Paris 2024 : Point d’étape et perspectives, un an après l’attribution des Jeux

Le 13 septembre 2017, les membres électeurs du Comité International Olympique (CIO) procédaient officiellement à la double attribution des Jeux de 2024 et de 2028 aux villes de Paris et de Los Angeles.

Après une campagne marquée par les retraits successifs de Boston (Massachusetts, États-Unis), Hambourg (Allemagne), Rome (Italie) et Budapest (Hongrie), la course aux Jeux de 2024 s’était finalement soldée par un accord tripartite entre les deux ultimes Villes Candidates et l’institution olympique.

En juillet 2017, le CIO avait ainsi convenu de procéder à une double attribution pour deux Olympiades et ce, afin de ne pas perdre durablement deux Villes Olympiques désireuses d’organiser l’événement pour la troisième fois de leur histoire. Paris eu la quasi-certitude d’obtenir 2024, tandis que Los Angeles pu alors se focaliser sur l’échéance 2028 pour préparer les Jeux.

Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Thomas Bach, Président du CIO ; et Eric Garcetti, Maire de Los Angeles, lors de l’annonce des Villes Hôtes 2024 et 2028, le 13 septembre 2017 (Crédits – Sport & Société)

Un an plus tard, l’heure du bilan n’est pas arrivée bien sûr, les efforts étant encore nombreux à réaliser pour parvenir à l’ouverture des Jeux de 2024 dans les meilleures conditions. Il n’empêche, un point d’étape mérite d’être mentionné au regard des chantiers ouverts depuis la fin de l’année 2017 et la première moitié de 2018, en particulier sur le plan de la gouvernance.

Après la dissolution du Groupement d’Intérêt Public (GIP), qui constituait le Comité de Candidature depuis juin 2015, Paris 2024 a en effet engagé une année fondatrice pour les diverses structures dédiées à l’accueil des Jeux.

Le Comité d’Organisation (COJO) a ainsi été instauré au début de l’année, de même que la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO), deux organes respectivement présidés par Tony Estanguet et par la Maire de Paris, Anne Hidalgo, et dont les travaux ont d’ores et déjà débuté.

Des Comités internes ont par ailleurs été créés, à l’instar de la Commission des Athlètes, composée de 18 personnalités du monde sportif et dirigée par Martin Fourcade depuis le mois d’avril. Outre ladite Commission, Paris 2024 s’est également doté d’un Comité d’Audit et d’un Comité d’Éthique, deux autorités chargées de veiller aux engagements des diverses parties prenantes et à la transparence des actes du COJO.

Anne Hidalgo, Maire de Paris et Présidente de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) et Tony Estanguet, Président du Comité d’Organisation des Jeux de 2024, deux acteurs-clés du dispositif de Paris 2024 (Crédits – Sport & Société)

Chantier majeur de l’année 2018, le recrutement des postes directionnels a permis de préciser l’organigramme du COJO, avec une sensible évolution du personnel.

De fait, même si des visages connues de la phase de candidature ont fait leur retour dans le cadre du Comité d’Organisation, à l’image de Sophie Lorant, Directrice des Relations Internationales, d’autres en revanche font leur entrée dans l’équipe dirigeante, comme Anne Descamps au poste de Directrice de la Communication.

Cette dernière se compose à ce jour d’une vingtaine de Directeurs, un chiffre susceptible d’évoluer en fonction des besoins logistiques. Il en sera de même avec le nombre d’employés présents au siège du COJO. Si 64 personnes travaillent actuellement au sein de la structure, Paris 2024 pourrait achever l’année 2018 en s’appuyant sur une centaine d’employés, avant d’engager les grandes manœuvres dans les années à venir pour, in fine, parvenir au recrutement de 3 000 à 4 000 collaborateurs d’ici 2024.

La mise en place des structures de gouvernance a par ailleurs donné lieu à l’élaboration progressive du futur Marketing Plan Agreement. Tandis que du côté de Los Angeles 2028, un accord-cadre a été signé entre le Comité d’Organisation des JO 2028 et le Comité Olympique des États-Unis (USOC), les discussions sont en cours de finalisation du côté de Paris.

Ce travail, qui permettra à terme le lancement des opérations de partenariats et de marketing, devrait se conclure avec plusieurs mois d’avance sur les estimations initiales. En conséquence, la prospection de partenariats pourrait faciliter de premières annonces officielles à compter de la validation du Marketing Plan Agreement par le CIO.

Sur le plan financier encore, l’année 2018 a permis la signature d’un Protocole de cofinancement des Jeux par l’ensemble des parties prenantes, dont l’État – qui injectera directement 1 milliard d’euros -, la Région Île-de-France et bien sûr la Ville de Paris.

Au-delà de la seule problématique financière, ledit Protocole – acté à la mi-juin -, scelle les fondements du projet et consacre les grands axes de ce dernier.

(Crédits – Paris 2024 / Ph.Guignard / Air Images / Populous / Luxigon)

Au cours des mois à venir, les discussions conjointes de Paris 2024 avec l’institution de Lausanne (Suisse) et avec les Fédérations Internationales (FI) devraient tout de même conduire à une légère révision du concept technique et ce, dans un souci de compacité du dispositif et de réduction des coûts.

