JO 2024 : Les émeutes américaines et l’impact éventuel sur Boston, ou le défi récurrent de la sécurité

La candidature olympique de Boston (Massachusetts) souffrait déjà de sondages critiques et d’une franche opposition sur le terrain. Mais pourrait-elle être affaiblie par les émeutes et les manifestations qui émaillent plusieurs villes américaines (Ferguson, Baltimore…) depuis plusieurs mois ?

Dans la course à l’organisation des JO 2020, la ville d’Istanbul (Turquie) avait subi les conséquences des manifestations populaires et les réactions du pouvoir politique et ce, quelques mois avant l’élection de la Ville Hôte.

Baltimore - émeutes

Certes, le contexte actuel aux États-Unis est différent à plus d’un titre.

D’une part, les émeutes prennent pour source les violences policières et les discriminations dont sont victimes les Afro-Américains. Différent de la seule considération politique, économique et sociale comme cela été le cas dans plusieurs villes de Turquie en 2013.

D’autre part, les émeutes actuelles interviennent alors que Boston n’est pas encore entrée dans la course olympique et que cette dernière ne prendra fin que dans plus de deux ans, à l’été 2017. Différent là-encore des manifestations turques qui avaient pris corps peu de temps avant le scrutin olympique de Buenos Aires (Argentine).

Néanmoins, les informations véhiculées par les médias locaux et nationaux – et encore davantage par les réseaux sociaux – pourraient impacter et écorner l’image de marque de Boston et ce, alors même que les émeutes urbaines se sont déroulées ou se déroulent dans des villes bien éloignées de la principale cité du Massachusetts : Ferguson (Missouri) est à près de 1 925 kilomètres de Boston, Baltimore (Maryland) est à 650 kilomètres…

Cet impact serait d’autant plus important si les émeutes actuelles faisaient tâches d’huile au cours des prochains mois. Une sorte d’été « long et chaud » comme le rappelle le blog « Big Browser », en référence à la centaine d’émeutes urbaines qui ont eu lieu en 1967 dans plusieurs grandes villes des États-Unis.

Baltimore - émeutes - forces de l'ordre

Il faut dire que le CIO est soucieux de se rendre dans un territoire où la sécurité est assurée et susceptible de ne pas être contestée. Quelques derniers exemples en date attestent d’ailleurs de cette considération (Pékin 2008, Sotchi 2014) avec le déploiement de forces policières et militaires sans précédent.

Le budget dédié à la sécurité est ainsi en constante augmentation. Londres 2012 avait mobilisé plus de 700 millions d’euros, Sotchi 2014, plus de 1,4 milliard d’euros et plus de 100 000 personnes.

Alors oui, le déploiement de tels moyens est d’abord justifié par l’impératif d’assurer la sûreté des sites olympiques et la sécurité des athlètes et des milliers de spectateurs présents sur place face à des risques terroristes avérés. Mais ils peuvent aussi se justifier par la menace que représente une fronde populaire importante à l’encontre des autorités du pays-hôte. Une fronde qui peut rapidement devenir hors de contrôle.

Les heurts entre les forces de l’ordre et les manifestants brésiliens en marge de la Coupe des Confédérations 2013 avaient eu pour conséquence un renforcement du dispositif de sécurité pour la Coupe du Monde de football en 2014.

Nul doute qu’un tel arsenal devrait être mobilisé l’an prochain pour les JO. Avec le double défi d’éviter un attentat terroriste au sein du Parc Olympique et des manifestations populaires incontrôlables au cœur de la ville de Rio de Janeiro.

Baltimore - émeutes - cordon de police

Le Comité International Olympique (CIO) ne devrait en tous cas pas s’inquiéter de la mobilisation de moyens de sécurité aux États-Unis. Depuis 2001 et les tragiques attentats du 11 septembre, la sécurité est en effet l’un des éléments majeurs des politiques publiques américaines, tant au niveau local que fédéral.

Au-delà du partenaire économique qu’ils sont pour le CIO, les États-Unis sont donc susceptibles de devenir – ou plutôt de confirmer un statut de – partenaire de premier ordre pour la sécurité.

Les investissements réalisés pour Athènes (Grèce) en 2004 en sont d’ailleurs une illustration flagrante. Face au défi sécuritaire des JO de l’époque, les États-Unis n’avaient pas hésité à apporter leur expertise humaine et leur savoir-faire logistique et technologique pour épauler les organisateurs grecques dans leur tâche.

A l’heure actuelle, une enveloppe d’un montant de 1 milliard de dollars (910,7 millions d’euros) a d’ores et déjà été évoquée pour Boston 2024, enveloppe qui devrait probablement s’accroître au cours des prochains mois, à mesure que la candidature olympique se densifiera et se structurera.

Illustrations : Crédits – Shannon Stapleton / Reuters (1ère), Patrick Semansky / AP (2e), Chip Somodevilla / AFP (3e)

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