A un an de Tokyo 2020, les opposants aux Jeux veulent se faire entendre

En marge des célébrations qui se sont déroulées à Tokyo (Japon) ce mercredi 24 juillet, à un an de l’ouverture des Jeux Olympiques d’été de 2020, plusieurs dizaines d’opposants se sont rassemblés ce même jour dans la capitale nippone pour protester contre le modèle des Jeux.

Si la présence de contestataires locaux était attendue, celle d’opposants en provenance de France et des États-Unis était peut-être moins évidente.

Néanmoins, des représentants d’associations citoyennes et de mouvements politiques opposés aux Jeux de Paris 2024 et aux Jeux de Los Angeles 2028 ont fait le déplacement jusqu’à Tokyo pour éveiller l’intérêt de l’opinion publique et tenter de mobiliser cette dernière à désormais cinq et neuf ans des prochaines échéances estivales.

(Crédits – NO Olympics 2020)

L’opposition tricolore de Non Paris 2024 était ainsi emmenée par Frédéric Viale, juriste et co-auteur de « La Gauche à l’épreuve de l’Union Européenne » et par Danielle Simonnet, figure de la France Insoumise et membre du Conseil de Paris.

Sur les réseaux sociaux où elle est très active et où elle partage régulièrement ses combats et ses idées, cette dernière a notamment souhaité la construction :

[D’un] réseau international de résistance au rouleau compresseur du Comité International Olympique (CIO) qui partout, impose sa loi pour un profit maximum d’une minorité oligarchique contre les peuples.

Par ce propos, l’élue parisienne reprend quelque peu l’argumentaire développé par les mouvements d’opposition au modèle olympique, mouvements qui s’étaient notamment illustrés dans le cadre des candidatures finalement avortées de Boston 2024 et de Hambourg 2024.

Danielle Simonnet (à gauche) et Frédéric Viale (troisième en partant de la gauche) avec des opposants aux Jeux de Tokyo 2020 et de Los Angeles 2028, le 24 juillet 2019 (Crédits – Page officielle Twitter / Danielle Simonnet)

Du côté américain, la délégation de NOlympics LA a voulu marquer les esprits avec deux événements distincts.

A Tokyo, dix-huit personnes ont ainsi participé au rassemblement nippon et français qui, in fine, a mobilisé une centaine de participants, voire jusqu’à 150 à 200 participants selon les organisateurs.

La délégation américaine a de fait rassemblé des personnes issues de divers mouvements, comme la section de Los Angeles de Democratic Socialists of America, mais également Los Angeles Tenants Union, Ground Game LA, ou encore Strategic Actions for a Just Economy (SAJE).

En parallèle de cette mobilisation à Tokyo, d’autres membres de NOlympics LA se sont rassemblés à Los Angeles et à Long Beach, deux des pôles majeurs des Jeux de 2028, pour protester contre la tenue prochaine de l’événement et pour théâtraliser un abandon fictif – mais espéré – des Jeux.

Dans la « Cité des Anges » en effet, plusieurs personnes s’étaient par exemple données rendez-vous sur les marches de l’Hôtel de Ville avec l’intervention d’un participant censé incarner et représenter le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

Au cours de cette même journée, NOlympics LA a aussi relayé des vidéos, des photographies et des messages de soutien d’autres opposants aux Jeux qui s’étaient par le passé mobilisés du côté de Hambourg (Allemagne) ou de Rio (Brésil).

Si la mobilisation d’opposants cette semaine ne devrait pas impacter l’organisation des Jeux dans les trois territoires pré-cités, elle a cependant le mérite d’être une piqûre de rappel à l’attention des dirigeants politiques et du Mouvement olympique.

Plus que contre l’organisation de l’événement une fois celui-ci attribué par le CIO, les oppositions de tout bords peuvent en effet davantage nuire à l’émergence et au développement des candidatures.

En 2015, l’exemple de Boston – un temps considérée comme légitime favorite dans la course aux Jeux de 2024 – en est une parfaite illustration. Malgré la tenue de dizaines de réunions publiques supplémentaires par rapport aux rendez-vous initialement fixés, les partisans de la candidature américaine n’avaient pas réussi à inverser une tendance critique qui avait dès lors conduit le Maire de Boston, Marty Walsh, à ne pas fournir les garanties nécessaires à la poursuite du projet.

Quelques mois plus tard, la campagne pour le référendum à Hambourg et à Kiel avait rapidement tourné au fiasco en dépit, là-aussi, de la mise en place de réunions publiques de la part des porteurs de la candidature et même de la diffusion de goodies aux couleurs du projet.

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