Si les sites ne changeront pas, la localisation de certains sports pourrait en revanche évoluer par rapport aux plans initiaux présentés dans le dossier de candidature. De telles modifications n’interviendraient cependant qu’à la marge et non dans des proportions similaires à celles constatées du côté des organisateurs des Jeux de Tokyo 2020.

Si modifications il y a – avec notamment la possibilité d’intégrer le futur Grand Palais éphémère -, elles résulteront en tout état de cause de discussions et de logiques liées à la compacité des sites, à l’expérience recherchée pour les athlètes et le public durant les Jeux, et à l’héritage souhaité pour le territoire après l’événement.

Signature de la Charte Sociale de Paris 2024, le 19 juin 2018, en présence de Geoffroy Roux de Bézieux, Président du MEDEF ; Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Tony Estanguet, Président du COJO ; et Bernard Thibault, représentant des organisations de salariés au sein de Paris 2024 (Crédits – Philippe Millereau / KMSP / Paris 2024)

Sur le plan de l’héritage d’ailleurs, l’année 2018 a aussi été riche, avec la tenue au printemps de la Semaine Olympique et Paralympique dans plusieurs centaines d’établissements scolaires à travers la France, et la signature de divers engagements avec des organisations associées : Charte d’insertion pour l’emploi et le développement des territoires, Charte LGBT, etc…

Des concertations à l’échelon local ont également été engagées pour permettre prochainement les études autour de l’aménagement du Village des Médias, du Village des Athlètes, et bien sûr du tant attendu Centre Aquatique près du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

La même dynamique devrait perdurer sur les prochaines semaines, avec un volet éducatif privilégié, via en particulier la labellisation d’établissements scolaires et la préparation de la Semaine Olympique et Paralympique pour février 2019.

Visuel affiné du Centre Aquatique, présenté en juin 2018 (Crédits – Paris 2024 / Luxigon)

Cet effort porté sur le secteur éducatif n’est pas anodin. La « génération 2024 » est d’ores et déjà en place, mais la mobilisation des plus jeunes peut avoir un impact durable et un effet domino sur le reste de la population.

Rien d’étonnant dès lors à ce que 2019 soit envisagée par Paris 2024 comme une année pour créer les conditions de la mobilisation des territoires et de l’engagement populaire au-delà de la seule région francilienne. Cela passera donc par le monde scolaire, mais également par les entreprises, le monde associatif, sans oublier aussi les ONG qui auront un rôle à jouer dans la réussite des Jeux.

A cet effet, Paris 2024 procédera notamment, au cours du premier semestre 2019, à l’installation d’une plateforme d’engagement numérique au service du projet de 2024.

Les premiers mois de l’année à venir seront par ailleurs marqués par l’activation du Programme des Partenaires, à compter du 1er janvier 2019, ainsi que par le compte à rebours des 2024 jours avant l’ouverture des Jeux, le 10 janvier.

Des étapes complémentaires interviendront par la suite avant que les chantiers urbains ne gagnent du terrain dès la fin de l’année 2019. Il sera alors temps de débuter les travaux d’édification du Village des Athlètes et du Centre Aquatique, les deux infrastructures majeures que Paris 2024 doit aménager dans l’optique des Jeux.

Visuel des toits du Village des Athlètes (Crédits – Paris 2024)

La stratégie mise en place par le COJO dès cette année, et pour les mois prochains, démontre en tout cas une volonté de tirer le meilleur enseignement possible des expériences de Villes Olympiques, comme Tokyo 2020 par exemple.

Elle démontre aussi une volonté de suivre au plus près les exigences de durabilité du CIO, via les recommandations de l’Agenda 2020 et les règles de la Nouvelle Norme, le but ultime étant de proposer des Jeux sobres et écologiquement responsables, mais néanmoins spectaculaires et utiles pour le territoire, les athlètes et les spectateurs.

Outre les actions propres au COJO et aux structures affiliées, les Collectivités territoriales profiteront également de l’année 2019 pour lancer ou poursuivre des chantiers d’ampleur.

Cela concernera bien entendu le domaine des transports propres, avec les efforts d’ores et déjà réalisés par la Région Île-de-France, via l’autorité de gestion, Île-de-France Mobilités, mais aussi par la Ville de Paris qui, à l’instar de Los Angeles, promeut une culture du vélo et des véhicules électriques.

Les chantiers porteront par ailleurs sur des équipements intégrés au projet et dont l’aménagement a été prévu indépendamment des Jeux.

Pour la Ville de Paris, il s’agira ainsi de démarrer les travaux de la future Aréna 2 dans le quartier de la Porte de la Chapelle (18ème arrondissement), une aréna multifonctionnelle de 7 500 places, dont le coût prévisionnel a été chiffré à 90 millions d’euros (hors taxes). Il s’agira également de réhabiliter le Stade Pierre de Coubertin (13ème arrondissement) et ses 4 000 places afin d’en faire un écrin moderne pour la pratique du handisport.

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