 kilomètres. Chacun des membres de l’équipe devrait effectuer par deux fois un parcours de 2,5 kilomètres, avec une alternance entre homme et femme.

Pour Sebastian Coe, Président de World Athletics récemment élu membre du Comité International Olympique (CIO), le retour du cross-country au programme des Jeux constituerait un symbole fort, notamment à titre personnel.

Comme l’a d’ailleurs indiqué le double Champion Olympique de 1 500 mètres aux Jeux de Moscou 1980 et de Los Angeles 1984 :

Mon amour pour l’athlétisme a commencé avec le cross-country. Quand j’ai rejoint mon premier club d’athlétisme, Hallamshire Harriers, le Président du club était alors Joe Williams, qui avait participé à la dernière course olympique de cross-country à Paris en 1924.

Ce serait extrêmement symbolique que cette merveilleuse discipline sportive puisse revenir au bercail après un siècle d’absence, et afin qu’un nouvelle génération d’athlète tombe amoureuse du défi glorieux de la course hors piste.

Sebastian Coe, Président de World Athletics, et Thomas Bach, Président du CIO, le 27 septembre 2019 à Doha, Qatar (Crédits – CIO / Greg Martin)

Avant d’envisager une intégration du cross-country pour les Jeux de Paris 2024, plusieurs étapes devront toutefois être franchies.

Une délégation de World Athletics devra d’abord rencontrer le Comité d’Organisation des Jeux de 2024 (COJO) pour évoquer l’ajout de cette discipline et élaborer une planification dans le but de définir les modalités d’intégration et surtout le choix du site susceptible d’accueillir le cross-country.

Sur ce point, conformément aux exigences du Comité International Olympique (CIO) et afin de limiter les coûts d’organisation à l’heure où Paris 2024 cherche à se dégager des marges de manœuvre pour faire face à la crise, un site existant devrait en toute logique être mobilisé dans l’un des départements limitrophes de Paris. Pour World Athletics, l’ajout du cross-country conduirait à supprimer des épreuves ou à envisager une réduction du nombre d’athlètes présents aux Jeux dans ces mêmes épreuves pour permettre la participation des 60 concurrents du cross-country et pour respecter les limites fixées par le CIO.

Par la suite, la proposition devrait être soumise à l’institution de Lausanne (Suisse) dont la Commission Exécutive a prévu d’examiner les quotas d’athlètes – 10 500 au maximum – ainsi que les épreuves proposées par les Fédérations Internationales pour le programme des Jeux de Paris 2024 et ce, lors d’une réunion programmée en décembre 2020.

Vue du Stade Olympique de Colombes lors des Jeux de 1924 (Crédits – CIO)

Présent aux Jeux de Stockholm en 1912 et à ceux d’Anvers en 1920, le cross-country fut organisé à Colombes en 1924 avec une épreuve individuelle et une épreuve par équipes.

La discipline fut toutefois supprimée du programme des Jeux par une décision actée le 15 juillet de la même année par le Conseil de la Fédération Internationale d’Athlétisme réuni à Paris. A ce moment là, 16 membres se prononcèrent pour la suppression de la discipline, tandis que 2 votèrent en faveur d’un maintien.

Comme le mentionne Anne Roger dans un chapitre consacré à l’athlétisme dans l’ouvrage « Les Paris des Jeux Olympiques de 1924 » (sous la direction de Thierry Terret), cette décision fut un hasard ou la conséquence de la programmation de l’épreuve de cross-country à une heure de forte chaleur.

Au-delà de la victoire de l’équipe finlandaise – et de sa tête d’affiche, Paavo Nurmi – et des médailles d’argent et de bronze respectivement obtenues par les États-Unis et la France, l’épreuve fut surtout marquée par des cas d’insolations et plusieurs abandons.

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